• [^] # Re: Modestement

    Posté par . En réponse au journal RMS et la FSF. Évalué à 10.

    let’s presume that was true (I see no reason of disbelieving it)"

    Ça, c'est a priori parce qu'il préfère partir de l'interprétation bienveillante que son interlocuteur est de bonne foi. Autrement, l'échange est impossible. Il ne donne pas d'estimation de la probabilité de vérité ou non.

    Regarde, je vais écrire un truc avec le même contenu factuel que le message de RMS, mais en tournant différemment les choses et en glissant des jugements de valeur au milieu : « l'utilisation d'un terme juridique vague comme "agression" ne permet pas de relayer l'information de façon précise. En effet, si la victime avait eu 19 ans, ça aurait été presque aussi grave et ce terme juridique n'aurait pas capturé cette gravité. S'il y avait eu violence, ce qui correspond à l'interprétation la plus typique du terme en langage courant, ça aurait été encore pire. Or la signification juridique du terme ne permet pas de capturer ceci non plus. D'où l'importance de préférer d'utiliser des termes plus précis et moins vagues pour relayer une information ».

    D'un point de vue factuel, le contenu est le même, sauf que j'ai ajouté en plus des jugements de valeurs et ait réordonné pour appuyer en ce sens, chose que RMS n'a pas fait (lui n'a fait que chipoter sur les termes dans l'abstrait sans faire de jugement moral, à part considérer "absurde" les limites du champ sémantique du terme juridique). C'est ce côté complètement factuel, un peu détaché du monde, qui pousse paradoxalement ses interlocuteurs à attribuer une interprétation morale à ses messages (du genre, il veut défendre Minsky parce que c'était peut-être son copain etc.).

    Lorsque que je t'ai fait remarquer plus haut qu'en fait, il s'est avéré qu'il n'y avait même pas eu de relation, tu m'as répondu :

    Sauf que ça a pas grand chose à voir avec la choucroute ça.

    Le rapport avec la choucroute, c'est que non seulement l'interlocuteur de RMS utilisait un terme vague pour relayer l'information, mais qu'en fait l'information était fausse, qu'il n'avait pas ou mal lu la déposition de la victime. Conclusion, RMS sous-estimait l'absence de rigueur de son interlocuteur dans son relayage d'information.

    Au final, des gens se permettent d'interpréter un message factuel sur une liste de diffusion interne. En soi, ce n'est pas grave, chacun a le droit d'imaginer ce qu'il veut. Mais publier ces interprétations publiquement, sans d'abord essayer de les vérifier sur la liste interne avec la personne, tout en appelant à "remove RMS", c'est ce qu'on appelle lancer une chasse au sorcières. Je trouve le terme d'autant plus justifié vu la quantité de déformations additionnelles (prévisibles) de ses propos qui ont eu lieu. L'article de blog à l'origine de "remove RMS" a été écrit par une personne qui reconnaît en fait ne pas connaître la personne (fin de son premier article). Pourtant, cette personne se permet de publier non seulement ses interprétations passionnelles, mais aussi des extraits sortis de contexte de citations de son site (qu'elle n'avait a priori jamais lu avant, donc du travail vite-fait, elle a peut-être juste pris des extraits pré-interprétés que d'autres personnes lui ont filé), puis trois vieux tweets dont elle ne peut pas connaître la validité. Ces actions faites dans l'humeur et l'ignorance reconnue ne peuvent être interprétées d'une autre façon qu'un appel au public shaming sur internet (qu'on appelle aussi chasse au sorcières métaphoriquement, du fait d'une similarité dans le mécanisme social de justice populaire et de ses potentielles graves conséquences).