La période est plutôt favorable aux salariés en informatique.
Ta conclusion me permet de rebondir sur un pan manquant de la discussion, à savoir qu'il y a pas que des salariés en informatique qui font du télétravail, et comment ça explique aussi les discussions sur les chefs.
Par exemple, dans une grande boite, c'est assez courant d'avoir non seulement des gens dédiés sur tout ce qui est support interne (que ça soit RH, gestion des bureaux, service informatique), mais surtout d'avoir des gens qui font le tampon entre les salariés et les personnes sur place via des niveaux de supports et des tickets.
J'ai été support local pendant 2 ans, et mon chef m'a bien expliqué que je devais pas intervenir en premier, car trop compétent (et mieux payé) que le support niveau 1. Et c'est donc devenu une balance entre dire "non" à 30 commerciaux qui sont rompus à la négociation et qui lâche pas l'affaire, et suivre les demandes de mon chef.
Et au final, le travail que mon chef voulait que je fasse, j'aurais pu le faire à distance. Mais il voulait que je soit sur place et que je dise non, car avoir quelqu'un sur place était une demande du directeur commercial France.
Et du coup, on se retrouve avec des gens qui pourraient faire leur travail hors du bureau, mais il y a des demandes de gens ayant plus de pouvoir politique qui les font venir pour contourner les processus. Car bon, ouvrir un ticket, quoi que tout le monde dise, c'est pas pour aider les utilisateurs plus vite ou mieux, c'est surtout pour que ça coûte moins cher ou retarder ta réponse. Dire le contraire est une insulte à l'intelligence de tout le monde.
Et je parle de ça car c'est aussi un état d'esprit différent.
Le travail de chef ou de commercial, ça va être de parler avec les gens, de débloquer, de convaincre, etc.
C'est fondamentalement un travail ou on récompense la rapidité à gérer un probléme, que ça soit du point de vue de l'organisation ou d'un point de vue général (eg, pas attendre que ça s'envenime). Et c'est la que des gens vont voir leur efficacité menacé par le fait de passer d'un mode présentiel (eg, avec des réponses rapides) à un mode à distance avec plus de latence.
C'est pas que les chefs ne font pas confiance. C'est sans doute plus qu'ils préfèrent sans doute être capable de communiquer avec plus de nuance en face à face qu'avec un mail, et sans doute aussi plus rapidement qu'avec un mail (mail, ou messagerie instantané, etc).
Ensuite, vu sous ce prisme, il y a une tension entre le bien être des encadrants et celui des encadrés. Et bien que je pense que gérer des personnes à distance, ça peut s'apprendre, je doute fort que la plupart des boites aient mis des choses en place à ce niveau en plein pandémie. Il a fallu apprendre sur le tas, avec tout ce qui ça comporte de frustrations, et c'est pas super.
[^] # Re: Je trouve le sujet souvent caricatural
Posté par Misc (site web personnel) . En réponse au journal Je veux pas y retourner. Évalué à 6.
Ta conclusion me permet de rebondir sur un pan manquant de la discussion, à savoir qu'il y a pas que des salariés en informatique qui font du télétravail, et comment ça explique aussi les discussions sur les chefs.
Par exemple, dans une grande boite, c'est assez courant d'avoir non seulement des gens dédiés sur tout ce qui est support interne (que ça soit RH, gestion des bureaux, service informatique), mais surtout d'avoir des gens qui font le tampon entre les salariés et les personnes sur place via des niveaux de supports et des tickets.
J'ai été support local pendant 2 ans, et mon chef m'a bien expliqué que je devais pas intervenir en premier, car trop compétent (et mieux payé) que le support niveau 1. Et c'est donc devenu une balance entre dire "non" à 30 commerciaux qui sont rompus à la négociation et qui lâche pas l'affaire, et suivre les demandes de mon chef.
Et au final, le travail que mon chef voulait que je fasse, j'aurais pu le faire à distance. Mais il voulait que je soit sur place et que je dise non, car avoir quelqu'un sur place était une demande du directeur commercial France.
Et du coup, on se retrouve avec des gens qui pourraient faire leur travail hors du bureau, mais il y a des demandes de gens ayant plus de pouvoir politique qui les font venir pour contourner les processus. Car bon, ouvrir un ticket, quoi que tout le monde dise, c'est pas pour aider les utilisateurs plus vite ou mieux, c'est surtout pour que ça coûte moins cher ou retarder ta réponse. Dire le contraire est une insulte à l'intelligence de tout le monde.
Et je parle de ça car c'est aussi un état d'esprit différent.
Le travail de chef ou de commercial, ça va être de parler avec les gens, de débloquer, de convaincre, etc.
C'est fondamentalement un travail ou on récompense la rapidité à gérer un probléme, que ça soit du point de vue de l'organisation ou d'un point de vue général (eg, pas attendre que ça s'envenime). Et c'est la que des gens vont voir leur efficacité menacé par le fait de passer d'un mode présentiel (eg, avec des réponses rapides) à un mode à distance avec plus de latence.
C'est pas que les chefs ne font pas confiance. C'est sans doute plus qu'ils préfèrent sans doute être capable de communiquer avec plus de nuance en face à face qu'avec un mail, et sans doute aussi plus rapidement qu'avec un mail (mail, ou messagerie instantané, etc).
Ensuite, vu sous ce prisme, il y a une tension entre le bien être des encadrants et celui des encadrés. Et bien que je pense que gérer des personnes à distance, ça peut s'apprendre, je doute fort que la plupart des boites aient mis des choses en place à ce niveau en plein pandémie. Il a fallu apprendre sur le tas, avec tout ce qui ça comporte de frustrations, et c'est pas super.