Je comprend la remarque du coût, mais présenté comme cela, on a l'impression que Crosoft cest gratuit.
Je pensais avoir été assez clair, navré : Microsoft bénéficie, comme les autres opérateurs de ce type, d'économies d'échelle. Ils sont tellement gros qu'ils sont moins chers. Et oui, 20€ par trimestre par élève, c'est vraiment pas cher. Si on plaçait la décision au niveau d'un collège, mettons de 500 élèves, nous arrivons à 10000€ par trimestre, 40000€ par an. C'est, dans le budget des départements (qui paient les collèges), une note de bas de page.
Imaginons qu'il faille mettre du LibreOffice à la place.
Tout d'abord, il faut trouver un fournisseur/prestataire.
Bon.
On va prendre la liste des hébergeurs donnés par Collabora, on va supposer qu'ils sont de confiance, et prenons du «made in france». On a deux choix. Le premier a une offre à 4€ par mois en mode basique, «support communautaire», et 6€ par moi en mode pro, mais «support communautaire» également. Inacceptable pour une collectivité (l'alternative est sur devis, je n'ose demander). Le second fourni uniquement une offre intégrée pour entreprises incluant Collabora Online, donc hors course.
Bon, alors prenons un Allemand. EGroupware, 1000€ par an + 5€ par utilisateur par an. C'est... pas cher ? Ha, le support n'est pas inclus, à 120€ par heure. Mais revenons sur le pas cher, parce que quand même. À ce prix, vu ce que bouffe LibreOffice Online en ressources, il y a un loup. LibreOffice Online implique actuellement d'avoir LibreOffice qui tourne en arrière plan, dans le style des frameworks RIA d'une grande époque (souvenirs...). Ce qui vient avec une certaine consommation de CPU, de RAM et de bande passante. Or, Nextcloud recommande pour Collabora Online un maximum de 10 utilisateurs par fil CPU, et au moins 100 Kbit/seconde (!) et 100 Mb de RAM par utilisateur. Si il y a 150 élèves dans l'école, l'instance de l'école a besoin de 15 Gb de RAM, 15 Mbit/s et 15 fils d'exécution CPU. Sur un budget de 1750€ par an, chez les hébergeurs les moins chers on va déjà consommer quasiment tout le budget avec les machines (hetzner, 771€ par an, et pour du matériel grand public, ×ばつ 2 vu qu'il y a deux centres d'hébergement dans l'offre). Je suis donc très très surpris qu'ils arrivent à rentrer dans leurs frais.
Hosting.de, un concurrent, est à 4€ par utilisateur par mois. C'est déjà plus réaliste. Mais à 50 utilisateurs maximum. Soit 5 cœurs CPU, 500 Mb de RAM... Un petit serveur par instance peut-être ?
C'est là que l'on vois la puissance du marketing, on en oublie que Microsoft a aussi une infra à payer (et donc des admin sys).
Microsoft, Google et Amazon ont franchi tous les paliers en volume. Ils n'ont plus des fermes de serveurs, ils ont des fermes de serveurs Microsoft/Google/Amazon. Avec par exemple :
- une alimentation par baie, voire par salle qui sait, en courant continu, plutôt qu'avoir un transformateur par machine (plus efficace, moins cher, mais c'est du matériel custom, donc un gros coût R&D et un volume minimal requis pour amortir),
- leurs propres CPUs qu'ils font fondre par TSMC ou éguivalent. Parce que c'est moins cher de prendre des licences ARM et de faire fondre les processeurs, vu leurs volumes, que d'acheter de l'Intel/AMD (et dépendre des délais de production de ces derniers),
- des bâtiments possiblement hyper avancés pour diminuer le coût en refroidissement (je ne suis plus au fait des avancées sur ce sujet, d'où le conditionnel)
Donc oui, Microsoft, Amazon, Google ont réussi à compresser à mort leurs coûts. Et quand il s'agit derrière de revendre du Microsoft Office, ils n'ont pas à faire de gros efforts pour avoir des prix intéressants.
Le prix ne doit pas être l'argument majeur pour les attaquer, sinon c'est jouer leur jeu et perdre d'avance.
Il faut tenter d'argumenter sur les retombées locales d'employer plutôt que de sous-traiter à l'étranger, le patriotisme économique, le respect de la vie privée... Mais en fin de compte, depuis quand un élu est-il jugé sur ça plutôt que sur la tenue des dépenses ?
[^] # Re: Fonctionnalités d'Office
Posté par Pinaraf . En réponse au journal En Belgique, l’usage de LibreOffice est interdit par les (certaines ?) Écoles !. Évalué à 10.
