Posté par FantastIX .
En réponse au journal Numérique et confinement.
Évalué à 10.
Dernière modification le 25 octobre 2020 à 12:12.
Pour info: j'ai pertinenté, non pas parce que je suis d'accord avec le raisonnement ou avec les conclusions qui sont faites mais parce que le débat a des raisons d'être lancé. En d'autres termes: parce que le contenu de ce journal me pose un profond questionnement.
Je vois plusieurs idées que je qualifierais "à l'emporte-pièce" sans développement:
je ne pense pas que la population aurait accepté un confinement généralisé [...] sans un accès à Internet presque généralisé [...]
Sur base de quoi, concrètement? C'est une opinion, bien sûr, annoncée comme telle (je pense que).
isoler des gens à la maison et au travail sans moyen de communication c'était la révolte garantie.
Le numérique a justement permis le déploiement massif de ces moyens de communication addictifs. Un raisonnement «sans numérique» aurait dû en tenir compte. Alors, quant à la révolte... Qu'est-ce qui permet d'affirmer ça?
En effet, qui supporterait de rester enfermé ainsi, entre quatre murs ?
Admettons, et...? Et si on posait la question inverse? Cette question est lourde de pré-suppositions, de préjugés et de généralisations.
Dans l'imaginaire occidental, substituer les interactions physiques par des discussions numériques semble admis et évident [...]
Ceux qui semblent admettre que c'est évident se sont-ils jamais demandé quelles sont les conséquences psychologiques, mentales, sociales, morales, cognitives (et j'en passe) du remplacement des contacts humains par le virtuel? Ce point aussi est aussi un chemin de débat important. Peut-être même plus que celui du confinement.
Prédire les interactions humaines [...] et baser des décisions politiques [...] c'était auparavant un scénario de science-fiction [...] et c'est aujourd'hui la réalité.
Que d'affirmations... Chacun a sa propre vision de la réalité. Les confronter, au mieux ça donne un débat. Et ici, j'en vois plusieurs.
Mais surtout ceci me fait... tiquer:
[Sans le numérique] pas de décomptes journaliers des contaminations [...]
[Sans les publications scientifiques] on aurait été dans l'incertitude
Ah? Quelles sont les certitudes aujourd'hui? Quel est l'impact sur le moral des citoyens de mesures qui changent régulièrement et bouleversent leur quotidien? Se pourrait-il que le citoyen soit justement en pleine perte de ses repères et que devant cette perte de repères, il est complètement largué? Ces non-incertitudes dont il serait question ici, à qui sont-elles, par qui sont-elles observées?
Et que dire de cet égrènement quotidien des chiffres, bruts de décoffrage, balancé à une audience qui n'a pas été formée pour apprendre à les traiter, avec tout le recul qui s'impose? Je ne prétends pas que l'ignorance est une bénédiction mais il faut rester prudent sur ce genre de déclarations. L'impact sur le moral des troupes a une influence nette sur sa capacité d'encaisser (ça s'appelle les effets contextuels). Et l'état moral d'une personne a une influence démontrée sur sa guérison.
Je passe aussi sur la déferlante d'informations, à laquelle chacun est livré sans plus pouvoir débattre calmement, livré à soi-même et à se faire ses propres conclusions, sans retour éventuel d'autres ou devant une interminable confrontation d'experts de tous bords... Grâce au numérique on en est venu à une situation où il nous est pratiquement impossible de faire le tri sans compétence. On a des montagnes d'infos, oui, sans discernement. Mais au citoyen, ça lui sert à quoi? Il n'a qu'à se démerder avec? C'est ce qu'il fait, bien malgré lui...
personne ne se mettrait dans l'idée de pouvoir tracer les interactions humaines [...] On laisserait les gens se rencontrer comme ils le souhaitent [...]
Admettons. Et?
[tracer les interactions humaines] est déjà fait en ligne pour les interactions sociales sur les réseaux éponymes.
Les buts des uns ne sont pas ceux des autres!
