Je ne vais pas dire que tu dis des aneries, car ce que tu présentes est peut-être la vision de maisons de disques, mais à mon avis, c'est quelque chose d'indéfendable.
...les pauvres artistes sont particulièrement lésés par le fait que tu n'achètes pas 4 de leurs disques (un pour la maison un pour la voiture un pour ton balladeur cd et un pour la cabane au fond du jardin), il faut donc compenser la perte induite par ce droit.
Je note donc que tu as écrit ça au 1000ème degré, néanmoins je présente ma vision de la chose:
1) le droit à la copie privée existe. C'est un fait. Donc une maison de production (label) doit le savoir. De ce fait, lorsqu'ils produisent un disque, ils ne doivent pas tabler sur un marché potentiel de "taux de pénétration du disque dans les ménages * 4 disques par ménage". S'ils comptent comme plus haut, effectivement, ils ne vont pas avoir les bonnes rentrées. Néanmoins, ceci ne devrait pas être considéré comme un manque à gagner, vu que le client ne doit avoir qu'une copie du disque pour pouvoir l'écouter depuis n'importe quel support personnel.
2) la taxe sur les supports informatiques existe également. Elle va combler le manque à gagner des "artistes". Quel manque à gagner est-il censé combler ?
- Le manque à gagner lié à la copie privée ? Dans ce cas, voir 1 et constater qu'il ne s'agit nullement d'un manque à gagner, mais bien d'un calcul erroné des distributeurs.
- Le manque à gagner lié au piratage (donc copie utilisée en dehors du cadre de la copie privée (amis, collègues, ...)). Dans ce cas, les acheteurs de disques sont taxés pour une utilisation qu'ils ne feront pas nécessairement du support. Si je fais une copie de la distribution Debian (6 CD + 6 CD sources) avec une taxe de 0.27 /heure (réf. http://www.vnunet.fr/actu/article.htm?numero=6697(...) ) soit 0.33 par CD-R 650 Mo / 74 min (0.36 pour un CD-R 700 Mo / 70 min et 0.405 pour un CD-R 800 Mo / 90 min). De ce fait, j'ai 12 CD dont j'ai participé à hauteur de 3.96 pour la taxe "musicale". Je fais également régulièrement des copies de mes photos (privées) sur CD-R, j'utilise à cette fin 5 disques (pour des thèmes variés) de 700 Mo: 1.8 . Lorsque je donne mes photos à mes parents, amis, ... sur CD-R 650 Mo, je participe à chaque fois à cette taxe. Bref: Pourquoi ne serais-je pas dans mon bon droit de faire une copie d'un CD d'un de mes copains (donc hors exception copie privée), lorsque j'ai taxé pour 14 (prix moyen d'un CD de musique moins la TVA et encore, je devrais baisser le prix, car un CD du commerce contient le support, l'emballage, le livret, ...). 14 représente 43 CD-R 650 Mo. 38 CD-R 700 Mo. 35 CD-R 800 Mo. Finallement, une taxe qui punit le consommateur ne tient pas si ce dernier ne peut pas compenser par l'acquisition légalisée du titre qu'il a payé malgré lui. Ce raisonnement risque plus de favoriser le petit piratage que le diminuer. Pour diminuer le petit piratage (par opposition au piratage industriel), il faut punir les contrevenants uniquement et eux seuls et ne pas taxer tous les utilisateurs.
Naturellement, cette vision de punir les véritables contrevenants ne satisfera pas les maisons de disques. Pourquoi ?
- Il est difficile et long (donc chère) de pister le petit pirate (le collégien qui fait une copie du CD d'"A la Recherche des nouveaux Pop Académiciens". Lorsque le contrevenant est identifié, la punition sera trop élevée si bien que l'amende + préjudices ne seront jamais entièrement remboursés.
- Le nombre de support vierge vendus est très très élevés, car utilisés à beaucoup plus de fins qu'uniquement du piratage. La taxe est prélevée au moment de l'achat, donc les labels recevront bien l'argent lorsqu'un CD est vendu.
- Mais aussi, c'est une source de revenu qui pourra augmenter de manière très sensible à l'avenir. Car puisque les gens se sentiront dans leur bon droit de copier des titres dont ils n'ont pas les droits, il y aura cette fois un véritable manque à gagner beaucoup plus grand que celui d'aujourd'hui et les labels ne se gèneront pas de demander une augmentation des taxes, donc un revenu assuré et croissant à l'avenir, même si les labels ne produisent plus rien de vendable.
