• [^] # Re: Évitez de faire de la pub pour de l'illégal

    Posté par (site web personnel) . En réponse au lien haro sur la fibre !. Évalué à -1.

    L'"indécence" (et l'absurdité) des comparaisons en question est justement le ressort logique et argumentatif sur lequel repose la BD. Je pense que tu ne te focalises pas sur le bon aspect.

    Des comparaisons différentes sont juxtaposées précisément parce qu'il s'agit de faire émerger ce qui les rassemble, ce qui n'implique pas qu'elles se ressemblent en tout point. Ce que tu vois comme une hypocrisie ne me paraît pas en être une, bien au contraire. Comme tu le notes, la BD met en place une gradation dans l'incapacité de faire des choix des personnages successifs. Précisément, il ne s'agit pas de considérer que le possesseur d'iPhone a autant de capacité de choisir que le serf : la gradation rend une telle conclusion évidemment absurde... et c'est précisément pour cela que l'incapacité de choisir va croissant.

    Le biais qui est souligné ici n'est pas celui de l'absence ou non de capacité à choisir. Cela dit, dans le cas du communiqué posté en lien - en aparté, je tiens à préciser que je trouve cette action complètement idiote et dangereuse; il ne s'agit pas du tout de défendre les auteurs, mais d'essayer d'émettre une critique juste - il est toutefois indéniable que la communication électronique a acquis une position hégémonique. On peut certes faire le choix de ne pas en faire usage, mais c'est un choix abstrait, voué à être confronté à une série d'obstacles difficilement surmontables. Mais je pense qu'en l'occurrence, ce n'est pas de cette question qu'il s'agit.

    Le problème pointé par la BD (et illustré par le message de Zenitram), ce qui rassemble chacune des situations décrites, est celui de la contradiction et de l'individualisation des cas. Pourquoi le personnage qui pointe les prétendues contradictions est-il agaçant ? C'est parce qu'il fait passer pour logique et rationnelle une position réactive et émotionnelle. Il représente une position conservatrice non pas rationnelle (qui pourrait être "les choses fonctionnent suffisamment bien telles qu'elles sont, le fait de vouloir les améliorer porte en lui plus de risque que n'en porte la situation actuelle ou n'est tout simplement pas souhaitable") mais irrationnelle et réactive ("Je me sens mis en cause par la critique qui est émise et vais donc tenter de disqualifier à titre individuel celui ou celle qui la porte"). Il s'agit d'une attaque ad hominem, pas d'une critique de la thèse défendue. Et cette critique ne tient pas : pourquoi y aurait-il une contradiction entre le fait d'utiliser quelque chose et de le critiquer ? Ou plutôt, plus précisément, pourquoi cette contradiction disqualifierait-elle le propos ? Ce sont deux plans tout à fait différents : un argument se discute pour lui-même, pas pour celui qui l'émet. La contradiction peut être critiquable en elle-même, mais il s'agit d'une question distincte, qui n'a rien à voir avec l'argument soulevé.

    C'est un biais cognitif et rhétorique très courant (je suis sûr qu'il a un nom scientifique), et cela équivaut, selon moi, à botter paresseusement en touche plutôt qu'à argumenter.

    Le problème dans ce type de critique, et c'est ce que j'essayais de dire en répondant Zenitram, c'est qu'elle ne répond pas à une thèse, mais à une préoccupation de celui qui pense la critiquer qui, pour ne plus en porter le fardeau, essaie de la déplacer sur celui qu'il attaque.