• [^] # Re: « Vote désastreux en Commission juridique » sur les brevets sur le logiciel

    Posté par . En réponse à la dépêche « Vote désastreux en Commission juridique » sur les brevets sur le logiciel. Évalué à 2.

    Je confirme pour Albert Jacquard, il est très pédagogique sur ce sujet (comme sur d'autres d'ailleurs). C'est un thème récurrent dans sa bibliographie. Voici une citation provenant d'une interview que l'on trouvera sur http://perso.guetali.fr/castjpau/Resscom/jacquard.htm J'espère qu'elle pourra clarifier ce débat, qui sent bon le point Godwin ;-) "Pour les généticiens (exemple François Jacob), le mot " race " a pratiquement disparu, pour des raisons très simples, l'humanité peut être analysée en un ensemble de populations. Si l'on essaie de caractériser chaque population par les gènes qu'elle possède, on s'aperçoit que ce qui les différencie, ce n'est pas qu'elles ont ou pas tel gène, mais qu'elles en possèdent une proportion plus ou moins grande. Par exemple, le gène B est beaucoup plus présent en Asie Centrale qu'en Russie, en Russie qu'en Allemagne, en Allemagne qu'en France. On dira donc que le gène B est plus fréquent dans l'Est que dans l'Ouest. De mêmes écarts apparaissent en ce qui concerne le Rhésus ou tout autre système de gènes. La meilleure façon de définir les races serait donc d'établir une liste de toutes les populations en écrivant en face de chacune toutes les fréquences de tous leurs gènes, et de dire: deux populations sont voisines, donc elles appartiennent à la même " race " si elles ont à peu près les mêmes fréquences pour la plupart des gènes. On peut, selon diverses méthodes mathématiques, calculer la distance génétique entre une population A et une population B. Cette démarche aboutit par exemple chez le chien et permet de regrouper les populations de cockers, de bergers allemands en races. Chez l'homme, par contre on reste dans le brouillard; il n'est pas possible de tracer des frontières entre les populations et ainsi de définir les races; tout simplement parce que les hommes ont trop bougé et échangé de gènes. Il a pu y avoir des races humaines il y a vingt mille ans, mais leurs limites se sont diluées. Cela ne veut pas dire cependant que l'on soit tous pareils! On est tous différents, mais les différences ne sont pas là où on les croit. "