• [^] # Re: À la louche !

    Posté par . En réponse au lien Évaluez l’impact de la vaccination sur l’épidémie (résumé : en pratique risque individuel /4). Évalué à 3.

    En pharmacovigilance, il est connu que les effets sont rarement remontés, avec un « rarement » qui est difficile à estimer et dépend des effets (on peut espérer que les décès sont mieux remontés). Les rares études existantes donnent des résultats peu fins et assez variables (entre 1% et 10% de ce que j'ai pu voir). Il y a aussi le problème inverse : une partie des effets remontés n'ont rien à voir avec le vaccin (je me souviens par exemple d'une étude évaluant ce phénomène, en général, entre 10 et 20%).

    Les caillots et thromboses causés par l’AstraZeneca et pouvant entraîner la mort sont un cas particulier. Ils sont atypiques et ne peuvent pas être imputés à autre chose. Sinon, avec une faible occurrence, ils auraient pu passer inaperçus plus longtemps.

    Pour les effets secondaires bénins, tu as raison. Je n’ai pour ma part pas signalé les légers symptômes pseudo‐grippaux que j’ai eus pendant 24 h (malgré du paracétamol prescrit à haute dose) et dont mon médecin m’avait averti. Bon, c’est le genre d’effet secondaire qu’on peut avoir avec un vaccin, même contre une autre maladie. Cela dit, je n’ai pas eu de tels effets secondaires avec le Pfizer, sans même prendre de paracétamol.

    En regardant les chiffres 2020, on peut d'ailleurs estimer grossièrement une minoration de l'erreur en comparant à l'excès de mortalité toutes causes (+56000 en 2020 par rapport à 2019), ajusté pour tenir en compte du vieillissement de la population (13000 décès attendus en plus de mémoire,

    D’après l’INSEE, « À espérance de vie constante depuis 2019, l’augmentation de la population et son vieillissement en 2020 auraient entraîné un accroissement des décès d’environ 14 000 ». Mais « Si les gains d’espérance de vie s’étaient prolongés au même rythme que ceux observés lors de la dernière décennie, l’augmentation aurait été moindre, de l’ordre de 6 000 ».

    donc au final probablement moins de 43000 décès covid en 2020, et ça pourrait être moins, car une partie de l'excès est peut-être attribuable à d'autres causes, comme le fait que des gens, apeurés, retardaient le moment de consulter ou d'aller aux urgences comme le suggère la diminution drastique de cas d'AVCs pendant les confinements).

    Note quand même que les gestes barrières ont limité la grippe (4 000 décès en 2020 contre 8 100 en 2019 ou 13 000 en 2018) et que les confinements ont diminué les accidents de la route. Ça fait plusieurs milliers de décès à retrancher aux autres causes et à imputer au covid-19.

    En comptant que l’amélioration de l’espérance de vie aurait dû se poursuivre (donc 6 000 décès de plus qu’en 2019 attendus), ça fait 50 000 décès surnuméraires et en comptant un peu plus de 6500 décès évités (moyenne des grippes des deux dernières années - 4000 décès cette année + un peu moins de 500 accidents de la route évités, on arrive à 57 000 décès imputables principalement au covid-19 ; arrondissons à 55 000 (le nombre de décès dû à la grippe étant très variable, on ne peut pas prétendre à une précision de 1 000).

    Le problème n’est pas tant le nombre de décès avec prise en charge hospitalière. Le problème est que si on laissait l’épidémie filer, soit il faudrait au moins dix fois la capacité hospitalière actuelle (ce qui n’est pas possible : même avec des financements, on ne fait pas apparaître des hôpitaux et surtout des médecins en un claquement de doigts), soit on aurait bien plus de morts (je ne peux pas te proposer de te référer au nombre de morts des pays qui manquent de places en hôpital et même d’oxygène, ils ont tendance à « oublier » de compter les gens qui meurent hors hôpital... je peux te proposer un autre calcul à la louche). Après, pour éviter ça, on a les confinements, les masques, les vaccins. Vu la contagiosité du variant actuel, choisir au moins deux méthodes parmi celles‐ci. Nos dirigeants ont choisi pour nous d’éviter de reconfiner et nous forcent donc un peu la main sur le vaccin (mais sans succès aux Antilles).

    « Le fascisme c’est la gangrène, à Washington comme en Russie. » — adapté de Renaud, Hexagone