• [^] # Re: Libre != Amateur

    Posté par . En réponse à la dépêche Licences de musique libre. Évalué à 1.

    Je trouve le système commercial du CPI bien meilleur que ce système des licences. Il a fait ses preuves.

    Comparons déjà ce qui est comparable : on ne peut pas comparer un terrain et la maison qui est construite dessus.

    Le système des licences n'est pas une alternative au CPI : les licences sont des contrats, qui sont l'expression concrète de l'usage qui est fait du CPI.

    Lorsque tu crées une oeuvre, par défaut, tu es détenteur de l'ensemble des droits ; si tu veux la publier, il faut aller voir un éditeur, un producteur éventuellement, et tu signes un contrat avec eux. C'est une licence que tu leur accorde. C'est le même type de contrat que tu passes avec tout récipiendaire de ton oeuvre lorsque tu la publies sous une licence quelconque, qu'elle soit "libre" ou non.

    Je ne comprends pas cette opposition que tu fais ; il y a la loi, le régime de protection par défaut, et les contrats que peut passer un auteur sur la base de cette loi (le CPI). Pas d'alternative.

    Le système des licences est en échec aux USA. Il nous a apporté le DMCA, les hyper monopoles et le manque à gagner.

    1. Le DMCA, les hyper-monopole et le "manque à gagner" (hein ?) n'ont rien à voir avec le "système des licences". Ce sont des dérives de la loi (DMCA) et des manques de vigilance des autorités de régulation (monopoles) qui en sont responsables.

    2. On ne jette pas le bébé avec l'eau du bain ; que certains contrats soient mauvais ne signifie pas que "les contrats en général sont mauvais".

    Romain, si tu penses que les partitions ou les paroles sont des oeuvres décisives, pourquoi ne pas leur appliquer la GPL à elles.

    Je ne comprends pas bien le "décisive" ?
    En effet, rien ne m'empêche de distribuer le texte ou la partition sous GPL ou même LAL, et de garder néanmoins pour moi l'exclusivité de _mon_ interprétation (les autres interprétations devant néanmoins, dans ce cas, se soumettre à la licence choisie).
    Mais aucune différence à l'arrivée, si ce n'est que mon interprétation ne peut pas être utilisée comme sa partition.

    Ce faisant tu quittes la Sacem et tu es fragile. Est ce que ca en vaut la chandelle ?

    Je ne suis pas à la SACEM ; j'y rentrerais volontiers le jour où son règlement me permettra de choisir ce que j'apporte à son répertoire.
    Pour ce que ça vaut : c'est à chacun de voir, en fonction de ses objectifs.

    Même RMS en doute : Les problèmes de l'écriture ne sont pas forcément les mêmes que ceux du logiciel.

    Je ne pense pas le contraire. Mais je me situe en terrain d'expérimentation, de questionnement, de doute, pas de constat.

    Mais il serait faux également de penser qu'emprunter les sentiers battus est plus sûr : ça reste également le terrain de l'expérimentation, chaque parcours est différent.

    J'ai peur que pleins de jeunes se fourvoient en pensant qu'ils vont dégotter magiquement un magnifique créneau de diffusion internet.

    Tout dépend de ce qu'ils cherchent : simplement être très diffusés et reconnus, ou expérimenter un rapport différent à la création et au public ?

    En attendant [...], ils vont manger de la vache enragée, briser leurs réflexes de créateurs en mariant samba et techno, s'autocensurer, pour finalement cultiver un ressentiment aberrant contre tout ce qui ressemble de près ou de loin à du propriétaire ou du commercial.

    D'une part, le commercial, ce serait totalement absurde, puisque le problème n'est pas "libre" contre "commercial" ; combien de fois l'aura-t-on déjà dit et redit ?
    D'autre part, un ressentiment contre ce qui est "propriétaire" ? Je pense que ce serait se tromper de "méchant".

    Ce qui favorise l'émergence et la pertinence de la copie, du libre, et du copyleft en particulier, dans la pratique artistique, ce sont, entre autres :
    • un allongement insensé des durées de protection exclusive des oeuvres,
    • une crispation des ayant-droits sur leur domaine, allant parfois jusqu'au déni de la notion de bien public, et de la nécessaire chute de leurs droits,
    • une culture de "fin de l'histoire" qui amène à penser que tout a déjà été fait, et que la re-création passe nécessairement par la ré-utilisation, revendiquée de biens passés ou présents.