• [^] # Re: Auto édition

    Posté par . En réponse au journal La tentation de l'édition. Évalué à 5.

    Ton premier journal (sept 2008), pose le doigt sur ce qui fait très mal : la misérable rémunération des auteurs ; et aussi sur la réactivité (lente) des maisons d'édition.

    Tu as eu 3 retours positifs pour un ouvrage de niche : c'est un fantastique succès d'estime ! Les deux options de rémunération qui t'ont été faite par l'une de ces maisons ont été tout à fait dans la fourchette usuelle de leur profession. Le jour où l'on se met dans la peau d'un futur éditeur, on se rend compte qu'avec toute la meilleure volonté du monde on ne peut absolument pas offrir plus aux auteurs. C'est ce que j'ai découvert en réalisant qu'un éditeur est quelqu'un qui sous-traite beaucoup de tâches comme la relecture tant pour la mise en français, que l'orthographe voir la composition typographique. Ces sous-traitances sont des gouffres. La seule qui soit visible à nos yeux de néophyte est celle de l'imprimerie mais il y en a bien d'autres. Tout ceci se paie. Tu t'es rendu compte qu'il y avait des limites à solliciter "amicalement" l'entourage. Donc, oui, pour un seul bouquin, une fois dans sa vie, ça passe. Mais pas plus !

    Cet éditeur offrait un forfait de 1500 € ou une rétribution de 1.40€ / ouvrage. Ce qui veut dire qu'il pensait en écouler un millier. D'après ce que tu dis des ventes faites par toi-même, l'estimation de l'éditeur était donc conforme au marché.

    La seconde chose est la réactivité. Là aussi, il y a les usages de la profession d'éditeur. Un délai de deux à trois mois pour réagir à la réception d'un manuscrit est dans la norme. Ce que l'on sait moins et que j'ai découvert dans ma petite expérience, est l'extrême saisonnalité du marché du livre. C'est tout à fait comparable à l'agriculture ! Il y a des périodes phares comme la rentrée littéraire d'automne ou l'approche des vacances d'été. Tout ceci est particulièrement rythmé par les prix littéraires. Alors les éditeurs ont une vision tactique à 1 ou 2 semestres. Ils ont aussi leur propre production à écouler et il leur faut lisser les volumes. S'ils ont passé un deal avec des commerciaux, là aussi ils doivent assurer un certain nombre de nouveautés par an mais pas tout le même mois ! Ils doivent aussi tenir compte des délais de livraison des imprimeurs qui peuvent être extrêmement variables selon que l'on est en saison creuse ou pleine. (Compter de 2 à 8 semaines.) Sur ce dernier point, il parfois souhaitable de reporter la sortie de l'ouvrage de plusieurs mois pour retomber "à la bonne saison".