Posté par arnaudus .
En réponse au journal Rendez moi mon futur!.
Évalué à 10.
Dernière modification le 24 août 2021 à 17:23.
J'ai l'impression que toute technologie peut être mal utilisée. Ça peut être des interfaces mal conçues, des protocoles inadaptés, des humains incompétents, des tentatives de réduction des coûts trop brutales... C'est sans fin.
Au final, il ne faut pas oublier que des humains sont derrière le fonctionnement, et les dysfonctionnements sont souvent dûs à des humains débiles, fainéants, ou incompétents. Pour reprendre l'exemple de ton centre de radiologie; j'ai appelé une fois celui qui était proche de chez moi pour une radio en urgence, et on m'a répondu qu'il était nécessaire de prendre RDV, et que le prochain RDV était dans 6 jours. J'en ai appelé un autre, et la secrétaire m'a demandé pourquoi j'appelais, vu qu'il était évident qu'il suffisait de se pointer quand il s'agissait d'une urgence. A priori, deux centres de radiologie de même taille, deux communes voisines, même prix : rien ne peut justifier le fonctionnement du premier, sauf la bêtise, l'avarice, l'incompétence, ou la paresse.
Sur le fond, la déshumanisation a aussi parfois du bon. Je trouve ça appréciable de pouvoir faire beaucoup de démarches administratives par Internet, de manière générale, le téléphone n'est pas un bon outil pour les démarches. On ne peut pas partager de document, on doit transmettre les numéros et les noms par la voix, avec un taux d'erreur important. Pour avoir été expatrié pendant des années, le téléphone est aussi un outil terrifiant quand il faut s'exprimer dans une langue qui n'est pas sa langue maternelle. Et, pour des raisons ridicules de code du travail, personne ne répond au téléphone la nuit, ce qui fait qu'il faut toujours appeler sur les heures de boulot. Bref, les RDV et les démarches par Internet, c'est génial.
Par contre, ça s'interface mal avec le monde réel. Quand la base de données de RDV est sous Doctolib, on ne peut plus prendre de RDV en direct. C'est par exemple une partie de l'explication du faible taux de vaccination des > 80 ans : ceux qui n'ont pas été aidés pour prendre RDV n'ont pas pu le faire avec les moyens "standard". Mais ça n'est pas de la faute de la technologie. Dans de nombreux centres de vaccination, il y avait un agent derrière un ordinateur qui pouvait prendre un RDV pour des gens au téléphone ou qui s'étaient pointés. Mieux encore, il y avait des centres de vaccination où on prenait les petits vieux qui se pointaient sans RDV. Il suffit d'un humain quelque part dans la chaine qui prend une initiative intelligente, et pouf, ça se débloque.
La technologie et les contraintes associées ne sont malheureusement qu'une excuse supplémentaire pour que les glandus glandent. Mais blâmer la machine ne sert à rien, il faut blamer ceux qui l'ont achetée, installée, conçue, ou paramétré. Il y a plein d'exemples où l'informatique fait gagner du temps et de l'efficacité, mais il n'y a rien d'intuitif dans la mise au point d'une interface ergonomique ou d'un cahier des charges.
Ton futur idéal, c'est peut-être quand on aura l'expérience de ces interactions foireuses avec la technologie, et qu'on confiera la conception des interfaces à des gens dont c'est le métier.
# Technologie et utilisation de la technologie
Posté par arnaudus . En réponse au journal Rendez moi mon futur!. Évalué à 10. Dernière modification le 24 août 2021 à 17:23.
J'ai l'impression que toute technologie peut être mal utilisée. Ça peut être des interfaces mal conçues, des protocoles inadaptés, des humains incompétents, des tentatives de réduction des coûts trop brutales... C'est sans fin.
Au final, il ne faut pas oublier que des humains sont derrière le fonctionnement, et les dysfonctionnements sont souvent dûs à des humains débiles, fainéants, ou incompétents. Pour reprendre l'exemple de ton centre de radiologie; j'ai appelé une fois celui qui était proche de chez moi pour une radio en urgence, et on m'a répondu qu'il était nécessaire de prendre RDV, et que le prochain RDV était dans 6 jours. J'en ai appelé un autre, et la secrétaire m'a demandé pourquoi j'appelais, vu qu'il était évident qu'il suffisait de se pointer quand il s'agissait d'une urgence. A priori, deux centres de radiologie de même taille, deux communes voisines, même prix : rien ne peut justifier le fonctionnement du premier, sauf la bêtise, l'avarice, l'incompétence, ou la paresse.
Sur le fond, la déshumanisation a aussi parfois du bon. Je trouve ça appréciable de pouvoir faire beaucoup de démarches administratives par Internet, de manière générale, le téléphone n'est pas un bon outil pour les démarches. On ne peut pas partager de document, on doit transmettre les numéros et les noms par la voix, avec un taux d'erreur important. Pour avoir été expatrié pendant des années, le téléphone est aussi un outil terrifiant quand il faut s'exprimer dans une langue qui n'est pas sa langue maternelle. Et, pour des raisons ridicules de code du travail, personne ne répond au téléphone la nuit, ce qui fait qu'il faut toujours appeler sur les heures de boulot. Bref, les RDV et les démarches par Internet, c'est génial.
Par contre, ça s'interface mal avec le monde réel. Quand la base de données de RDV est sous Doctolib, on ne peut plus prendre de RDV en direct. C'est par exemple une partie de l'explication du faible taux de vaccination des > 80 ans : ceux qui n'ont pas été aidés pour prendre RDV n'ont pas pu le faire avec les moyens "standard". Mais ça n'est pas de la faute de la technologie. Dans de nombreux centres de vaccination, il y avait un agent derrière un ordinateur qui pouvait prendre un RDV pour des gens au téléphone ou qui s'étaient pointés. Mieux encore, il y avait des centres de vaccination où on prenait les petits vieux qui se pointaient sans RDV. Il suffit d'un humain quelque part dans la chaine qui prend une initiative intelligente, et pouf, ça se débloque.
La technologie et les contraintes associées ne sont malheureusement qu'une excuse supplémentaire pour que les glandus glandent. Mais blâmer la machine ne sert à rien, il faut blamer ceux qui l'ont achetée, installée, conçue, ou paramétré. Il y a plein d'exemples où l'informatique fait gagner du temps et de l'efficacité, mais il n'y a rien d'intuitif dans la mise au point d'une interface ergonomique ou d'un cahier des charges.
Ton futur idéal, c'est peut-être quand on aura l'expérience de ces interactions foireuses avec la technologie, et qu'on confiera la conception des interfaces à des gens dont c'est le métier.