Je suis d'accord avec toi et ce n'est pas moi qui vais te contredire sur le fait que l'état actuel des universités (et la vision du travail en général aussi) est en grande partie conséquence d'une volonté politique de capitaliser sur l'être humain. Le système actuel ne conduit pas uniquement à un manque de profs qui rend l'enseignement difficile, sa bureaucratie conduit souvent à des recrutements où l'intérêt pour l'enseignement n'est pas considéré une priorité. Même lorsque l'intérêt est là, le poids des contraintes bureaucratiques parasitaires et le manque en ressources diverses (inflexibilité dans le choix des modules ou dans les modules eux-mêmes), tout comme le côté massifié de certains modules avec trop de groupes, crée des freins à la satisfaction et épanouissement tant du professeur que des étudiants.
Lors de ma courte expérience d'enseignement en L1, il y a eu du bon au premier semestre, mais beaucoup de mauvais au deuxième aussi : je me suis retrouvé une fois à donner des TPs en L1 dans trois salles différentes (dont une à un étage différent) à la fois pendant un mois complet suite à une mauvaise évaluation des effectifs (ils prévoyaient plus d'abandons au premier semestre...) ; à récupérer des fichiers de code buggués de mes prédécesseurs pour ce TP (en gros, ça faisait deux-trois ans que les étudiants faisaient un TP complètement buggué) sans qu'on me donne le temps de corriger avant la première séance : je n'ai pas eu d'autre choix que de leur expliquer la situation et leur dire que ce qu'ils faisaient était ok et leur donner le résultat théorique ! ; des documents pour le TP avec des noms de fonctions qui dataient d'une version précédente du TP (c'est-à-dire plus de trois ans) et pour le coup sans qu'on me donne la chance de pouvoir tout corriger à temps (il m'a fallu plus d'une semaine pour réussir à obtenir une petite heure de la part du chargé du cours qui était le seul qui pouvait modifier le document mais comme il tenait à écrire lui-même et qu'il faisait ça avec deux doigts, une heure n'a pas suffit pour tout corriger)... Et puis certains collègues qui ont donné le même TP à d'autres groupes sans même le préparer avant (ils découvraient avec les élèves que ça ne marchait pas puis venaient me voir dans la salle d'à côté — voire restaient bloqués assis avec leurs étudiants devant l'écran) ; puis me retrouver à deviner la date à laquelle ils devaient rendre un travail à la maison, faute de pouvoir obtenir une réponse du chargé du cours... (temps moyen de réponse à un email > 1 semaine, parfois infini sans ping). Et le comble ça a été quand j'ai découvert et fait savoir (oui, moi, le premier) qu'un des collègues finissait ses heures mi-semestre et qu'ils n'avaient prévu personne pour assurer la continuité de l'encadrement de ses groupes (on a dû se mettre à essayer d'assurer en attendant du nouveau monde, mais ça s'est quand même soldé avec une ou deux séances sans encadrants disponibles !). Enfin, j'imagine que tout ça a dû avoir un côté éducatif pour les étudiants sur comment marche la société.
C'est pour cela que si un futur étudiant me demandait des conseils sur la voie à suivre, je ne saurais vraiment pas quoi lui dire à part bon courage quelle que soit la voie qu'il choisisse pour passer la première étape, et lui conseiller quelques livres ou autres ressources.
[^] # Re: Insulte
Posté par anaseto . En réponse au lien « L’école d’informatique recrutera en mode "Hunger Games" » (l'école attrape-couillon). Évalué à 5.
Je suis d'accord avec toi et ce n'est pas moi qui vais te contredire sur le fait que l'état actuel des universités (et la vision du travail en général aussi) est en grande partie conséquence d'une volonté politique de capitaliser sur l'être humain. Le système actuel ne conduit pas uniquement à un manque de profs qui rend l'enseignement difficile, sa bureaucratie conduit souvent à des recrutements où l'intérêt pour l'enseignement n'est pas considéré une priorité. Même lorsque l'intérêt est là, le poids des contraintes bureaucratiques parasitaires et le manque en ressources diverses (inflexibilité dans le choix des modules ou dans les modules eux-mêmes), tout comme le côté massifié de certains modules avec trop de groupes, crée des freins à la satisfaction et épanouissement tant du professeur que des étudiants.
Lors de ma courte expérience d'enseignement en L1, il y a eu du bon au premier semestre, mais beaucoup de mauvais au deuxième aussi : je me suis retrouvé une fois à donner des TPs en L1 dans trois salles différentes (dont une à un étage différent) à la fois pendant un mois complet suite à une mauvaise évaluation des effectifs (ils prévoyaient plus d'abandons au premier semestre...) ; à récupérer des fichiers de code buggués de mes prédécesseurs pour ce TP (en gros, ça faisait deux-trois ans que les étudiants faisaient un TP complètement buggué) sans qu'on me donne le temps de corriger avant la première séance : je n'ai pas eu d'autre choix que de leur expliquer la situation et leur dire que ce qu'ils faisaient était ok et leur donner le résultat théorique ! ; des documents pour le TP avec des noms de fonctions qui dataient d'une version précédente du TP (c'est-à-dire plus de trois ans) et pour le coup sans qu'on me donne la chance de pouvoir tout corriger à temps (il m'a fallu plus d'une semaine pour réussir à obtenir une petite heure de la part du chargé du cours qui était le seul qui pouvait modifier le document mais comme il tenait à écrire lui-même et qu'il faisait ça avec deux doigts, une heure n'a pas suffit pour tout corriger)... Et puis certains collègues qui ont donné le même TP à d'autres groupes sans même le préparer avant (ils découvraient avec les élèves que ça ne marchait pas puis venaient me voir dans la salle d'à côté — voire restaient bloqués assis avec leurs étudiants devant l'écran) ; puis me retrouver à deviner la date à laquelle ils devaient rendre un travail à la maison, faute de pouvoir obtenir une réponse du chargé du cours... (temps moyen de réponse à un email > 1 semaine, parfois infini sans ping). Et le comble ça a été quand j'ai découvert et fait savoir (oui, moi, le premier) qu'un des collègues finissait ses heures mi-semestre et qu'ils n'avaient prévu personne pour assurer la continuité de l'encadrement de ses groupes (on a dû se mettre à essayer d'assurer en attendant du nouveau monde, mais ça s'est quand même soldé avec une ou deux séances sans encadrants disponibles !). Enfin, j'imagine que tout ça a dû avoir un côté éducatif pour les étudiants sur comment marche la société.
C'est pour cela que si un futur étudiant me demandait des conseils sur la voie à suivre, je ne saurais vraiment pas quoi lui dire à part bon courage quelle que soit la voie qu'il choisisse pour passer la première étape, et lui conseiller quelques livres ou autres ressources.