À mon avis, la fronde idéologique contre la technologie nucléaire est une erreur monumentale de la part des écolos (sous l'influence de Greenpeace) depuis 30 ou 40 ans; ils se sont trompés d'ennemi, et on va le payer très très cher en terme de réchauffement climatique. Il n'est pas trop tard pour faire demi-tour, mais pour ça il faudrait accepter de remettre en question les dogmes au sein de mouvements très idéologisés.
Ça n'est d'ailleurs pas le seul combat foireux qu'ils mènent; leur croisade contre les OGM est assez anachronique (et va jusqu'à poser des paradoxes profonds, par exemple pour les OGM résistants qui augmenteraient les rendements de l'agriculture biologique, ou les OGM "vitaminés" qui sauveraient des vies dans les pays en voie de développement). D'une manière plus générale, l'écologie de "bon sens" et d'appel à la nature est un naufrage : en refusant l'analyse scientifique des conséquences globales de la règlementation, elle mène à une dégradation de l'environnement. Lutter contre l'augmentation des rendements agricoles par exemple est contre-productif, puisqu'elle encourage l'augmentation des surfaces cultivées; lutter contre la construction de retenues d'eau encourage les prélèvements dans les rivières (et empêche la création de zones humides), lutter contre l'urbanisation empêche la construction de nouveaux logements aux normes environnementales, lutter contre la densification des centres urbains encourage l'étalement urbain, etc.
Patrick Moore, l'un des co-fondateur de Greenpeace, a dit du monstre qu'il avait contribué à créer que "les écologistes sont à l'environnement ce que les ivrognes sont à l'œnologie". C'est cruel, mais tellement vrai... L'écologie politique a suivi une lente spirale vers la technophobie et pour certains membres vers le refus des approches scientifiques. Une fois le refus de la démarche scientifique acté, il n'y a plus de limite à ce qu'on peut se permettre de raconter au nom de l'écologie. Pour revenir à cette histoire de coût du nucléaire, les écologistes diffusent à peu près n'importe quel mensonge qui va dans leur sens, y compris des légendes absurdes sur l'exportation des déchets nucléaires, sur le coût du nucléaire, sur la sécurité des centrales... L'objectif serait de tout faire pour dire que le nucléaire coûte beaucoup plus que les chiffres officiels, quitte à piocher dans les arguments du complot. Évidemment, tout ça pour ne pas admettre que les énergies renouvelables sont coûteuses et anecdotiques dans le mix énergétique (en plus d'être délétères pour le climat). Et quand l'argument du coût ne tient pas, il faut raconter que le nucléaire est plus dangereux que les chiffres officiels. Et quand les chiffres contredisent ces idées, et bien on commence à mentir; c'est bien connu, la réalité, c'est chiant et ça ne fait rien que s'opposer au bien-être de l'humanité.
[^] # Re: Mouais...
Posté par arnaudus . En réponse au journal Des panneaux solaires low-tech, ça existe ? Ils ont peut-être été inventés en... 1900 !. Évalué à 10.
Sûr du contraire, en fait : le coût du démantèlement est (bien sûr) intégré au coût des centrales. Même s'il était mal estimé, les conséquences sur le prix de l'électricité resteraient raisonnables (source: https://new.sfen.org/vos-questions/le-cout-de-production-de-lelectricite-inclut-il-le-cout-du-demantelement-des-centrales-et-la-gestion-a-long-terme-des-dechets/).
À mon avis, la fronde idéologique contre la technologie nucléaire est une erreur monumentale de la part des écolos (sous l'influence de Greenpeace) depuis 30 ou 40 ans; ils se sont trompés d'ennemi, et on va le payer très très cher en terme de réchauffement climatique. Il n'est pas trop tard pour faire demi-tour, mais pour ça il faudrait accepter de remettre en question les dogmes au sein de mouvements très idéologisés.
Ça n'est d'ailleurs pas le seul combat foireux qu'ils mènent; leur croisade contre les OGM est assez anachronique (et va jusqu'à poser des paradoxes profonds, par exemple pour les OGM résistants qui augmenteraient les rendements de l'agriculture biologique, ou les OGM "vitaminés" qui sauveraient des vies dans les pays en voie de développement). D'une manière plus générale, l'écologie de "bon sens" et d'appel à la nature est un naufrage : en refusant l'analyse scientifique des conséquences globales de la règlementation, elle mène à une dégradation de l'environnement. Lutter contre l'augmentation des rendements agricoles par exemple est contre-productif, puisqu'elle encourage l'augmentation des surfaces cultivées; lutter contre la construction de retenues d'eau encourage les prélèvements dans les rivières (et empêche la création de zones humides), lutter contre l'urbanisation empêche la construction de nouveaux logements aux normes environnementales, lutter contre la densification des centres urbains encourage l'étalement urbain, etc.
Patrick Moore, l'un des co-fondateur de Greenpeace, a dit du monstre qu'il avait contribué à créer que "les écologistes sont à l'environnement ce que les ivrognes sont à l'œnologie". C'est cruel, mais tellement vrai... L'écologie politique a suivi une lente spirale vers la technophobie et pour certains membres vers le refus des approches scientifiques. Une fois le refus de la démarche scientifique acté, il n'y a plus de limite à ce qu'on peut se permettre de raconter au nom de l'écologie. Pour revenir à cette histoire de coût du nucléaire, les écologistes diffusent à peu près n'importe quel mensonge qui va dans leur sens, y compris des légendes absurdes sur l'exportation des déchets nucléaires, sur le coût du nucléaire, sur la sécurité des centrales... L'objectif serait de tout faire pour dire que le nucléaire coûte beaucoup plus que les chiffres officiels, quitte à piocher dans les arguments du complot. Évidemment, tout ça pour ne pas admettre que les énergies renouvelables sont coûteuses et anecdotiques dans le mix énergétique (en plus d'être délétères pour le climat). Et quand l'argument du coût ne tient pas, il faut raconter que le nucléaire est plus dangereux que les chiffres officiels. Et quand les chiffres contredisent ces idées, et bien on commence à mentir; c'est bien connu, la réalité, c'est chiant et ça ne fait rien que s'opposer au bien-être de l'humanité.