• # Séparer l'aspect légal de l'aspect stratégique ?

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Rappelons la base du libre : pour tous les usages. Évalué à 10.

    Une licence libre offre les quatre libertés et c’est valable pour tous les usages (légaux). Sans contester cet aspect, on peut néanmoins ne pas être en accord avec l’usage : si tu utilises des outils libres pour expliquer qu’il faut flamber à tout-va, consommer un max, se gaver de tout ce qui est possible et rien à carrer de l’avenir, de considérations écologiques, etc., c’est conforme à la licence, c’est légal / ça n’est a priori pas répréhensible (ça ne sera pas considéré comme un délit écologique à première vue), je peux néanmoins ne pas être d’accord avec cela.

    Alors je peux choisir la voie de la licence : je change la licence pour éviter / limiter ce type d’usage (c’est me semble-t-il le cas qui est critiqué ici), mais si j’opte pour une licence non-libre, c’est qu’effectivement les 4 libertés n’étaient pas si importantes pour moi. Ou alors je choisis une autre voie : changer la législation pour faire créer un délit dans ce cas ? militer politiquement pour une prise de conscience ? communiquer sur le sujet pour espérer faire réagir ? etc.

    L’usage qui est en fait menace l’avenir de mon logiciel selon moi ? Exemples : Tivoïsation et GPLv3 ? Valeur ajoutée accaparée par les fournisseurs de cloud (selon Elastic ou MongoDB Inc. par exemple) ? Service en ligne et AGPL ? BSD et clause de publicité ?

    La question n’est pas nouvelle et visiblement, suivant les cas, on a apparition d’une nouvelle licence libre, changement pour une licence non-libre, et parfois d’autres approches non liées à la licence elle-même.

    Ça rejoint surtout la question : quelle est ma grille de lecture ? Quels sont mes critères de choix ? Le libre, le coût, la communauté, le maintien d’une diversité pour préserver l’avenir, les aspects techniques, etc., etc. Ce qui me semble critiqué ici est le fait de prétendre que le libre serait mon critère de choix sine qua none mais que parfois « je suis prêt à faire du non-libre pour prétendre sauver le libre » ce qui serait incohérent.

    RedHat change d’avis sur CentOS -> je continue à utiliser CentOS ? je change pour RockyLinux ? je boycotte RedHat ? je m’en fiche ? ai-je une responsabilité là-dedans (j’utilise sans jamais contribuer ou financer par exemple) ? est-ce une menace sur l'avenir de CentOS à court terme ? Etc.
    Elastic change la licence d’Elasticsearch/Kibana -> comment je gère ce changement ? pourquoi ce changement a eu lieu et ai-je une responsabilité là-dedans ((j’utilise sans jamais contribuer ou financer par exemple)
    Des personnes d’extrême-{droite, gauche} / complotistes / {pacifistes, militaristes } / { pro,anti }{.*} contribuent à ma communauté et à mon logiciel ? Est-ce que je peux le supporter (humainement) et aussi éviter l’explosion de ma communauté / de l’équipe de développement ? Est-ce que je dois ajouter des règles supplémentaires et des barrières d’entrée ? Est-ce que je veux changer ma licence et pourquoi, et pour quoi ? Est-ce que cela amène un risque juridique pour ma communauté / mon projet (des gens qui jouent trop près des limites légales, par exemple, les transgressant de temps en temps) ?