Par exemple je ne sais pas quoi faire pour le climat et mes maigres connaissances ne me semble pas très pertinents pour savoir quoi faire et comment. Je suis bien content de ne pas avoir à prendre de décision. C'est juste que quand je vois quelqu'un dire "y'a ka supprimer l'économie" (ou « une croissance infinie dans un monde fini »), me semble manquer de profondeur et si mes commentaires aident les gens (malgré ma mauvaise argumentation et le fait qu'il semble que j’heurte certaines sensibilités) peuvent se dire que ce n'est pas aussi simple qu'affirmé au premier abord c'est cool.
Je vais prendre une seconde sur ce point pour exprimé mon opinion. Le problème écologique du réchauffement climatique est particulièrement complexe.
La première difficulté, c'est son échelle spatiale. C'est un probléme global qui implique énormément d'acteurs, voire même carrément tout le monde. Chacun y contribuant plus ou moins a son échelle.
La deuxième, c'est l'échelle de temps. C'est un probléme ou les conséquences des actions a un instant donné, sont reporté loin dans le temps avec une inertie importante. En gros, on paye aujourd'hui les conséquences de l'activité de nos anciens, et on fera payer a nos enfants, les conséquences des nôtres, et si on modifie nos actions aujourd'hui, on en verra pas forcément le résultat, ce sera nos enfants qui pourrons en bénéficier.
La troisième, c'est sa nature même. Toute notre civilisation moderne repose sur le fait qu'on a mis la main sur une source d’énergie abondante, relativement facile à trouver, extrêmement efficace à utiliser. C'est cette source d’énergie abondante qui est a l'origine du probléme écologique (malheureusement, c'est souvent le cas en écologie, puisque une telle découverte suppose une rupture d'état brutale d'un élément constitutif d'un écosystème, ici c'est le cycle du carbone qui est fortement impacté par notre découverte)
Et pour finir, la quatrième, c'est la perception du probléme lui-même. On perçoit assez bien les catastrophes qui se produisent brutalement, hors, avec le réchauffement climatique, on est sur une augmentation de probabilité d’événements catastrophiques et sur des évolutions sur des moyennes, et c'est typiquement le genre de dangers très compliquées à percevoir.
Donc, c'est tout a fait normal de se sentir impuissant en tant qu'individu face a un tel probléme. Parce que c'est un fait, en tant qu'individu, on est impuissant. Il n'y a qu'un effort collectif global qui pourra permettre d'adresser le probléme. Et c'est là le plus grand défi que l'humanité doit relever dans tout son existence. Autant dire qu'a titre individuel, tout ce que l'on peut faire ne représente pas grand chose face à un tel défi.
Mais, cela dit, c'est loin d'être le seul probléme écologique auquel nous sommes confronté, même si il a par son importance, tendance a occulté tout le reste. La pollution de l'air, la chute de la biodiversité (on parle d'une sixième phase d'extinction massive quand même), la pollution des océans, les problèmes de déforestation, les zoonoses, et j'en oublie surement. Chacun de ces problèmes est souvent beaucoup plus simple à adresser que celui du réchauffement climatique. Par exemple, Paul J. Crutzen, qui est l'inventeur du terme anthropocène, a eu le prix Nobel suite à ces travaux sur la chimie de l'ozone atmosphérique qui ont conduit à la mise en place de mesures à l’échelle internationale concernant les émissions de certains polluants qui provoquaient la disparition de la fameuse couche d'ozone dans les années 90. Il faut que ce processus, d'étude d'impact de nos activités sur l'ensemble des composantes de la biosphère qui nous abrite, devienne systématique. (J'insiste bien sur le terme systématique, qui fait système). C'est là où si tu veux, j'appuie sur le fait que l'économie doit devenir écologique, il s'agit d'intégrer dans notre pensée économique la composante environnementale. Dans l'histoire de l'humanité, c'est quelque chose de complétement nouveau, car jusqu’à un certain stade de développement, on pouvait laisser faire la nature. Aujourd'hui, vu notre impact, ce n'est plus possible. D’où le fait que l'écologie (science de l'habitat au sens étymologique) doit s'unir à l'économie (gestion du foyer). L'écologie permet de comprendre les impacts sur l’environnement et l'économie de mettre en place une gestion de ceux-ci.
Bon, si tu es arrivé jusque là, merci de m'avoir lu ! Tout ça pour dire ce qui se cacher en, fait derriére ma réaction un peu à l'emporte pièce qui a initié notre échange. En vérité, je ne souhaite pas vraiment la disparition des économistes, il y a déjà suffisamment d’espèces en danger comme ça, et il faut leur reconnaitre quand même une certaine utilité. L'économie est une science particulièrement difficile a mon avis, car la matière même de ce que l'on y étudie est de nature changeante, comme si les loi qui semblaient vraies un jour, n'était plus valable le lendemain. Enfin, du moins c'est ma façon simpliste de voir les choses en tout cas.
(Note, je cite systématiquement Paul J. Crutzen et son article sur l’anthropocène quand je parle d'écologie, car c'est cet article quand je l'ai lu qui a consolidé ma réflexion sur la question et amorcé un profond changement dans ma perception de ce problème. Tu trouvera ici une version traduite et commenté en français de ce court article Sa page web originale avec cet article a disparue depuis longtemps, et il est décédé cette année. Le temps passe ...)
