Je ne peux pas parler pour ce qui se passe en France.
Mais au Royaume-Uni, tu serais à côté de la plaque sur plusieurs points.
Au moment de la soumission du projet, le formulaire comporte un certain nombre de cases : le projet comporte-t-il des expériences sur les animaux, sur les humains, sur des OGM
Un dossier destiné à un comité d’éthique n’est en aucun cas un formulaire avec des cases à cocher. Il faut détailler, justifier chaque point. On parle d‘un dossier d’une quinzaine de pages minimum, et encore pour les projets les plus simples.
Étant donné le nombre de projets, cette validation est seulement réglementaire; c'est un jeu de questions-réponses. Si l'expérience fait intervenir des sujets humains, il faut leur faire signer le formulaire XY
Non. Juste non. Le dossier est lu, et soigneusement. Il circule entre tous les membres du comité préalablement à la réunion, et si dès ce moment-là quelqu’un a des remarques à faire le porteur du projet est contacté pour lui donner une chance de fournir des précisions et de régler les éventuels problèmes le plus tôt possible (idéalement avant la prochaine réunion du comité).
Ça doit dépendre des organismes, mais vu les délais serrés, il me semble très improbable qu'un comité se réunisse et évalue un par un les projets en les lisant.
C’est pourtant précisément ce qui se passe. Sauf qu’idéalement, une bonne partie de la discussion sur un projet donné a déjà eu lieu en amont de la réunion (par email ou téléphone), donc à ce stade déjà le comité réuni n’a typiquement plus grand’chose à faire sur chaque dossier.
Selon le type de comité, le porteur du projet est invité à assister à la réunion pour le moment où son dossier est évalué, ce qui lui permet de répondre aux questions du comité et d’éclaircir tout point qui n’aurait pas déjà été réglé préalablement.
Cette invitation du porteur du projet est à ma connaissance systématique pour les projets revus par les comités d’éthiques nationaux du NHS (cas de la plupart des projets de recherches biomédicales impliquant des patients). Pour les comités d’éthiques locaux propres à chaque université (voire chaque département d’une université), je crois que c’est laissé à la discrétion de chaque comité.
Du coup, quand certains d'entre vous imaginent qu'il existe des gens payés pour lire les projets de recherche et donner un avis individualisé sur chaque projet après discussion collégiale, j'ai vraiment l'impression qu'on vit dans des mondes parallèles.
C’est exactement l’impression que j’ai en te lisant, parce que c’est exactement ce qui se passe au Royaume-Uni. Je n’ai pas d’expérience en la matière en France, mais j’ai du mal à croire que cela puisse être si différent. En tout cas j’espère que ça ne l’est pas.
Pour ce que ça vaut, en France j’ai par contre une expérience (vieille d’il y a dix ans, d’accord) avec la commission du génie génétique (qui doit valider tous les projets impliquants des organismes génétiquement modifiés), et c’est comparable avec ce que je décris ci-dessus concernant l’approbation éthique au R.-U. À savoir, un long dossier très détaillé (pas une succession de case à cocher) qui est examiné en détail en commission. Ça me rend d’autant plus sceptique sur le fait que l’approbation éthique en France se déroulerait comme tu le prétends.
[^] # Re: Pas complètement nouveau
Posté par gouttegd . En réponse à la dépêche Retour sur l’affaire des « patchs hypocrites » de l’Université du Minnesota. Évalué à 8. Dernière modification le 28 mars 2022 à 01:46.
Je ne peux pas parler pour ce qui se passe en France.
Mais au Royaume-Uni, tu serais à côté de la plaque sur plusieurs points.
Un dossier destiné à un comité d’éthique n’est en aucun cas un formulaire avec des cases à cocher. Il faut détailler, justifier chaque point. On parle d‘un dossier d’une quinzaine de pages minimum, et encore pour les projets les plus simples.
Non. Juste non. Le dossier est lu, et soigneusement. Il circule entre tous les membres du comité préalablement à la réunion, et si dès ce moment-là quelqu’un a des remarques à faire le porteur du projet est contacté pour lui donner une chance de fournir des précisions et de régler les éventuels problèmes le plus tôt possible (idéalement avant la prochaine réunion du comité).
C’est pourtant précisément ce qui se passe. Sauf qu’idéalement, une bonne partie de la discussion sur un projet donné a déjà eu lieu en amont de la réunion (par email ou téléphone), donc à ce stade déjà le comité réuni n’a typiquement plus grand’chose à faire sur chaque dossier.
Selon le type de comité, le porteur du projet est invité à assister à la réunion pour le moment où son dossier est évalué, ce qui lui permet de répondre aux questions du comité et d’éclaircir tout point qui n’aurait pas déjà été réglé préalablement.
Cette invitation du porteur du projet est à ma connaissance systématique pour les projets revus par les comités d’éthiques nationaux du NHS (cas de la plupart des projets de recherches biomédicales impliquant des patients). Pour les comités d’éthiques locaux propres à chaque université (voire chaque département d’une université), je crois que c’est laissé à la discrétion de chaque comité.
C’est exactement l’impression que j’ai en te lisant, parce que c’est exactement ce qui se passe au Royaume-Uni. Je n’ai pas d’expérience en la matière en France, mais j’ai du mal à croire que cela puisse être si différent. En tout cas j’espère que ça ne l’est pas.
Pour ce que ça vaut, en France j’ai par contre une expérience (vieille d’il y a dix ans, d’accord) avec la commission du génie génétique (qui doit valider tous les projets impliquants des organismes génétiquement modifiés), et c’est comparable avec ce que je décris ci-dessus concernant l’approbation éthique au R.-U. À savoir, un long dossier très détaillé (pas une succession de case à cocher) qui est examiné en détail en commission. Ça me rend d’autant plus sceptique sur le fait que l’approbation éthique en France se déroulerait comme tu le prétends.