Tiens, parlons-en de la surveillance de masse par les réseaux... sociaux (l'association de ces deux mots m’écœure mais soit). Balancer une telle affirmation est déjà une raison d'en chier une pendule tellement il y a à débattre là-dessus, entre surveillance massive pour le profit des investisseurs, le traçage confié à des sociétés privées, le stockage des données sanitaires sur les serveurs de sociétés commerciales, sans légitimité nationale ni devoir envers la nation d'origine... Ces "réseaux" en ont eu l'idée, oui. Mais il convient de ne pas mélanger tous ces aspects sans faire preuve d'un peu de retenue critique. Il y a une série de différences entre surveiller ses clients (qu'on appelle "utilisateurs") pour leur refiler de la pub1 et tracer le citoyen pour venir à bout d'une maladie contagieuse.
Sans moyens informatiques, qu'est-ce qui permettrait d'affirmer qu'il n'y aurait pas eu de traçage? Cela semble facile d'en parler a posteriori mais c'est un biais classique, à éviter.
La plupart des commerces de proximité se porteraient bien, puisqu'il n'existerait pas de grand magasins en lignes pour faire ses courses « sans contact » [...]
Puisque ? En voilà une preuve irréfutable! Non, monsieur, pardonnez-moi mais c'est un peu léger. Il reste à démontrer si le modèle économique, dans lequel les sociétés commerciales ont tout intérêt, pour faire croître leurs profits, à en absorber d'autres ou à écraser la concurrence, aurait permis à ces petits commerces de survivre en harmonie avec la concurrence effrénée qui existait de toute façons avant même qu'on parle d'informatique... L'effet des grandes surfaces sur les petits commerces a déjà été analysé, bien avant l'avènement des réseaux informatiques tentaculaires (je n'ai pas les références, désolé).
[sans le numérique] les emplois seraient nombreux et occupés par une population peu soumise au chômage.
Celle-ci justifierait à elle seule une étude sociologique, comportementale et économique (pour ne citer que cela) complète.
Les petits commerces n'essayeraient pas de rentrer dans une course perdue d'avance à la numérisation afin de survivre [...]
L'instinct de compétition est bien implanté chez l'humain, le numérique n'est qu'une opportunité de plus. Qu'est-ce qui ferait que le lien entre "numérique et survie" est plus pertinent qu'entre "compétition et survie"? Les commerces font ce qu'ils peuvent, avec les moyens dont ils disposent pour garder la tête hors de l'eau.
[...] les avantages qu'on tire de ces technologies sont-ils si supérieurs face aux inconvénients que nous sommes en train de subir aujourd'hui ?
C'est bien plus complexe que cela. La manière dont cette question est formulée (comme ce journal, AMHA) donne une fausse impression, manichéenne, des nombreuses problématiques en jeu. Et ça n'est pas en quelques commentaires que la réponse jaillira.
1 Extrêmement simpliste, oui. Ça résume, en gros. Très gros.
# Un peu trop simpliste comme raisonnement mais tant qu'à commenter...
Posté par FantastIX . En réponse au journal Numérique et confinement. Évalué à 10. Dernière modification le 25 octobre 2020 à 12:12.
Pour info: j'ai pertinenté, non pas parce que je suis d'accord avec le raisonnement ou avec les conclusions qui sont faites mais parce que le débat a des raisons d'être lancé. En d'autres termes: parce que le contenu de ce journal me pose un profond questionnement.
Je vois plusieurs idées que je qualifierais "à l'emporte-pièce" sans développement:
Sur base de quoi, concrètement? C'est une opinion, bien sûr, annoncée comme telle (je pense que).
Le numérique a justement permis le déploiement massif de ces moyens de communication addictifs. Un raisonnement «sans numérique» aurait dû en tenir compte. Alors, quant à la révolte... Qu'est-ce qui permet d'affirmer ça?
Admettons, et...? Et si on posait la question inverse? Cette question est lourde de pré-suppositions, de préjugés et de généralisations.
Ceux qui semblent admettre que c'est évident se sont-ils jamais demandé quelles sont les conséquences psychologiques, mentales, sociales, morales, cognitives (et j'en passe) du remplacement des contacts humains par le virtuel? Ce point aussi est aussi un chemin de débat important. Peut-être même plus que celui du confinement.