Je pensais avoir été assez clair, navré : Microsoft bénéficie, comme les autres opérateurs de ce type, d'économies d'échelle. Ils sont tellement gros qu'ils sont moins chers. Et oui, 20€ par trimestre par élève, c'est vraiment pas cher. Si on plaçait la décision au niveau d'un collège, mettons de 500 élèves, nous arrivons à 10000€ par trimestre, 40000€ par an. C'est, dans le budget des départements (qui paient les collèges), une note de bas de page.
Imaginons qu'il faille mettre du LibreOffice à la place.
Tout d'abord, il faut trouver un fournisseur/prestataire.
Bon.
On va prendre la liste des hébergeurs donnés par Collabora, on va supposer qu'ils sont de confiance, et prenons du «made in france». On a deux choix. Le premier a une offre à 4€ par mois en mode basique, «support communautaire», et 6€ par moi en mode pro, mais «support communautaire» également. Inacceptable pour une collectivité (l'alternative est sur devis, je n'ose demander). Le second fourni uniquement une offre intégrée pour entreprises incluant Collabora Online, donc hors course.
Bon, alors prenons un Allemand. EGroupware, 1000€ par an + 5€ par utilisateur par an. C'est... pas cher ? Ha, le support n'est pas inclus, à 120€ par heure. Mais revenons sur le pas cher, parce que quand même. À ce prix, vu ce que bouffe LibreOffice Online en ressources, il y a un loup. LibreOffice Online implique actuellement d'avoir LibreOffice qui tourne en arrière plan, dans le style des frameworks RIA d'une grande époque (souvenirs...). Ce qui vient avec une certaine consommation de CPU, de RAM et de bande passante. Or, Nextcloud recommande pour Collabora Online un maximum de 10 utilisateurs par fil CPU, et au moins 100 Kbit/seconde (!) et 100 Mb de RAM par utilisateur. Si il y a 150 élèves dans l'école, l'instance de l'école a besoin de 15 Gb de RAM, 15 Mbit/s et 15 fils d'exécution CPU. Sur un budget de 1750€ par an, chez les hébergeurs les moins chers on va déjà consommer quasiment tout le budget avec les machines (hetzner, 771€ par an, et pour du matériel grand public, ×ばつ 2 vu qu'il y a deux centres d'hébergement dans l'offre). Je suis donc très très surpris qu'ils arrivent à rentrer dans leurs frais.
Hosting.de, un concurrent, est à 4€ par utilisateur par mois. C'est déjà plus réaliste. Mais à 50 utilisateurs maximum. Soit 5 cœurs CPU, 500 Mb de RAM... Un petit serveur par instance peut-être ?
Microsoft, Google et Amazon ont franchi tous les paliers en volume. Ils n'ont plus des fermes de serveurs, ils ont des fermes de serveurs Microsoft/Google/Amazon. Avec par exemple :
- une alimentation par baie, voire par salle qui sait, en courant continu, plutôt qu'avoir un transformateur par machine (plus efficace, moins cher, mais c'est du matériel custom, donc un gros coût R&D et un volume minimal requis pour amortir),
- leurs propres CPUs qu'ils font fondre par TSMC ou éguivalent. Parce que c'est moins cher de prendre des licences ARM et de faire fondre les processeurs, vu leurs volumes, que d'acheter de l'Intel/AMD (et dépendre des délais de production de ces derniers),
- des bâtiments possiblement hyper avancés pour diminuer le coût en refroidissement (je ne suis plus au fait des avancées sur ce sujet, d'où le conditionnel)
Donc oui, Microsoft, Amazon, Google ont réussi à compresser à mort leurs coûts. Et quand il s'agit derrière de revendre du Microsoft Office, ils n'ont pas à faire de gros efforts pour avoir des prix intéressants.
Le prix ne doit pas être l'argument majeur pour les attaquer, sinon c'est jouer leur jeu et perdre d'avance.
Il faut tenter d'argumenter sur les retombées locales d'employer plutôt que de sous-traiter à l'étranger, le patriotisme économique, le respect de la vie privée... Mais en fin de compte, depuis quand un élu est-il jugé sur ça plutôt que sur la tenue des dépenses ?
PS : c'est cadeau, deux arguments massue :
1) les appels d'offre : il faut être capable de répondre à des appels d'offre en français, et de donner des réponses convaincantes. C'est bien plus compliqué qu'il n'y parait, seuls des gros peuvent y arriver (passer des mois avant d'avoir un brouzouf... c'est chaud pour une entreprise lambda)...
2) la force du nom. Comme à la grande époque où on ne pouvait pas nous reprocher d'avoir pris de l'IBM, on ne peut pas reprocher à un décideur d'avoir pris du Microsoft : si ça tombe en panne et que c'est du Microsoft, on ne lui reprochera pas, alors que si ça tombe en panne et que c'est du Tartempion©, on lui reprochera...