• [^] # Re: P2P : Quelle utilisation pour quels usages ?

    Posté par . En réponse à la dépêche P2P : Quelle utilisation pour quels usages ?. Évalué à 3.



    Pourquoi ? La redevance que tu paies te donne le droit d'enregistrer ce qui passe sur les ondes pour ton usage personnel. Bien sûr, tu n'as pas vraiment le choix de ce qui passe où de la date et heure à laquelle ça passe, mais si ça t'intéresse, tu peux l'enregistrer pour te le mater plus tard.

    Une éventuelle « redevance P2P » aurait exactement le même effet : tu paierais pour avoir le droit de choper ce qui est dispo ce mois-ci sur les réseaux P2P. Comme la redevance TV, ce serait sans garantie : si l'album ultra-obscur que tu cherches n'est pas présent, c'est tant pis pour ta pomme. Si tu mets 10 jours à choper un album, juste pour t'apercevoir que le truc est inaudible, bah t'as pas plus de recours que si ta réception TV est pourrie et que ton enregistrement est plein de parasites. Bref, je ne vois pas où la comparaison est « poussée » : on a deux médias qui diffusent des informations aléatoirement (i.e. on n'a qu'un contrôle marginal sur ce qui est diffusé), et dont on peut enregistrer les informations localement. La comparaison tient bien la route AMHA.

    Reste bien évidemment le problème du pognon. Il est évident que cette redevance devrait être suffisamment haute pour que les artistes soient correctement compensés. Il y a aussi des problèmes annexes, comme déterminer la répartition entre les différents artistes du fric recolté (qui est le plus téléchargé ? Mystère et boule de gomme. Et puis, à qui va le flouze ? À la SACEM ? À l'industrie du cinoche ? À un nouvel organisme ad hoc ?), trouver comment simuler les droits de diffusion payés par les chaînes TV (probablement impossible, puisque tout le monde est diffuseur sur un réseau P2P. Il faudrait donc augmenter la redevance en conséquence), etc. Au passage, si ceci était implémenté, je n'aurais plus aucun problème avec l'idée de trouver ceux qui feraient du P2P « sans licence » et de les traîner au tribunal.

    Voilà. Soit dit en passant, je te rassure : il n'y a aucune, mais alors aucune chance qu'une idée pareille soit acceptée par nos politiques qui, on l'a bien vu avec l'affaire des brevets logiciels, défendent d'abord les grosses boîtes, au détriment du citoyen. Ça me débecte, mais apparemment il n'y a pas moyen d'y échapper, quel que soit le parti qu'on colle au pouvoir. Donc, pas d'inquiétude, mes « comparaisons poussées » ne restent pour l'instant que des octets sur un disque dur. Rien de nouveau sous le soleil...

    Envoyé depuis mon PDP 11/70