• [^] # Re: Logiciel de pirates

    Posté par . En réponse à la dépêche Mldonkey 2.5.3 est sorti. Évalué à 1.

    « Oui, et çà te paraît illogique ? Si oui, comme je le disais précédement autant prendre toutes les licences et les mettre au panier. » Je l'ai pourtant dit plusieurs fois, ce sont des avis différents, des points de vue politiques différents, irréconciliables, mais ce n'est pas pour ça qu'il s'agit de ne pas respecter le point de vue des autres. Illogique ? Ca l'est dans un contexte et pas dans l'autre, c'est ce que je te disais au début. C'est logique dans ton approche orientée sur le droit d'auteur actuel. Ca ne l'est plus dans une approche avec un droit d'auteur sans controle sur la copie, puisque la copie serait considérée comme un droit et non comme un privilège éventuellement accordé par l'auteur. Dans un contexte légal différent, les licences ne seraient pas à mettre au panier mais à adapter, tout simplement parce que leur objet est de faire le lien entre les principes du libre (indépendants des lois) et le contexte légal (seul moyen de mettre en place ces principes). « Tu ne démontres rien, te contentant de répéter que puisque _toi_, tu estimes que les licences propriétaires ne te conviennent pas, alors ne pas les respecter n'est pas condamnable moralement. » Mais pourquoi penses-tu que je cherche à démontrer quelque chose ? Je dis qu'un contexte légal dans lequel le droit d'auteur ne donne pas à l'auteur un controle sur la copie est un contexte qui n'est pas incompatible avec le libre. On peut souhaiter aller vers ce contexte (politiquement) tout en étant pour le libre. Je ne pense pas qu'il y ait quoi que ce soit à démontrer, il existe des points de vue différents qui mènent au logiciel libre (FSF et OSI en sont un exemple), voilà tout, un de ces points de vue refusera de condamner la copie illégale, quel est le problème ? « Si ce point de vue est juste alors on n'a même pas besoin des logiciels libres. Il suffit d'utiliser du logiciel propriétaire piraté. » J'ai parlé d'une liberté (la copie) qui serait automatiquement donnée à tous les utilisateurs. Pour avoir du libre, il en faut 3 autres (qui a priori ne sont pas données si on a simplement un droit de copie). C'est quand même excessivement réducteur pour le libre de dire ça, que fais tu des sources, du droit de modifier, etc ? Personnellement entre un logiciel warez et un logiciel libre, je n'hésite pas, le premier a tous les problèmes du logiciel propriétaire, même s'il est obtenu gratuitement. C'est comme si tu défendais que freeware = logiciel libre ! « Si par contre le fait de considérer les licences propriétaires comme non acceptables, entraîne le refus d'utiliser ces logiciels, le mouvement du logiciel libre prend toute sa signification. » Bien d'accord, à ceci près que le « mouvement » du logiciel libre n'est pas un seul mouvement. Mais sur le fond je suis d'accord, d'ailleurs je l'ai dit dès le départ, le warez est une bien piètre solution quand on peut utiliser du logiciel libre ! Le warez ça reste proprio, presque toujours closed-source, il n'apporte quasimenent rien des libertés qu'on trouve dans le LL. « Free comme dans free beer ou comme dans free speech ? Ce n'est pas parce que le warez est copié et échangé que cela en fait du logiciel libre. » Si je dis libre, en français, c'est que je dis libre, pas gratuit ;) Pour ton deuxième point je ne vois pas pourquoi il serait question de considérer le warez comme du libre. Évidemment que ça n'en est pas. On peut illégalement se donner 2 des libertés, mais certainement pas les 2 autres, or dans le libre, l'ensemble des 4 libertés forme un tout cohérent et essentiel. « Bien au contraire, cela a plutôt comme résultat la propagation et l'utilisation massive de formats propriétaires. » Oui, convictions et application à court terme peuvent ne pas aller dans le même sens, c'est ce que je disais en dernière remarque. « Le point qui semble t'échapper, c'est