Faut pas gonfler Gérard Lambert quand il répare sa mobylette.
[^] # Re: Croissance
Posté par Big Pete . En réponse au journal Une ch’tite note de lecture pour la fin de semaine. Évalué à 3.
Je vais prendre une seconde sur ce point pour exprimé mon opinion. Le problème écologique du réchauffement climatique est particulièrement complexe.
La première difficulté, c'est son échelle spatiale. C'est un probléme global qui implique énormément d'acteurs, voire même carrément tout le monde. Chacun y contribuant plus ou moins a son échelle.
La deuxième, c'est l'échelle de temps. C'est un probléme ou les conséquences des actions a un instant donné, sont reporté loin dans le temps avec une inertie importante. En gros, on paye aujourd'hui les conséquences de l'activité de nos anciens, et on fera payer a nos enfants, les conséquences des nôtres, et si on modifie nos actions aujourd'hui, on en verra pas forcément le résultat, ce sera nos enfants qui pourrons en bénéficier.
La troisième, c'est sa nature même. Toute notre civilisation moderne repose sur le fait qu'on a mis la main sur une source d’énergie abondante, relativement facile à trouver, extrêmement efficace à utiliser. C'est cette source d’énergie abondante qui est a l'origine du probléme écologique (malheureusement, c'est souvent le cas en écologie, puisque une telle découverte suppose une rupture d'état brutale d'un élément constitutif d'un écosystème, ici c'est le cycle du carbone qui est fortement impacté par notre découverte)
Et pour finir, la quatrième, c'est la perception du probléme lui-même. On perçoit assez bien les catastrophes qui se produisent brutalement, hors, avec le réchauffement climatique, on est sur une augmentation de probabilité d’événements catastrophiques et sur des évolutions sur des moyennes, et c'est typiquement le genre de dangers très compliquées à percevoir.
Donc, c'est tout a fait normal de se sentir impuissant en tant qu'individu face a un tel probléme. Parce que c'est un fait, en tant qu'individu, on est impuissant. Il n'y a qu'un effort collectif global qui pourra permettre d'adresser le probléme. Et c'est là le plus grand défi que l'humanité doit relever dans tout son existence. Autant dire qu'a titre individuel, tout ce que l'on peut faire ne représente pas grand chose face à un tel défi.
Mais, cela dit, c'est loin d'être le seul probléme écologique auquel nous sommes confronté, même si il a par son importance, tendance a occulté tout le reste. La pollution de l'air, la chute de la biodiversité (on parle d'une sixième phase d'extinction massive quand même), la pollution des océans, les problèmes de déforestation, les zoonoses, et j'en oublie surement. Chacun de ces problèmes est souvent beaucoup plus simple à adresser que celui du réchauffement climatique. Par exemple, Paul J. Crutzen, qui est l'inventeur du terme anthropocène, a eu le prix Nobel suite à ces travaux sur la chimie de l'ozone atmosphérique qui ont conduit à la mise en place de mesures à l’échelle internationale concernant les émissions de certains polluants qui provoquaient la disparition de la fameuse couche d'ozone dans les années 90. Il faut que ce processus, d'étude d'impact de nos activités sur l'ensemble des composantes de la biosphère qui nous abrite, devienne systématique. (J'insiste bien sur le terme systématique, qui fait système). C'est là où si tu veux, j'appuie sur le fait que l'économie doit devenir écologique, il s'agit d'intégrer dans notre pensée économique la composante environnementale. Dans l'histoire de l'humanité, c'est quelque chose de complétement nouveau, car jusqu’à un certain stade de développement, on pouvait laisser faire la nature. Aujourd'hui, vu notre impact, ce n'est plus possible. D’où le fait que l'écologie (science de l'habitat au sens étymologique) doit s'unir à l'économie (gestion du foyer). L'écologie permet de comprendre les impacts sur l’environnement et l'économie de mettre en place une gestion de ceux-ci.
Bon, si tu es arrivé jusque là, merci de m'avoir lu ! Tout ça pour dire ce qui se cacher en, fait derriére ma réaction un peu à l'emporte pièce qui a initié notre échange. En vérité, je ne souhaite pas vraiment la disparition des économistes, il y a déjà suffisamment d’espèces en danger comme ça, et il faut leur reconnaitre quand même une certaine utilité. L'économie est une science particulièrement difficile a mon avis, car la matière même de ce que l'on y étudie est de nature changeante, comme si les loi qui semblaient vraies un jour, n'était plus valable le lendemain. Enfin, du moins c'est ma façon simpliste de voir les choses en tout cas.
(Note, je cite systématiquement Paul J. Crutzen et son article sur l’anthropocène quand je parle d'écologie, car c'est cet article quand je l'ai lu qui a consolidé ma réflexion sur la question et amorcé un profond changement dans ma perception de ce problème. Tu trouvera ici une version traduite et commenté en français de ce court article Sa page web originale avec cet article a disparue depuis longtemps, et il est décédé cette année. Le temps passe ...)
Faut pas gonfler Gérard Lambert quand il répare sa mobylette.