[^] # Re: Mais dans quel monde vit-on ?
Posté par Lee Nux . En réponse à la dépêche Les disquettes informatiques sont désormais taxées. Évalué à 6.
...les pauvres artistes sont particulièrement lésés par le fait que tu n'achètes pas 4 de leurs disques (un pour la maison un pour la voiture un pour ton balladeur cd et un pour la cabane au fond du jardin), il faut donc compenser la perte induite par ce droit.
Je note donc que tu as écrit ça au 1000ème degré, néanmoins je présente ma vision de la chose:
1) le droit à la copie privée existe. C'est un fait. Donc une maison de production (label) doit le savoir. De ce fait, lorsqu'ils produisent un disque, ils ne doivent pas tabler sur un marché potentiel de "taux de pénétration du disque dans les ménages * 4 disques par ménage". S'ils comptent comme plus haut, effectivement, ils ne vont pas avoir les bonnes rentrées. Néanmoins, ceci ne devrait pas être considéré comme un manque à gagner, vu que le client ne doit avoir qu'une copie du disque pour pouvoir l'écouter depuis n'importe quel support personnel.
2) la taxe sur les supports informatiques existe également. Elle va combler le manque à gagner des "artistes". Quel manque à gagner est-il censé combler ?
- Le manque à gagner lié à la copie privée ? Dans ce cas, voir 1 et constater qu'il ne s'agit nullement d'un manque à gagner, mais bien d'un calcul erroné des distributeurs.
- Le manque à gagner lié au piratage (donc copie utilisée en dehors du cadre de la copie privée (amis, collègues, ...)). Dans ce cas, les acheteurs de disques sont taxés pour une utilisation qu'ils ne feront pas nécessairement du support. Si je fais une copie de la distribution Debian (6 CD + 6 CD sources) avec une taxe de 0.27 /heure (réf. http://www.vnunet.fr/actu/article.htm?numero=6697(...) ) soit 0.33 par CD-R 650 Mo / 74 min (0.36 pour un CD-R 700 Mo / 70 min et 0.405 pour un CD-R 800 Mo / 90 min). De ce fait, j'ai 12 CD dont j'ai participé à hauteur de 3.96 pour la taxe "musicale". Je fais également régulièrement des copies de mes photos (privées) sur CD-R, j'utilise à cette fin 5 disques (pour des thèmes variés) de 700 Mo: 1.8 . Lorsque je donne mes photos à mes parents, amis, ... sur CD-R 650 Mo, je participe à chaque fois à cette taxe. Bref: Pourquoi ne serais-je pas dans mon bon droit de faire une copie d'un CD d'un de mes copains (donc hors exception copie privée), lorsque j'ai taxé pour 14 (prix moyen d'un CD de musique moins la TVA et encore, je devrais baisser le prix, car un CD du commerce contient le support, l'emballage, le livret, ...). 14 représente 43 CD-R 650 Mo. 38 CD-R 700 Mo. 35 CD-R 800 Mo. Finallement, une taxe qui punit le consommateur ne tient pas si ce dernier ne peut pas compenser par l'acquisition légalisée du titre qu'il a payé malgré lui. Ce raisonnement risque plus de favoriser le petit piratage que le diminuer. Pour diminuer le petit piratage (par opposition au piratage industriel), il faut punir les contrevenants uniquement et eux seuls et ne pas taxer tous les utilisateurs.
Naturellement, cette vision de punir les véritables contrevenants ne satisfera pas les maisons de disques. Pourquoi ?
- Il est difficile et long (donc chère) de pister le petit pirate (le collégien qui fait une copie du CD d'"A la Recherche des nouveaux Pop Académiciens". Lorsque le contrevenant est identifié, la punition sera trop élevée si bien que l'amende + préjudices ne seront jamais entièrement remboursés.
- Le nombre de support vierge vendus est très très élevés, car utilisés à beaucoup plus de fins qu'uniquement du piratage. La taxe est prélevée au moment de l'achat, donc les labels recevront bien l'argent lorsqu'un CD est vendu.
- Mais aussi, c'est une source de revenu qui pourra augmenter de manière très sensible à l'avenir. Car puisque les gens se sentiront dans leur bon droit de copier des titres dont ils n'ont pas les droits, il y aura cette fois un véritable manque à gagner beaucoup plus grand que celui d'aujourd'hui et les labels ne se gèneront pas de demander une augmentation des taxes, donc un revenu assuré et croissant à l'avenir, même si les labels ne produisent plus rien de vendable.