que là on ne discute pas d'une situation utopique, mais bien d'une réalité concrète. » Tu permets, j'ai introduit cette remarque sur un point de vue politque différent, un contexte légal différent, donc je sais ce qu'il en est, je sais que le contexte légal actuel n'est pas celui-là. Toute politique a un idéal, une utopie, certaines c'est vrai ne vont pas bien loin et se contentent quasiment de ce qui est en place. Mais que les politiques décrites soient très proches de la réalité actuelle, ou seulement considérées comme utopies, ce n'est pas le problème : ce sont des idées politiques qui ont toutes leur légitimité, et qu'on mesure entre autres par leur respect de notions essentielles comme l'égalité, la liberté, etc. « Pourquoi, selon toi les auteurs n'ont pas de droits ? Dans ce cas, il ne s'agit plus de logiciel libre mais de domaine public. » Les droits, c'est quelque chose d'avant tout artificiel, qu'on décide d'instaurer dans une société parce qu'on considère qu'ils vont dans l'intérêt de la société. Évidemment, les droits sont donnés à tout le monde, il s'agit soit de les donner à tout le monde, soit à personne. Le droit d'auteur est défini d'une certaine manière, il aurait très bien pu être défini différemment, par exemple : reconnaitre la paternité, autoriser les copies, mais ne pas permettre les modifications. On peut aussi défendre un changement du droit d'auteur en ce sens, ou bien vers un affaiblissement encore plus important. Ce n'est qu'une approche politique différente. Et si tu relis bien, je me suis contenté de dire qu'une autre existait, qu'elle n'était pas incompatible avec le libre, qu'elle aurait légalisé le warez. Les auteurs y ont des droits, pas ceux d'aujourd'hui. Je ne sais pas pourquoi tu veux assimiler ça à une suppression de tous leurs droits (ce qui serait défendable, serait aussi compatible avec encore une autre approche du libre, mais là je n'en ai pas parlé!) Cet exemple que je donne te montre aussi en quoi c'est différent du domaine public. Il peut y avoir du closed-source dans le domaine public, qui bien sûr n'est pas libre. « J'ai vraiment du mal à comprendre cette volonté d'opposer de manière systématique droits et libertés des auteurs et des utilisateurs, » Désolé je coupe la phrase, mais j'essaie de ne pas trahir le sens. Première remarque donc, le droit d'auteur consiste à faire en sorte qu'une personne soit propriétaire d'une oeuvre. C'est lui donner l'exclusivité sur certaines choses. S'il n'y avait pas de droit d'auteur, tout le monde aurait les mêmes droits sur les oeuvres. Ca me parait donc assez clair que quand on donne des droits d'auteurs exclusivement à quelqu'un, ça s'oppose à la possession de ces droits par les autres personnes. Ce n'est pas spécifique à la propriété intellectuelle. Si un lieu public est donné à une personne (donc devient privé), les autres n'ont plus le droit d'y aller, franchement c'est juste le mécanisme normal de la propriété. « alors que justement ce qui fait à mon avis la grande force du libre est de gommer (en partie au moins) les différences pouvant exister entre les deux mondes. » Oui, exactement. Mais je ne vois pas pourquoi tu trouves ça incompatible avec ce que j'ai pu dire auparavant. « Là par contre, j'aimerais beaucoup que tu m'expliques en quoi l'encouragement à la copie de logiciel propriétaire est bénéfique à long terme au logiciel libre. » Tu fais de grosses extrapolations... Rien dans ce que j'ai dit ne mène à ça. À long terme je ne pense pas qu'on puisse dire quoi que ce soit sur les effets de l'encouragement à la copie illégale (on peut faire des suppositions, je ne vois aucune certitude). Par contre, encourager le point de vue selon lequel la copie devrait être légale (comme les 3 autres libertés), pourvu que l'on explique pourquoi (et l'explication c'est pas « parce qu'on veut du gratuit », c'est celle qui en fait un critère de LL), c'est bénéfique au LL à long terme (comme toute vulgarisation).