• [^] # Re: Merci

    Posté par (site web personnel, Mastodon) . En réponse à la dépêche Annonce du moteur de jeu Dæmon 0.52 Beta. Évalué à 8. Dernière modification le 16 mai 2021 à 12:59.

    La persistance de bogues durant de nombreuses années, dont des bogues fantômes particulièrement délicats à débusquer. Quant on pense qu'ici les sources sont librement accessibles et qu'on imagine que nombre d'organisations mettent leurs données critiques en jeux sur des logiciels au code fermés dont les bogues de sécurité n'ont donc quasiment aucune chance d'être corrigés...

    Exactement, et encore, nous avons eu la chance que ce genre de bug aient des répercussions visuelles qu’un œil humain peut apprécier car se produisant sur une surface qu’il peut observer toute entière. Que se passe-t-il si ce genre de petite erreur d’arrondi affecte un mécanisme économique à l’échelle d’un territoire, qui a l’œil adapté pour repérer un tel problème ? Parce que ce genre de bug n’a jamais empêché le jeu de tourner, tout comme d’autres « bugs » n’empêchent pas le monde de tourner mais peuvent avoir un mauvais effet localement sur ceci ou cela.

    Le souci écologique et de lutter contre le bloatware : Merci de penser à nous qui utilisons du matériel peu performant. Mon fils apprécie de pouvoir jouer à ce genre de jeux sur son Rpi. L'idée que des cartes graphiques vieille de 18 ans puissent encore faire tourner ce type de moteur est vraiment rassurante. Moi qui avait dû renoncer à Gnome faute de GPU assez moderne, j'apprécie particulièrement.

    Dans ce domaine on peut peut-être déjà dire que le moteur Dæmon est plus testé que Linux. Les cartes AGP Radeon ne fonctionnent plus avec la configuration par défaut de Linux depuis cet été, et ce n’est pas intentionnel. Ce qui était intentionnel, c’était de désactiver du code AGP spécifique pour les faire tourner avec le code PCI générique... sauf que le code PCI générique est truffé de bug et donc le « fallback » ne fonctionne pas.

    Quelques fils sur le sujet:

    J’ai par exemple sous la main une machine de guerre de l’époque tout à fait capable aujourd’hui: CPU Phenom II à 4 cœurs, 16 Go de mémoire, un GPU Radeon avec puce de génération TeraScale: OpenGL 3.3, capable de faire de l’OpenCL 1 (mais pas de pilote Linux malheureusement), 1 Go de VRAM, HDMI, etc. mais AGP. Cet été, Ubuntu a rétroporté le patch désactivant l’AGP natif depuis la version 5.9-rc1 de Linux vers le noyau 5.4 de Ubuntu 20.04 LTS (support à long terme, avec un cycle de vie jusqu’en 2030). Mise à jour mineur du noyau, reboot. Ah non l’ordinateur ne reboot plus. Il y a des solutions de contournement mais voilà... Voir ce post pour plus de détails.

    J’écrirai peut-être un jour un journal sur ce genre de test. On découvre ou redécouvre des tas de choses, comme la segmentation du marché faite par Intel (deux produits de même nom ayant soit la virtualisation mais pas l’OpenGL moderne, ou bien l’OpenGL moderne mais pas la virtualisation), ou encore comment Nvidia triche sur le sondage de Steam (la GTX 1060 ne devrait pas être en tête avec une écrasante avance de 8.97% mais aux alentours de 1.2%, certainement derrière des AMD : ils ont simplement vendus 7 produits différents sous la même appellation).

    À propos du Raspberry Pi en particulier, le jeu ne tourne pas encore dessus à cause du fait qu’il n’est pas porté sur autre chose qu’x86/x86_64 pour le moment. Mais j’aimerai bien voir le port arm arriver, beaucoup plus pour le Pi que pour l’Apple M1, honnêtement. Notamment, il y a une demande pour faire tourner le serveur sur des Pis.

    En lisant on se pose de temps en temps la question, et la réponse vient en dernière ligne. Amusant de remarquer comment un auteur francophone commet des anglicisme en traduisant sa propre prose. Exemple :

    « Cela fait peut-être du moteur Dæmon le moteur open source dérivé d’id Tech le plus testé sur ce sujet, autant que nous pouvons le savoir. »

    Je serai curieux de savoir ce qui te gène et quelle est ta proposition. Par exemple moi je ne suis pas satisfait de la formulation « autant que nous pouvons le savoir ». Peut-être que « autant que nous le sachions » est plus idiomatiquement juste. Parfois la formulation n’est pas foncièrement mauvaise, mais l’usage consacre d’autres formulations pour le même sens. Adapter le texte à ces idiomatismes est un travail plus difficile que la traduction, en particulier ça requiert de prendre du recul, éventuellement de laisser le texte dormir quelques semaines...

    Là en me relisant je remarque des petites améliorations pour accrocher un peu moins l’oreille française :

    - un mot-clé de matériau spécial
    + un mot-clé spécial de matériau
    - nous sommes actuellement en cours de porter
    + nous sommes actuellement en train de porter
    - ni les outils OGG ni les outils OGM peuvent produire des fichiers OGM avec Theora
    + ni les outils OGG ni les outils OGM ne peuvent produire des fichiers OGM avec Theora
    - Ce code vivait dans une réalité alternative qui ne s’est jamais produite
    + Ce code vivait dans une réalité alternative qui ne s’est jamais réalisée

    Pour le mot clé spécial, bon l’expression anglaise était « special material keyword », il fallait déplacer l’adjectif après le nom pour satisfaire aux conventions françaises, mais en fait, je l’ai trop déplacé après et il semble donc qualifier le matériau et non le mot-clé. Pour « en cours de porter », soit on dit « en cours de portage », soit on dit « en train de porter »

    Par contre pour ceci :

    - et les joueurs sur Linux, Windows et macOS pourront apprécier le jeu
    + et les joueurs sur Linux, Windows et macOS pourront profiter du jeu

    La seconde est plus courante, la première est plus pédante... Mais la seconde décrit plus l’utilisateur comme un être de pulsion tandis que la première décrit plus l’utilisateur comme un être sophistiqué. Même si je viens de suggérer une autre formulation possible merci de conserver celle avec « apprécier » juste pour le fun. :D

    Pour vraiment expurger tous les anglicismes, il faudrait probablement quelques mois de travail, avec des phases de recul et de retour, en plusieurs passe (la réécriture d’une partie faisant apparaître d’autres maladresse, c’est une question d’équilibre).

    Avec du recul, je pense que la prochaine fois je traduirai « light map » par « carte d’éclairage » au lieu de « carte de lumière », pour lever la confusion avec le sens mécanique de lumière (une ouverture, un trou), et puis c’est plus joli. Je pourrai ajouter ça à traductions classiques.

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