• [^] # Re: neutron

    Posté par . En réponse à la dépêche Jouons sous GNU/Linux : le bottin des jeux. Évalué à 5. Dernière modification le 25 août 2020 à 17:35.

    Oh, quand ils s’adressent à des développeurs c’est plutôt transparent en effet. Mais ce n’est plus du tout le cas quand ils s’adressent aux joueurs.

    Comme je l'ai écrit, la majorité des joueurs s'en cognent des détails techniques. L'important, c'est que "ça juste marche". Et c'est plutôt réussi de ce point de vue là.

    Par ailleurs, c'est le cas de beaucoup de softs d'être forkés par d'autres projets sans que la communication grand public ne mentionne les technos originales (bien que la communication technique puisse le mentionner). C'est complexifier inutilement un domaine déjà peu accessible aux profanes. Wine est parfaitement cité pour ceux dont la technique intéresse.

    Bof, PlayOnLinux le faisait depuis longtemps, sans l’appui d’un monopole quasi-total sur la vente de jeux vidéo sur PC

    Aussi bien ? Je peux l'affirmer sans sourciller, faisant parti de l'équipe de modération de PlayOnLinux et étant un petit contributeur de scripts : non.

    Il faut se mettre l'espace d'un instant à la place d'un utilisateur lambda, entre :
    - Lancer Steam et cliquer sur son jeu pour l'installer et le lancer "comme sous Windows" sans se soucier de la compatibilité de la plateforme
    - Lancer POL, trouver le script adéquat (en éspérant qu'il fonctionne encore aujourd'hui...), l'installer, devoir éventuellement configurer à la main la version de Wine utilisée parce que trop dépassée, configurer d'éventuelles dépendances manquantes, installer Steam.exe dans le profil dédié puis installer le jeu en priant pour qu'il se lance...

    Il y a un monde. Un monde que tu es sans doute capable de surmonter, moi aussi. Mais pas nécessairement l'utilisateur lambda. Proton apporte une expérience utilisateur équivalente pour les jeux Windows sous Linux sous Steam par rapport à un Steam natif Windows. Il n'y a pas besoin de changer ses habitudes, il n'y a pas besoin de comprendre ce qui se passe sous le capot.

    POL oblige à changer ses habitudes et demande un petit peu d'effort de compréhension (rien d'incroyable certes mais va expliquer que le Steam.exe que POL va installer ne va pas effacer le Steam installé sur ta distribution Linux à un utilisateur lambda, que pour tel jeu il faut passer par POL et pour tel jeu par son Steam natif...).

    C'est là que Proton fait fort et c'est en ça qu'il a reçu un bon accueil : il a rendu le jeu (via Steam) sous Linux aussi facile que sous Windows en respectant les habitudes des utilisateurs.

    Ce genre de "culte" d’une entreprise m’en rappelle une autre qui est elle aussi spécialiste des "révolutions" qui n’inventent rien ;)

    Il n'y a aucun culte. C'est simplement factuel : Valve a réussi à mettre au point une solution pour jouer aux jeux Windows sous Linux qui s'intègre parfaitement à son lanceur et qui ne demande aucune compétence particulière, aucun changement d'habitude. Wine est un formidable outil qui ne cesse de m'émerveiller chaque jour mais il n'est pas facilement utilisable par tout un chacun. Valve a résolu ce problème pour sa plate-forme.

    Et, comme je l'ai écrit également dans mon message précédent, Valve contribue à Wine et DXVK. Si nos jeux tournent mieux sous Wine/Proton aujourd'hui, Valve a apporté et continue d'apporter sa pierre à l'édifice. Indirectement, Proton profite donc à tous les jeux Windows lancés sous Linux.

    Sans doute que pour les utilisateurs aguerris et ou plus techniques, ça semble être bien peu de choses. Oui, techniquement, Proton n'a rien d'incroyable, c'est parfaitement vrai. Mais ce n'est pas pour cet aspect qu'il est intéressant.

    J'ajouterai qu'en tant que joueur, je veux juste jouer et pas passer du temps à faire de la maintenance sur tous mes jeux. Je l'ai fait pendant une bonne dizaine d'années et si c'est toujours gratifiant d'arriver à faire fonctionner un jeu après plusieurs heures de bidouilles, c'est quand même vachement agréable de "cliquer et jouer".

    Pour revenir sur ce "culte", il y a bien des critiques à émettre pour Valve (taux de commission, choix de modèles économiques pour certains jeux comme Artifact, l'inutile SteamOS...) et les bivalves habitués de ma prose savent que je ne me fais pas prier pour tacler le monde de l'entreprise en général. Mais je sais aussi reconnaître quand il en sort des bonnes choses. Valve a amélioré mon quotidien de joueur avec Proton : il a mis fin à la maintenance de mes installations de jeux, il améliore les performances de mes jeux via ses patchs...

    Il faut bien comprendre que la valeur ajoutée de Proton n'est pas dans la technique mais dans son intégration et dans l'expérience utilisateur aujourd'hui inégalée. Ce qui n'enlève rien à l'incroyable qualité technique de Wine pour autant.

    La majeure partie des morts l'était déjà de son vivant et le jour venu, ils n'ont pas senti la différence.