• [^] # Re: Est-ce là vraiment la bonne question ?

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Changement climatique, que faire ?. Évalué à 10.

    Jusqu'à présent, et ça fait plus de vingt ans qu'on parle de changement climatique, ils n'ont pour ainsi dire rien décidé de statistiquement significativement utile.

    C'est facile de tout rejeter sur les politiques, mais je pense que les politiques ne font ici que de refléter les citoyens dans leur contradiction.
    Si tu fais un sondage autour de toi sur le sujet, je pense que l'immense majorité dira que le réchauffement climatique est un problème sérieux et urgent. Mais quand tu regarderas ce qu'ils font à ce sujet, tu seras déçu, si tu essayes d'expliquer comment ils pourraient faire autrement ils vont rechigner à changer les habitudes.

    Le citoyen n'a pas contrôle sur tout évidemment, ce n'est pas moi qui va empêcher l'électricité chinoise d'être produite avec du charbon, ou européenne avec beaucoup de gaz par exemple. Mais on peut quand même faire des choses : changer moins souvent ses équipements, acheter moins du superflu, réduire les trajets longues distances, favoriser les transports en commun ou le vélo, utiliser moins souvent (voire pas du tout l'avion), isoler son logement quand on est proprio, etc. Pourtant même si de plus en plus de gens s'y mettent à adopter des mesures fortes à leurs échelles, beaucoup d'autres rechignent à l'envisager.

    Pas plus tard que la semaine dernière, repas en famille où le sujet est venu sur la table car un établissement scolaire a eu une polémique entre l'équipe éducatif et certains parents sur le projet de faire un voyage scolaire à New York, depuis la Belgique, pour ce motif. Selon ma belle famille, renoncer à ce voyage signifier ne plus voyager du tout, alors qu'on peut envisager de voyager seulement... plus près comme en Europe en train. Cela signifie aussi renoncer à certaines choses (sans blague) et à du confort (certainement mais il le faut). Pourtant ils le disent, il faut protéger l'environnement mais manifestement ce sont les autres qui doivent faire l'effort.

    Donc ça polémique et pose problème alors que c'est pourtant facile. Aller à New York pour du tourisme pour un européen n'a rien d'obligatoire dans une vie, il y a des alternatives plus vertueuses, tu renonces à un voyage et non pas à complexifier ton quotidien ou à changer ton mode de vie. Cela montre que les vrais efforts seront difficiles à consentir.

    Pour revenir aux politiques, déjà ce sont aussi des citoyens avec cette schizophrénie mais aussi ils prennent en compte cette dualité dans la population. Et les rares pays ou zones géographiques prêts à faire des efforts doivent se confronter aussi à la problématique des pays qui n'en feront pas. Ce qui signifie par exemple qu'on va réduire la compétitivité de notre économie au détriment des autres, ce qui est difficile à concevoir pour certains et à vendre à la population.

    On peut regretter qu'ils n'en fassent pas plus, pour l'instant c'est beaucoup de discours mais peu d'actions efficaces. C'est mieux qu'il y a 20 ans, mais ça n'avance pas assez vite. Mais la population aussi a cette inertie. Et si elle ne bouge pas, peu de chances que les politiques fassent beaucoup mieux.