• [^] # Re: Citadin dans son jardin

    Posté par . En réponse au journal J'ai mangé une pomme. Évalué à 5.

    l'enfer de la ville tentaculaire et oppressante est aussi en partie fantasmée par les gens qui vive éloignés d'elle.

    Ah oui, j'en suis certain. Mais j'ai l'impression qu'il y a une sorte d'asymétrie dans le pouvoir (perçu ou réel) de changer l'environnement de l'autre : quand le campagnard évoque l'enfer de la ville, c'est pour dire qu'il n'irait jamais y habiter (et même pas besoin d'évoquer le métro, rien qu'une route à plus de deux voies suffit à provoquer l'émoi); quand un citadin évoque la campagne, c'est plutôt pour dire qu'il souhaiterait y habiter, mais qu'il voudrait aussi se débarrasser des gens qui y habitent et qui dénaturent son idéal (chasseurs, agriculteurs intensifs, bouseux crotteux qui parlent patois, etc). Du coup, je comprends pourquoi les habitants de la campagne voient d'un mauvais œil ceux qui n'y habitent pas (ou ceux qui n'y sont pas nés) et qui veulent leur imposer un mode de vie différent.

    Loin de moi l'idée de prendre leur défense sur tout, parce que les ruraux ne réalisent souvent pas que leur confort (relatif) n'existe que parce qu'ils vivent aux dépens des autres: jamais une vie d'abonnement ne couvrira la maintenance de 3km de ligne électrique pour un hameau de 3 familles, idem pour l'eau courante, les routes, Internet, les quelques services publics qu'il reste encore, etc. Par ailleurs, la tolérance de fait pour certains loisirs nuisibles—chasse, conduite sous l'emprise de l'alcool—ou diverses fraudes—travail dissimulé, corruption, activités illégales, fraude au diesel, permis de construire—fait partie de "traditions" indéboulonnables, qui sont mal comprises par les citadins. Mais je comprends que, du coup, ils voient d'un mauvais œil les citadins qui viennent se mêler de leurs affaires, parce qu'ils savent aussi ce qu'ils risquent d'y trouver.