• [^] # Re: C'est fou...

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal rsync. Évalué à 2.

    Notons que les québécois ont exactement le même défaut : le bon français c'est le leur. Soit-disant parce qu'ils évitent tous les anglicismes. Mais dans le même temps chez eux un spectacle annulé est cancéllé et si ta tenue de sport est assortie on te dira que tes espadrilles (baskets) matchent ton outfit.

    À ceci près que la langue des classes supérieures (et la langue académique notamment) tend beaucoup plus à ressembler au français de France que celle des classes populaires - et que l'usage des anglicismes est plus fort à Montréal qu'ailleurs (sauf dans les villes situées à la frontière de l'Ontario). Une conversation courante entre un Français et un universitaire de Québec verra, dans un certain nombre de cas, peu de différences, accent mis à part.

    Il y a tout de même une hiérarchie (socialement) objective en faveur du français de France.

    Et je suis sûr que ça marche aussi avec l'anglais d'Oxford vs celui de Canberra.

    Il y a effectivement une hiérarchie très forte entre les accents en anglais, tant au niveau national (il existe bien plus d'accents différents au Royaume-Uni qu'en France) qu'international. La différence par rapport au français, c'est qu'il a une dimension moins normative. On se réfère beaucoup moins au canon de la langue - on ne va presque jamais corriger son interlocuteur au nom d'une règle surplombante, par exemple. La hiérarchie (notamment de classe) est extrêmement forte, mais la règle n'est pas, ou beaucoup moins, ancrée dans le marbre.