Que d'affirmations... Chacun a sa propre vision de la réalité. Les confronter, au mieux ça donne un débat. Et ici, j'en vois plusieurs.
Mais surtout ceci me fait... tiquer:
Ah? Quelles sont les certitudes aujourd'hui? Quel est l'impact sur le moral des citoyens de mesures qui changent régulièrement et bouleversent leur quotidien? Se pourrait-il que le citoyen soit justement en pleine perte de ses repères et que devant cette perte de repères, il est complètement largué? Ces non-incertitudes dont il serait question ici, à qui sont-elles, par qui sont-elles observées?
Et que dire de cet égrènement quotidien des chiffres, bruts de décoffrage, balancé à une audience qui n'a pas été formée pour apprendre à les traiter, avec tout le recul qui s'impose? Je ne prétends pas que l'ignorance est une bénédiction mais il faut rester prudent sur ce genre de déclarations. L'impact sur le moral des troupes a une influence nette sur sa capacité d'encaisser (ça s'appelle les effets contextuels). Et l'état moral d'une personne a une influence démontrée sur sa guérison.
Je passe aussi sur la déferlante d'informations, à laquelle chacun est livré sans plus pouvoir débattre calmement, livré à soi-même et à se faire ses propres conclusions, sans retour éventuel d'autres ou devant une interminable confrontation d'experts de tous bords... Grâce au numérique on en est venu à une situation où il nous est pratiquement impossible de faire le tri sans compétence. On a des montagnes d'infos, oui, sans discernement. Mais au citoyen, ça lui sert à quoi? Il n'a qu'à se démerder avec? C'est ce qu'il fait, bien malgré lui...
Admettons. Et?
Les buts des uns ne sont pas ceux des autres!
Tiens, parlons-en de la surveillance de masse par les réseaux... sociaux (l'association de ces deux mots m’écœure mais soit). Balancer une telle affirmation est déjà une raison d'en chier une pendule tellement il y a à débattre là-dessus, entre surveillance massive pour le profit des investisseurs, le traçage confié à des sociétés privées, le stockage des données sanitaires sur les serveurs de sociétés commerciales, sans légitimité nationale ni devoir envers la nation d'origine... Ces "réseaux" en ont eu l'idée, oui. Mais il convient de ne pas mélanger tous ces aspects sans faire preuve d'un peu de retenue critique. Il y a une série de différences entre surveiller ses clients (qu'on appelle "utilisateurs") pour leur refiler de la pub1 et tracer le citoyen pour venir à bout d'une maladie contagieuse.
Sans moyens informatiques, qu'est-ce qui permettrait d'affirmer qu'il n'y aurait pas eu de traçage? Cela semble facile d'en parler a posteriori mais c'est un biais classique, à éviter.
Puisque ? En voilà une preuve irréfutable! Non, monsieur, pardonnez-moi mais c'est un peu léger. Il reste à démontrer si le modèle économique, dans lequel les sociétés commerciales ont tout intérêt, pour faire croître leurs profits, à en absorber d'autres ou à écraser la concurrence, aurait permis à ces petits commerces de survivre en harmonie avec la concurrence effrénée qui existait de toute façons avant même qu'on parle d'informatique... L'effet des grandes surfaces sur les petits commerces a déjà été analysé, bien avant l'avènement des réseaux informatiques tentaculaires (je n'ai pas les références, désolé).
Celle-ci justifierait à elle seule une étude sociologique, comportementale et économique (pour ne citer que cela) complète.
L'instinct de compétition est bien implanté chez l'humain, le numérique n'est qu'une opportunité de plus. Qu'est-ce qui ferait que le lien entre "numérique et survie" est plus pertinent qu'entre "compétition et survie"? Les commerces font ce qu'ils peuvent, avec les moyens dont ils disposent pour garder la tête hors de l'eau.
C'est bien plus complexe que cela. La manière dont cette question est formulée (comme ce journal, AMHA) donne une fausse impression, manichéenne, des nombreuses problématiques en jeu. Et ça n'est pas en quelques commentaires que la réponse jaillira.
1 Extrêmement simpliste, oui. Ça résume, en gros. Très gros.