L'hydrolique (7%) + autres renouvables (4%), c'est 11%, donc presque 3 fois plus que le nucléaire qui fait 4%. La question, c'est pas de dire que 4% c'est rien, mais plutôt 4% couplé à certains inconvénients ça vaut pas le coup.
Les énergies renouvelables, en plus d'être renouvelables, font en général beaucoup moins polémique que le nucléaire pour des raisons prévisibles : qu'on soit d'accord ou non, une énergie qui a failli faire évacuer la ville de Bordeaux suite à une tempête il y a une vingtaine d'années, c'est pas facile à faire accepter à la plupart des gens, peu importe les stats de morts réels au niveau mondial (même pas fiables au point d'éviter des polémiques de toutes façons). Aucune autre énergie partage ce style "sûr mais avec petit risque de catastrophe pour une grosse ville" qui est très difficile à accepter pour l'humain (déjà l'hydrolique est pas facile à faire accepter alors que le risque de catastrophe n'affecte que moins souvent des zones très peuplées et la durée de la catastrophe n'est pas comparable).
Que la solution soit acceptée (même par les gens qui comprennent rien aux stats), c'est important pour sa viabilité à grande échelle (ça sert à rien de doubler le nucléaire si c'est juste en France et deux-trois amis); ces technologies sont aussi plus simples avec moins de soucis pour que chaque pays s'approprie les technologies sans créer de dépendances trop contraignantes : un argument en plus pour douter du futur du nucléaire à grande échelle. La croissance des renouvelables est actuellement déjà bien plus rapide, ce qui au vu de tout ça, n'est pas surprenant.
Éliminer 80% de la consommation actuelle, c'est pas vraiment de la science-fiction (enfin, ça l'est politiquement peut-être, mais pas techniquement). S'il faut attendre un peu pour se mettre d'accord comment remplacer les derniers 9% d'énergie fossile avec des renouvelables ou autre, ça semble moins urgent que faire disparaître d'abord ce 80% de trop. Après, tu peux me dire du coup que je triche, au sens mes arguments pour le non-futur du nucléaire font aussi appel à des considérations politiques, et c'est pas faux. Qui sait, peut-être qu'on aura une catastrophe significativement plus grosse parce qu'on aura pas fait passer le nucléaire de 4% à 6%, mais bon, pour le coup, croire que ce 2% aura un effet à ce point significatif et impossible à mitiger avec plus de renouvelables et/ou moins de consommation, c'est à mon avis pas moins naïf que d'avoir peur qu'on ait une cinquantaine de catastrophes nucléaires terribles dans les décennies qui viennent.
En quoi ? C'est d'autant plus étrange que certains pays justement s'y mettent de plus en plus. Chine, Russie, Europe de l'Est pour remplacer le charbon, etc.
Honnêtement, j'y croirai quand la part du nucléaire augmentera significativement. En attendant, ça reste surtout des projets en cours dans un petit nombre de pays après une longue période de stagnation; pour autant que je puisse en juger, ça peut finir en fiasco avec quelques malins qui font des sous avec la construction et des retours sur investissement mitigés pour les États. Si les 150 en projet dont juste 50 en construction réussissent à contrebalancer les futures fermetures et leur coût, je serais déjà surpris.
[^] # Re: N'importe quoi...
Posté par anaseto . En réponse au lien Électricité bas carbone et vision politique en cette période de canicule. Évalué à 3. Dernière modification le 11 août 2020 à 16:03.
L'hydrolique (7%) + autres renouvables (4%), c'est 11%, donc presque 3 fois plus que le nucléaire qui fait 4%. La question, c'est pas de dire que 4% c'est rien, mais plutôt 4% couplé à certains inconvénients ça vaut pas le coup.
Les énergies renouvelables, en plus d'être renouvelables, font en général beaucoup moins polémique que le nucléaire pour des raisons prévisibles : qu'on soit d'accord ou non, une énergie qui a failli faire évacuer la ville de Bordeaux suite à une tempête il y a une vingtaine d'années, c'est pas facile à faire accepter à la plupart des gens, peu importe les stats de morts réels au niveau mondial (même pas fiables au point d'éviter des polémiques de toutes façons). Aucune autre énergie partage ce style "sûr mais avec petit risque de catastrophe pour une grosse ville" qui est très difficile à accepter pour l'humain (déjà l'hydrolique est pas facile à faire accepter alors que le risque de catastrophe n'affecte que moins souvent des zones très peuplées et la durée de la catastrophe n'est pas comparable).
Que la solution soit acceptée (même par les gens qui comprennent rien aux stats), c'est important pour sa viabilité à grande échelle (ça sert à rien de doubler le nucléaire si c'est juste en France et deux-trois amis); ces technologies sont aussi plus simples avec moins de soucis pour que chaque pays s'approprie les technologies sans créer de dépendances trop contraignantes : un argument en plus pour douter du futur du nucléaire à grande échelle. La croissance des renouvelables est actuellement déjà bien plus rapide, ce qui au vu de tout ça, n'est pas surprenant.
Éliminer 80% de la consommation actuelle, c'est pas vraiment de la science-fiction (enfin, ça l'est politiquement peut-être, mais pas techniquement). S'il faut attendre un peu pour se mettre d'accord comment remplacer les derniers 9% d'énergie fossile avec des renouvelables ou autre, ça semble moins urgent que faire disparaître d'abord ce 80% de trop. Après, tu peux me dire du coup que je triche, au sens mes arguments pour le non-futur du nucléaire font aussi appel à des considérations politiques, et c'est pas faux. Qui sait, peut-être qu'on aura une catastrophe significativement plus grosse parce qu'on aura pas fait passer le nucléaire de 4% à 6%, mais bon, pour le coup, croire que ce 2% aura un effet à ce point significatif et impossible à mitiger avec plus de renouvelables et/ou moins de consommation, c'est à mon avis pas moins naïf que d'avoir peur qu'on ait une cinquantaine de catastrophes nucléaires terribles dans les décennies qui viennent.
Honnêtement, j'y croirai quand la part du nucléaire augmentera significativement. En attendant, ça reste surtout des projets en cours dans un petit nombre de pays après une longue période de stagnation; pour autant que je puisse en juger, ça peut finir en fiasco avec quelques malins qui font des sous avec la construction et des retours sur investissement mitigés pour les États. Si les 150 en projet dont juste 50 en construction réussissent à contrebalancer les futures fermetures et leur coût, je serais déjà surpris.