il a répété en mai que l'épidémie était derrière nous et qu'il n'y aurait pas de seconde vague. On voit où on en est aujourd'hui.
Les avis sur l'évolution de l'épidémie s'appuie en gros sur l'une de ces deux conceptions :
Un modèle "mathématique", qui a été présenté ici dans un journal, qui considère le taux de transmission brut du virus et essaie d'en déduire quand l'épidémie s'arrêtera. Par exemple si chaque personne contaminée transmet le virus à deux autres personnes en moyenne, l'épidémie va prendre de l'ampleur, mais on voit qu'au bout d'un moment le taux de transmission effectif diminue parce que sur les deux personnes qui théoriquement devraient être contaminées l'une est déjà immunisée après contamination et donc l'épidémie commence à décroître. Je n'ai plus les calculs en tête, mais on considère que 50-60% (?) de la population va être contaminée, puis l'immunité collective va arrêter l'épidémie. Dans cette vision des choses, si on utilise une mesure comme le confinement pour arrêter l'épidémie et que cette mesure est efficace, la suppression de la mesure conduit à un redémarrage de l'épidémie, c'est la "deuxième vague".
Un modèle basé sur l'observation des épidémies (celui dont se réclame Raoult), plus empirique, qui consiste à regarder comment les épidémies évoluent habituellement. C'est ce qui l'a conduit à considérer qu'il y avait peu de chances pour que l'épidémie arrive chez nous (parce que manifestement ce n'est pas souvent le cas, bien que cette fois-ci ça se soit produit ; on peut se rappeler les précédentes qui ont fait beaucoup de bruit mais peu de morts en Europe métropolitaine : SRAS ou Chikungunya par exemple). Et aussi à considérer qu'il n'y aurait probablement pas de deuxième vague (au sens de la position précédente), parce qu'habituellement les épidémies comparables ne suivent pas cette forme : Raoult dit qu'elles arrivent, passent et disparaissent et qu'on ne sait pas pourquoi, que ça ne s'explique pas avec un modèle mathématique simple basé sur le niveau d'immunité collective.
Raoult n'a jamais exclu que l'épidémie puisse être saisonnière, il a indiqué que c'était tout à fait possible et que regarder ce qui se passait dans l'hémisphère sud (saisons inversées) était intéressant pour essayer de déterminer si ça allait revenir à l'automne-hiver suivant. Par contre ça n'a rien à voir avec une deuxième vague au sens de la première position (le modèle mathématique). C'est pour ça qu'il parle plutôt de deuxième épidémie, comme pour la grippe.
La distinction est assez importante concernant les mesures à prendre, par exemple quand ça reflue, quelle est l'utilité de maintenir des mesures sanitaires (donc des contraintes) ou de les retirer progressivement si l'épidémie est en train de s'en aller. D'autres questions concernent aussi la question des frontières (fermeture, quarantaine, ...), quand un autre pays est concerné par une épidémie de ce type et que des personnes arrivent de ce pays.
Pour ce qui est d'estimer si sa vision des choses est la plus pertinente, c'est un peu plus délicat. On peut quand même citer ces éléments :
Il n'y a effectivement pas eu de deuxième vague (au sens strict) : la fin du printemps et le début de l'été n'ont pas vu de redémarrage de l'épidémie (même l'augmentation du nombre de cas au début n'était liée qu'à l'augmentation du nombre de tests, on peut le voir dans les taux de positifs par exemple). Il a fallu attendre la fin de l'été et le début de l'automne pour qu'une épidémie reprenne. De ce que j'ai pu en voir, au début de l'été les masques on avait oublié (sauf dans le métro peut-être), il ne restait pas grand chose des mesures sanitaires.
Les gens de l'IHU Méditerranée Infection (chez Raoult) font des analyses des génomes des virus qu'ils prélèvent sur leurs patients. En regardant les génomes représentés dans les patients reçus, il semblerait que les génotypes des virus représentés très majoritairement à différents moments ne sont pas le même : on n'a pas forcément un mélange de toutes les variantes passées mais un variant qui domine à un moment donné. Ce qui pourrait correspondre à des épidémies différentes, qui arrivent et passent, et qui sont dues à des variants différents du virus. Ces données sont croisées avec les génomes de virus présents dans d'autres pays pour suivre l'arrivée des épidémies successives (d'où elles viennent, dans quel pays elles sont apparues avant de traverser le monde). Et pour réfléchir à des hypothèses comme des réservoirs de virus sous la forme de groupes importants de mammifères (les chauves-souris ou les élevages de visons sont évoqués), dans lesquelles des variants apparaîtraient avant que l'un d'entre eux s'échappe et traverse l'humanité de temps en temps.
[^] # Re: Faut arrêter - même Raoult le reconnait
Posté par ylsul . En réponse au journal toujours pas convaincus par l'Hydroxychloroquine ?. Évalué à -4. Dernière modification le 20 janvier 2021 à 13:35.
Les avis sur l'évolution de l'épidémie s'appuie en gros sur l'une de ces deux conceptions :
Raoult n'a jamais exclu que l'épidémie puisse être saisonnière, il a indiqué que c'était tout à fait possible et que regarder ce qui se passait dans l'hémisphère sud (saisons inversées) était intéressant pour essayer de déterminer si ça allait revenir à l'automne-hiver suivant. Par contre ça n'a rien à voir avec une deuxième vague au sens de la première position (le modèle mathématique). C'est pour ça qu'il parle plutôt de deuxième épidémie, comme pour la grippe.
La distinction est assez importante concernant les mesures à prendre, par exemple quand ça reflue, quelle est l'utilité de maintenir des mesures sanitaires (donc des contraintes) ou de les retirer progressivement si l'épidémie est en train de s'en aller. D'autres questions concernent aussi la question des frontières (fermeture, quarantaine, ...), quand un autre pays est concerné par une épidémie de ce type et que des personnes arrivent de ce pays.
Pour ce qui est d'estimer si sa vision des choses est la plus pertinente, c'est un peu plus délicat. On peut quand même citer ces éléments :