• # La littérature n’est pas différente du code, les licences libres n’ont pas vocation à tout traiter

    Posté par (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal Les différences entre la littérature et le code pour les licences libres. Évalué à 8.

    La littérature n’est pas différente du code (ou de partitions de musiques, ou de photos, ou de films...), mais les licences libres n’ont pas vocation à tout traiter dans le cycle de vie de ces œuvres.

    En fait c’est une confusion courante, on essaie de tout traiter avec des licences, alors que ce n’est pas leur rôle.

    Par exemple, certains s’inquiètent de ce qu’on puisse vérifier que la copie d’une œuvre soit une copie non-modifiée de l’original tel que l’a rédigé l’auteur, alors on pourrait penser qu’une clause ND (pas de modification) serait une clause parfaite pour une licence ? Non ! Parce que ce n’est pas le rôle d’une licence de faire ça, ce qui est en charge d’assurer le destinataire que le message est conforme à l’original une somme de contrôle, éventuellement un signature cryptographique. La clause ND n’empêchera pas la modification (les contrats, conventions et lois ne sont respectés que par les gens honnêtes).

    Autre exemple, certaines personnes s’inquiéteront de ne pas pouvoir développer de quoi produire un retour sur investissement et un revenu suffisant permettant de vivre (et donc de produire encore), alors on pourrait penser qu’une clause NC (pas de commercialisation) serait une clause parfaite pour une licence ? Non ! Parce que ce n’est pas le rôle d’une licence de faire ça. Il y a, dans le droit français, une principe tout à fait adapté : le délit de parasitisme.

    Les licences libres ne sont pas au dessus des lois, ce qu’il faut faire, c’est affermir la loi dans le domaine du parasitisme.

    Le contrat de vente d’un couteau ne liste pas ce que tu as le droit ou pas de trancher, entre des carottes et le bras de ton voisin. La loi interdit et le système pénal puni la mutilation.

    Le parasitisme n’est pas un usage. Le parasitisme est un comportement ou agissement, c’est entre autre l’effet des usages. Par exemple imprimer ou vendre le livre est un usage, le faire aux dépends de ton commerce n’est pas un usage, mais un comportement parasitaire. Et c’est indépendant des licences.

    Comme le parasitisme, le harcèlement n’est pas un usage mais un comportement. Le harcèlement se constate par des actes répétés ayant pour effet ou intention de dégrader la qualité de vie d’une personne. Ça aussi c’est interdit et condamné, même si le logiciel utilisé pour poser ces actes serait sous licence libre, et que les mots employés pour le faire seraient sous licence libre.

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