C’est une vision très eugéniste que tu présentes ici. Elle a par exemple le tort d’utiliser un vocabulaire inadapté en parlant de "renforcement" et d’"affaiblissement" alors que la sélection naturelle ne traduit que l’évolution d’une espèce en adéquation avec son environnement par un processus sélectif. Déjà cette sélection n’inclue pas de jugement de valeur, mais au delà du jugement elle n’implique pas en fait de valeur du tout. Être résistant à certains virus (en plus il y a plusieurs manière de « résister ») n’est un atout que dans un contexte donné, et le contexte change. Les sélectionnés ne sont donc pas meilleurs, mais mieux adaptés à un contexte donné. Enfin, la sélection naturelle n’a de sens qu’en considérant un groupe, car il faut que les traits sélectifs soient transmis, ça n’a pas de sens de parler de sélection naturelle pour la mort d’individus, aussi nombreux soient-ils. Dans l’exemple qui nous intéresse, tant qu’une population humaine résistante au Covid n’émerge pas naturellement, il est inapproprié de faire référence à la sélection naturelle. Et nos services de réanimation (puis les vaccins) ont déjà mis à mal cette expérience ce qui m’amène à une deuxième critique.
En plus de ces critiques sur le fond qui à mon avis dénotent une mécompréhension de la sélection naturelle de ta part, je trouve qu’utiliser la notion de sélection naturelle sur les humains actuels n’a aucun sens. Le rythme de propagation de maladies comme le Covid, favorisé par le transport aérien, l’organisation de la société avec un code du travail, des décisions politiques, des transports en communs ou non, font que la sélection que l’on pourrait observer n’aurait de toute façon rien de naturelle et ne saurait être comparée aux théories qui découlent des observations de Darwin. On ne peut pas voir de sélection naturelle dans l’accès différencié aux soins entre pays, ni en fonction de la catégorie sociale des malades. Et pourtant, ces facteurs jouent un rôle bien plus important dans l’épidémie en cours que les prédispositions génétiques des individus.
[^] # Re: Trolldi ?
Posté par jyes . En réponse à la dépêche Sanipasse : le déconfinement libre !. Évalué à 10. Dernière modification le 19 mai 2021 à 10:36.
C’est une vision très eugéniste que tu présentes ici. Elle a par exemple le tort d’utiliser un vocabulaire inadapté en parlant de "renforcement" et d’"affaiblissement" alors que la sélection naturelle ne traduit que l’évolution d’une espèce en adéquation avec son environnement par un processus sélectif. Déjà cette sélection n’inclue pas de jugement de valeur, mais au delà du jugement elle n’implique pas en fait de valeur du tout. Être résistant à certains virus (en plus il y a plusieurs manière de « résister ») n’est un atout que dans un contexte donné, et le contexte change. Les sélectionnés ne sont donc pas meilleurs, mais mieux adaptés à un contexte donné. Enfin, la sélection naturelle n’a de sens qu’en considérant un groupe, car il faut que les traits sélectifs soient transmis, ça n’a pas de sens de parler de sélection naturelle pour la mort d’individus, aussi nombreux soient-ils. Dans l’exemple qui nous intéresse, tant qu’une population humaine résistante au Covid n’émerge pas naturellement, il est inapproprié de faire référence à la sélection naturelle. Et nos services de réanimation (puis les vaccins) ont déjà mis à mal cette expérience ce qui m’amène à une deuxième critique.
En plus de ces critiques sur le fond qui à mon avis dénotent une mécompréhension de la sélection naturelle de ta part, je trouve qu’utiliser la notion de sélection naturelle sur les humains actuels n’a aucun sens. Le rythme de propagation de maladies comme le Covid, favorisé par le transport aérien, l’organisation de la société avec un code du travail, des décisions politiques, des transports en communs ou non, font que la sélection que l’on pourrait observer n’aurait de toute façon rien de naturelle et ne saurait être comparée aux théories qui découlent des observations de Darwin. On ne peut pas voir de sélection naturelle dans l’accès différencié aux soins entre pays, ni en fonction de la catégorie sociale des malades. Et pourtant, ces facteurs jouent un rôle bien plus important dans l’épidémie en cours que les prédispositions génétiques des individus.