Je suis entièrement d'accord: le succès d'une technologie dépend presque entièrement des circonstances (économiques, culturelles, etc) et non pas de ses qualités techniques intrinsèques (cf. Windows 3.x vs NEXTstep/Geoworks/OS-2/BeOS/etc)
Ceci dit, ces circonstances sont assez nombreuses et inconnues pour ne pas fermer la porte au succès d'un nouvel OS même si, pour un noyau comme Linux, il a quand même fallu attendre 7 ans pour la première tentative d'OS grand public (Mandrake) et plus de 25 ans pour le premier déploiement massif grand public, avec la première release d'Android.
Pour les serveurs, l'intérêt de Linux pour les serveurs est venu beaucoup plus tôt, mais avec également beaucoup plus de concurrent, l'adoption massive de Linux sur les serveurs a quand même mis un peu de temps.
A-t-on besoin de RedoxOS ? Je pense que personne n'a la réponse (en 1991, on n'avait pas besoin d'un OS pour smartphone...).
A-t-on besoin de nouveaux OS ? Je suis convaincu que oui, à cause d'une expérience récente. Après avoir utilisé exclusivement Linux depuis 20 ans et Debian quasi-exclusivement, j'ai voulu tester SmartOS (version allégée de OpenSolaris, et dédiée à l'hébergement de services) il y a quelques mois. J'ai été alors frappé à quel point je m'étais habitué aux défauts de Linux. Cela m'a presque rappelé mon incompréhension face aux utilisateurs de Windows qui prétendaient utiliser un "bon OS" juste parce qu'ils avaient appris à gérer ses défauts.
J'avais donc oublié qu'un OS pour serveurs sert à gérer un CPU, du stockage (volatile et persistent) et du réseau... et c'est tout. Et quelle surprise de découvrir qu'un OS pouvait proposer pour cela (je simplifie à peine) 3 commandes: une pour CPU/RAM, une pour le stockage (zfs) et une pour le réseau. Tout cela, bien sûr avec une doc à jour, cohérente. Du coup, difficile de revenir en arrière... Moi qui était persuadé que Debian était bien parce que documenté (tout bon package doit contenir sa manpage, même si pas à jour), simple (pour démarrer un service, on avait /etc/init.d/... et puis invoke-rc.d et puis aussi systemctl et puis... et puis...), qu'il intègre LVM (hum, alors par-dessus dm, ou tout seul ? Et puis quel FS au-dessus ?). En fait, non, on peut faire beaucoup mieux.
Donc, oui, je pense qu'il y a clairement de la place pour de nouveaux OS, mais ce n'est pas forcément évident de savoir quelle technologie pourra vraiment marquer une différence à l'usage. Donc, bon courage à RedoxOS, surprenez-nous :)
"Liberté, Sécurité et Responsabilité sont les trois pointes d'un impossible triangle" Isabelle Autissier
[^] # Re: Petit point d'histoire sur les circonstances
Posté par Jean Parpaillon . En réponse à la dépêche Redox OS, le prochain système d’exploitation à conquérir le monde ?. Évalué à 10.
Je suis entièrement d'accord: le succès d'une technologie dépend presque entièrement des circonstances (économiques, culturelles, etc) et non pas de ses qualités techniques intrinsèques (cf. Windows 3.x vs NEXTstep/Geoworks/OS-2/BeOS/etc)
Ceci dit, ces circonstances sont assez nombreuses et inconnues pour ne pas fermer la porte au succès d'un nouvel OS même si, pour un noyau comme Linux, il a quand même fallu attendre 7 ans pour la première tentative d'OS grand public (Mandrake) et plus de 25 ans pour le premier déploiement massif grand public, avec la première release d'Android.
Pour les serveurs, l'intérêt de Linux pour les serveurs est venu beaucoup plus tôt, mais avec également beaucoup plus de concurrent, l'adoption massive de Linux sur les serveurs a quand même mis un peu de temps.
A-t-on besoin de RedoxOS ? Je pense que personne n'a la réponse (en 1991, on n'avait pas besoin d'un OS pour smartphone...).
A-t-on besoin de nouveaux OS ? Je suis convaincu que oui, à cause d'une expérience récente. Après avoir utilisé exclusivement Linux depuis 20 ans et Debian quasi-exclusivement, j'ai voulu tester SmartOS (version allégée de OpenSolaris, et dédiée à l'hébergement de services) il y a quelques mois. J'ai été alors frappé à quel point je m'étais habitué aux défauts de Linux. Cela m'a presque rappelé mon incompréhension face aux utilisateurs de Windows qui prétendaient utiliser un "bon OS" juste parce qu'ils avaient appris à gérer ses défauts.
J'avais donc oublié qu'un OS pour serveurs sert à gérer un CPU, du stockage (volatile et persistent) et du réseau... et c'est tout. Et quelle surprise de découvrir qu'un OS pouvait proposer pour cela (je simplifie à peine) 3 commandes: une pour CPU/RAM, une pour le stockage (zfs) et une pour le réseau. Tout cela, bien sûr avec une doc à jour, cohérente. Du coup, difficile de revenir en arrière... Moi qui était persuadé que Debian était bien parce que documenté (tout bon package doit contenir sa manpage, même si pas à jour), simple (pour démarrer un service, on avait
/etc/init.d/...et puisinvoke-rc.det puis aussisystemctlet puis... et puis...), qu'il intègre LVM (hum, alors par-dessus dm, ou tout seul ? Et puis quel FS au-dessus ?). En fait, non, on peut faire beaucoup mieux.Donc, oui, je pense qu'il y a clairement de la place pour de nouveaux OS, mais ce n'est pas forcément évident de savoir quelle technologie pourra vraiment marquer une différence à l'usage. Donc, bon courage à RedoxOS, surprenez-nous :)
"Liberté, Sécurité et Responsabilité sont les trois pointes d'un impossible triangle" Isabelle Autissier