Pour prendre un exemple très concret sur la dernière en date : l'avion à hydrogène. Il faut tester.
Attention, l'hydrogène n'est pas une source d'énergie primaire, il faut donc le produire à partir d'une autre énergie. En 2019, la grande majorité des 75 millions de tonnes d'hydrogène a été produit en mélangeant de la vapeur d’eau et du méthane chauffés très fort en brûlant du gaz, donc en produisant du CO2. L'année précédente, en 2018, la production mondiale de 70 millions de tonnes d’hydrogène ‒ utilisées principalement pour la production d’engrais et le raffinage du pétrole ‒ a engendré l’émission de 800 millions de tonnes de CO2, un chiffre comparable aux émissions du transport aérien commercial (918 millions de tonnes en 2018). Donc pour que l’hydrogène soit décarbonné, il faudrait électrolyser de l’eau avec de l’électricité bas carbone à partir de l'énergie éolienne, hydraulique ou nucléaire.
Dans la cas où Airbus arrive à relever les nombreux défis techniques de l'avion à hydrogène parmi lesquels : la sécurité en vol, le volume d'hydrogène à embarquer qui est quatre fois supérieur à celui du kérosène et la quantité d'énergie pour refroidir et conserver l'hydrogène sous forme liquide... Il reste un problème d'échelle, arriver à produire assez d'hydrogène pour faire voler 23 000 appareils actuellement et faire voler à près de 47 680 d'ici à 2038.
Dans son article « Sus à l’hydrogène ! », Jean-Marc Jancovici, a calculé qu'en France, pour remplacer tous nos carburants par de l’hydrogène obtenu par électrolyse à partir d’électricité éolienne, il faudrait multiplier par 15 la puissance installée en France d'éoliennes, et doubler la production électrique totale.
J'ignore combien d'éoliennes il faudrait installer pour faire produire l'hydrogène pour alimenter 23 000 avions aujourd'hui, ou 47 680 d'ici à 2038, mais cela semble tout simplement titanesque.
Donc l'avion à hydrogène est aujourd'hui une belle tarte à la crème technologique, car les nombreux défis techniques pour le concevoir ne sont pas résolus et que la production d'hydrogène bas carbone pour faire voler 23 000 avions n'est pas possible.
[^] # Re: Attention aux tartes à la crème technologique
Posté par Bruno Ethvignot (site web personnel) . En réponse au lien Transports - Oceanbird, cargo transatlantique 100% éolien. Évalué à 5. Dernière modification le 20 octobre 2020 à 12:53.
Attention, l'hydrogène n'est pas une source d'énergie primaire, il faut donc le produire à partir d'une autre énergie. En 2019, la grande majorité des 75 millions de tonnes d'hydrogène a été produit en mélangeant de la vapeur d’eau et du méthane chauffés très fort en brûlant du gaz, donc en produisant du CO2. L'année précédente, en 2018, la production mondiale de 70 millions de tonnes d’hydrogène ‒ utilisées principalement pour la production d’engrais et le raffinage du pétrole ‒ a engendré l’émission de 800 millions de tonnes de CO2, un chiffre comparable aux émissions du transport aérien commercial (918 millions de tonnes en 2018). Donc pour que l’hydrogène soit décarbonné, il faudrait électrolyser de l’eau avec de l’électricité bas carbone à partir de l'énergie éolienne, hydraulique ou nucléaire.
Pour information, Supaero-Decarbo , un collectif d'ingénieurs de l'aéronautique doute fortement que le concept d'avion à hydrogène d'Aribus ZEROe permette de réduire nos émissions de gaz à effet de serre de 5 % par an jusqu'en 2050, lire le document « ZEROe et le monde de demain ». À lire aussi « Toulouse : des chercheurs critiquent Airbus pour sa promotion de l'avion à l'hydrogène ».
Dans la cas où Airbus arrive à relever les nombreux défis techniques de l'avion à hydrogène parmi lesquels : la sécurité en vol, le volume d'hydrogène à embarquer qui est quatre fois supérieur à celui du kérosène et la quantité d'énergie pour refroidir et conserver l'hydrogène sous forme liquide... Il reste un problème d'échelle, arriver à produire assez d'hydrogène pour faire voler 23 000 appareils actuellement et faire voler à près de 47 680 d'ici à 2038.
Dans son article « Sus à l’hydrogène ! », Jean-Marc Jancovici, a calculé qu'en France, pour remplacer tous nos carburants par de l’hydrogène obtenu par électrolyse à partir d’électricité éolienne, il faudrait multiplier par 15 la puissance installée en France d'éoliennes, et doubler la production électrique totale.
J'ignore combien d'éoliennes il faudrait installer pour faire produire l'hydrogène pour alimenter 23 000 avions aujourd'hui, ou 47 680 d'ici à 2038, mais cela semble tout simplement titanesque.
Donc l'avion à hydrogène est aujourd'hui une belle tarte à la crème technologique, car les nombreux défis techniques pour le concevoir ne sont pas résolus et que la production d'hydrogène bas carbone pour faire voler 23 000 avions n'est pas possible.