• [^] # Re: Peut mieux faire

    Posté par . En réponse au lien Calculateur de bilan carbone individuel de l’ADEME. Évalué à 5.

    Il va falloir s'y mettre, on peut plus continuer avec le pétrole :)

    un ouvrage de référence :
    Le cyclisme, Théorique et pratique, L.Baudry de Saunier, 1893.

    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k147827w

    Une petite mise en bouche :

    Chapitre premier, de l'importance de la question cycliste.

    Le cyclisme est devenu tout d'un coup en France, et par suite dans le monde entier, ainsi qu'il en est l'habitude, une question si volumineuse qu'un écrivain ne peut guère être certain de posséder des bras assez larges pour l’envelopper toute entière.

    En deux années, la vélocipédie a pris de telle proportion qu'un nom nouveau lui est désormais nécessaire : elle change d'habit, en prend un plus large, plus sérieux et plus élégant, celui de cyclisme !

    La vélocipédie était autrefois pour beaucoup de gens une forme ingénieuse de la gymnastique, un passe-temps réservé, il faut l'avouer, à la partie débraillée de la société. Le cyclisme est aujourd'hui pour tout le monde un mode de locomotion nouveau, des plus sérieux et des plus économiques, bientôt un instrument de révolution des rapports sociaux, analogue à celui des chemins de fer et des transatlantiques. « Le sport vélocipédique, écrit le Dr Morrache, regardé d'abord avec quelque dédain par les gens qui font profession d'être « sérieux », s'est imposé maintenant par les services qu'il rend tous les jours, par ceux qu'il est appelé à rendre. Il fait partie de cet ensemble de moyens à l'aide desquels nous poursuivrons la culture physique de notre jeunesse, culture sans laquelle, j'ose le dire, le seul progrès intellectuel est incomplet, sinon dangereux parfois.»

    Le cyclisme s'est présenté à la porte des plus sévères maisons et est entré en vainqueur : le ministère de la guerre l'a accueilli, lui qui autrefois par la fenêtre criait au vélocipède qu'il n'était qu'un joujou ! Le cyclisme à pénétré dans tout les pays, dans toutes les familles et partout il a fait la bombe. Le feu a couvé plus d'un siècle : le cyclisme éclate aujourd'hui, et les plus rétrogrades des conservateurs sentent un vent de révolution frôler leur joue. Les vieillards le maudissent, car leurs jambes se refusent à se ployer aux exigences d'une pédale : Le cyclisme hausse les épaules et leur répond qu'il n'est pas fait pour eux, qu'il est trop vert ! Les rares jeunes gens qui considèrent encore la petite selle cycliste comme une liaison mauvaise s'avouent, aux heures de pleine franchise, que la conscience s'octroye de jour en jour, que leur os sont trop faibles, que leur poitrine manque de ces bons soufflets de vie qu'on nomme des poumons sains, ou que leur porte-monnaie est plat et qu'on lui sent trop le fermoir sous la peau pour affronter jamais le catalogue d'un marchant de cycles !

    La faiblesse physique ou la faiblesse pécuniaire sont donc désormais les deux seuls ennemis du sport vélocipédique. Dans toute conversation qui met en pièces le cyclisme, cherchez, vous découvrirez l'une ou l'autre infirmité.

    Faut pas gonfler Gérard Lambert quand il répare sa mobylette.