C'est très intéressant. Ça confirme également à quel point les règlements européens ne sont pas ultra-libéraux, contrairement à ce que beaucoup de gens répètent sans comprendre. Ils sont profondément imprégnés d'ordolibéralisme (on peut probablement invoquer la dominance Allemande).
Il faut bien voir à quel point de tels règlements s'opposent au fonctionnement "naturel" du capitalisme. Dans une économie complètement libérale, les entreprises sont libres de signer des contrats de partenariat qui les avantagent : Microsoft avec les assembleurs de machines pour fournir un OS préinstallé, un assureur avec un constructeur de voiture pour signer une police d'assurance en même temps que l'achat d'un véhicule, etc. Il est courant de lire que ce genre de partenariats nuit au consommateur, mais ça n'est pas si évident que ça (pour les non-geeks); pour preuve, la vente liée dans certains domaines n'est pas forcément condamnée par les tribunaux de commerce, parce que la preuve de la nuisance n'est pas convaincante (en fait, on prive les consommateurs avertis d'une liberté—toute relative, puisque la concurrence peut jouer à un autre niveau --, mais on fait bénéficier aux autres d'une offre commerciale et d'une facilité des démarches, qui est un service que certains consommateurs apprécient). Bref, tout ça pour dire qu'il semblerait naturel que les FAI et autres opérateurs puissent signer des contrats avec les grands sites consommateurs de bande passante, ce qui permettrait en particulier de financer les lourds investissements de connexion entre les data centers des sites et les noeuds des opérateurs (on se souvent de la bataille entre Free et Youtube).
Il y a quand même une lecture alternative de cette décision : elle entérine le fait que c'est au consommateur (via le FAI ou l'opérateur téléphonique) de payer l'intégralité de la connexion jusqu'aux data centers des plateformes. N'est-ce pas un cadeau aux GAFAM, indirectement?
# Règlement anti-libéral?
Posté par arnaudus . En réponse au lien La justice européenne confirme que le «trafic gratuit» enfreint les règles sur la neutralité du net. Évalué à 8.
C'est très intéressant. Ça confirme également à quel point les règlements européens ne sont pas ultra-libéraux, contrairement à ce que beaucoup de gens répètent sans comprendre. Ils sont profondément imprégnés d'ordolibéralisme (on peut probablement invoquer la dominance Allemande).
Il faut bien voir à quel point de tels règlements s'opposent au fonctionnement "naturel" du capitalisme. Dans une économie complètement libérale, les entreprises sont libres de signer des contrats de partenariat qui les avantagent : Microsoft avec les assembleurs de machines pour fournir un OS préinstallé, un assureur avec un constructeur de voiture pour signer une police d'assurance en même temps que l'achat d'un véhicule, etc. Il est courant de lire que ce genre de partenariats nuit au consommateur, mais ça n'est pas si évident que ça (pour les non-geeks); pour preuve, la vente liée dans certains domaines n'est pas forcément condamnée par les tribunaux de commerce, parce que la preuve de la nuisance n'est pas convaincante (en fait, on prive les consommateurs avertis d'une liberté—toute relative, puisque la concurrence peut jouer à un autre niveau --, mais on fait bénéficier aux autres d'une offre commerciale et d'une facilité des démarches, qui est un service que certains consommateurs apprécient). Bref, tout ça pour dire qu'il semblerait naturel que les FAI et autres opérateurs puissent signer des contrats avec les grands sites consommateurs de bande passante, ce qui permettrait en particulier de financer les lourds investissements de connexion entre les data centers des sites et les noeuds des opérateurs (on se souvent de la bataille entre Free et Youtube).
Il y a quand même une lecture alternative de cette décision : elle entérine le fait que c'est au consommateur (via le FAI ou l'opérateur téléphonique) de payer l'intégralité de la connexion jusqu'aux data centers des plateformes. N'est-ce pas un cadeau aux GAFAM, indirectement?