J'ai du mal à saisir le raisonnement : est-ce qu'une société qui renoncerait volontairement à l'automatisation du travail pour fournir un emploi à tous devrait être considérée comme saine? Ça n'est pas absurde de faire bosser les gens pour rien? Le travail est quand même associé à des pathologies, à du stress; ça reste un asservissement, il est mal vécu par beaucoup, il oblige à confier ses gamins à d'autres et à passer moins de temps avec sa famille, moins de temps à cuisiner, à faire du sport, à lire... Faire bosser les gens par principe, c'est quand même assez délirant, non?
À mon avis, l'erreur de raisonnement était de penser que les gains de productivité permettraient la diminution du temps de travail individuel. Le temps de travail total a bien diminué, mais en pratique, il y a plus de travail pour quelques uns, et moins de travail pour d'autres, notamment les postes peu qualifiés, qui sont plus facilement remplaçables.
Au final, il ne faut pas perdre de vue qu'on ne manque pas de travail. On manque d'emplois. Il y aurait besoin de millions de personnes pour assurer des tâches essentielles : remplacer les enseignants malades dans les écoles, s'occupper des personnes âgées, aider les sans-papiers à s'insérer dans la société et à faire les démarches de régularisation, répondre au téléphone ou au guichet dans des milliers d'administrations, faire des tournées d'épicerie ou de boulangerie dans les petits villages, réparer les appareils électroménagers en panne... Tout ce travail manque, alors qu'il est essentiel. C'est juste que notre société ne sait pas comment financer les emplois qui correspondent.
[^] # Re: Politisation de l'outil
Posté par arnaudus . En réponse au lien L’automatisation, une idéologie ? (InternetActu Par Hubert Guillaud). Évalué à 10.
J'ai du mal à saisir le raisonnement : est-ce qu'une société qui renoncerait volontairement à l'automatisation du travail pour fournir un emploi à tous devrait être considérée comme saine? Ça n'est pas absurde de faire bosser les gens pour rien? Le travail est quand même associé à des pathologies, à du stress; ça reste un asservissement, il est mal vécu par beaucoup, il oblige à confier ses gamins à d'autres et à passer moins de temps avec sa famille, moins de temps à cuisiner, à faire du sport, à lire... Faire bosser les gens par principe, c'est quand même assez délirant, non?
À mon avis, l'erreur de raisonnement était de penser que les gains de productivité permettraient la diminution du temps de travail individuel. Le temps de travail total a bien diminué, mais en pratique, il y a plus de travail pour quelques uns, et moins de travail pour d'autres, notamment les postes peu qualifiés, qui sont plus facilement remplaçables.
Au final, il ne faut pas perdre de vue qu'on ne manque pas de travail. On manque d'emplois. Il y aurait besoin de millions de personnes pour assurer des tâches essentielles : remplacer les enseignants malades dans les écoles, s'occupper des personnes âgées, aider les sans-papiers à s'insérer dans la société et à faire les démarches de régularisation, répondre au téléphone ou au guichet dans des milliers d'administrations, faire des tournées d'épicerie ou de boulangerie dans les petits villages, réparer les appareils électroménagers en panne... Tout ce travail manque, alors qu'il est essentiel. C'est juste que notre société ne sait pas comment financer les emplois qui correspondent.