• # Philosophie Unix : faire une seule chose et la faire bien

    Posté par . En réponse au journal Logiciel libre et morale font-il bon ménage ?. Évalué à 7. Dernière modification le 23 avril 2021 à 15:31.

    Le logiciel libre est née pour un motif d'éthique : à un moment quelqu'un s'est dit qu'il est embêtant qu'une entité (développeur ou entreprise) ait un pouvoir/contrôle sur les utilisateurs de son logiciel. C'est une idée éthique, mais une seule, et simple. Mais, malgré cette simplicité, ça reste vague : impossible à formuler directement dans une licence.

    Les quatre libertés sont, originellement, une tentative minimale de permettre à cette idée de vivre via le système de licences. Comme une licence trop permissive ne permet pas d'assurer la transmission transitive des libertés aux utilisateurs finals, le copyleft a été inventé. Le copyleft est une solution (assez incomplète) pour essayer de propager viralement les libertés jusqu'aux utilisateurs finals. En pratique, il n'est pas évident d'obtenir une solution beaucoup plus complète via le système de licences : c'est pourquoi certaines licences qui essaient d'aller trop loin en ce sens (comme la SSPL) se révèlent trop vagues ou impraticables (donc en pratique rendent une ou plus des quatres libertés trop difficile).

    Après, il y a maintenant des tentatives de licences qui essaient d'ajouter la formulation directe d'autres idées éthiques, indépendantes de la notion de contrôle sur les utilisateurs. Ces licences sont du coup non seulement souvent beaucoup trop vagues, mais elles veulent faire trop de choses à la fois : résultat, ça devient vite impraticable. Le système de licences n'est simplement pas adapté pour cela. C'est un peu l'équivalent de ne pas respecter la phisolophie Unix, si on veut faire un parallèle.