• [^] # Re: Si le gouvernement est sérieux sur la question de la souveraineté

    Posté par (Mastodon) . En réponse au journal Mon chemin vers la liberté informatique. Évalué à 10.

    Par ailleurs, on parle beaucoup ici de brevets logiciels qui restent non valides en Europe.

    C'est comme la rétro-ingénierie : interdite aux USA, mais parfaitement légale et protégée en Europe (pour des raisons d'interopérabilité etc.).

    La souveraineté, jusqu'à un certain point de non absurdité, en Europe c'est pas si difficile.
    Mais il y a un retard assez énorme à rattraper : par exemple Qwant à qui on demande d'être aussi efficace et pertinent que Google alors qu'il est tout jeune, ils sont dans une situation très difficile dès la création, et ça va forcément demander du temps avant qu'ils répondent à tout ce qu'on peut leur demander (éthique, efficacité, etc.), et sans la puissance commerciale de Google puisqu'il ne s'agira pas de créer une nouvelle régie publicitaire.

    Mais par exemple, pour la régie publicitaire, en France il y a Criteo, tout aussi pourri dans le concept qu'un Google, tout aussi efficace pour ce qui est de la publicité. L'alternative « souveraine » est déjà là.

    Pour les clouds, il « suffirait » de booster un peu politiquement nos spécialistes du domaine, on n'en a pas qu'un, et ça fonctionne, ce n'est simplement pas à la même échelle qu'un Microsoft, Amazon ou Alphabet : OVH, Free (Online) pour ne citer que les deux plus gros, et uniquement français.
    Pareil pour Amazon ou Alibaba : CDiscount est énorme et fait très bien le boulot avec aussi peu d'éthique et de moralité que ses concurrents, et un pouvoir commercial délirant pour une simple entreprise (environ le même CA qu'alibaba, et un tiers d'Amazon à eux deux).

    Bref, il « suffit » d'arrêter d'acheter à tire-larigot des licences Microsoft et de passer tout le monde sous Linux (on parle au niveau du gouvernement, pas des particuliers, donc l'armée, l'éducation nationale, les ministères et autres administrations), et d'interdire les boîtes mail google ou live dans la fonction publique (ce qui est souvent déjà le cas avec des adresses mails internes, par académies, ministères, en gouv.fr etc.).

    Mais par contre il ne faut faire des effets d'annonce en claquant quelques malheureuses dizaines de millions d'euros dans des structures forgées de toute pièce en disant que ça va remplacer tel ou tel GAFAM.
    Ou de faire des annonces inverses en disant que seul un GAFAM peut répondre à tel ou tel appel d'offre du gouvernement (le stockage des données médicales, l'éducation nationale, l'armée, pour ne citer que les plus gros ou récents).

    Parce qu'il est là le problème : un effet d'annonce pour dire qu'on veut de la souveraineté, et derrière des contrats avec Microsoft sans possibilité de concurrence.
    Les boîtes françaises ne deviendront jamais des concurrents crédibles si déjà notre gouvernement ne leur fait pas confiance. Et ça se reproduit aussi au niveau Européen.

    Bref : le gouvernement n'est absolument pas sérieux en ce qui concerne la souveraineté numérique, sinon ça serait déjà largement avancé. Et c'est le seul réel point bloquant de toute cette communication souveraine.
    Parce que clairement, on a toute souveraineté sur le contrôle de notre langue de bois ^

    • Yth.