• [^] # Re: N'importe quoi...

    Posté par . En réponse au lien Électricité bas carbone et vision politique en cette période de canicule. Évalué à 6.

    J'ai l'impression que ta réponse, et celle de la plupart des autres, passe à côté (ou trop vite) de l'argument principal : la sur-consommation d'énergie. Pour réfuter l'argument, il faut au minimum s'intéresser au pourcentage de consommation qu'on pourrait éliminer. Si ce pourcentage est petit, en effet, alors on pourrait dire que c'est hors sujet. Mais, pour autant que je sache, c'est plutôt le contraire : le pourcentage est énorme, au point que la quantité obtenue avec l'énergie nucléaire au final est assez négligeable, donc garder le nucléaire ou le mettre par terre va pas tellement changer la donne.

    Deux points : 1) la consommation électrique est faible par rapport à la non-électrique, 2) au niveau mondial, la part du nucléaire est faible même pour ce qui est de l'électrique. Conclusion, au niveau de la consommation totale mondiale le nucléaire, c'est que dalle.

    Je comprends qu'on puisse dire, ah mais oui, mais du moins en france, au moins pour ce qui est de l'électrique, le nucléaire est important et nous permet d'émettre moins de CO2. Sauf que, la question du CO2, c'est au niveau mondial qu'il faut la voir et là, aucune chance de voir la solution nucléaire avoir un quelconque impact à grande échelle internationale. Donc, personnellement, même si j'ai pas les connaissances pour assurer que le nucléaire est dangeureux ou non par rapport à d'autres énergies, j'ai l'impression que je peux par contre assurer que gaspiller des efforts à défendre cette énergie (du moins de la technologie actuelle) va avoir un impact négligeable à l'échelle planétaire, donc peut-être que ça serait mieux d'essayer de se concentrer sur des solutions plus facilement généralisables ; la première étant, réduire la consommation, la deuxième étant participer à améliorer et rendre moins problématiques les énergies qu'utilise le reste de la planète, plutôt que travailler tout seul dans son coin à une énergie qu'on rêverait de voir généralisée sans y croire.

    D'autant que pour résoudre la question du climat, il faudra consommer moins mais aussi décarboner des usages de base qui restent nécessaires comme l'industrie ou le transport. Et une partie de la solution (outre de baisse de consommation) est d'électrifier ces secteurs en partie avec de l'énergie bas carbone. Notamment le chauffage (pompes à chaleur) et une partie du transport comme ceux en commun.

    De mémoire, 1) le transport consomme beaucoup plus que nécessaire : le remplacement de voiture individuelle par transport public dans les villes et le remplacement des camions par des trains pour les longues distances, c'est pas une amélioration négligeable, ça aurait beaucoup plus d'effet pour décarbonner qu'une hypothétique électrification du secteur (il nous faudrait multiplier la part actuelle du nucléaire dans l'énergie totale d'un demi-ordre de grandeur même en france où le secteur est particulièrement présent).

    Tu parles de pratiques qui n'existent plus depuis longtemps en Europe. On a merdé par le passé sur le sujet (comme sur d'autres), en quoi est-ce un argument pour aujourd'hui ou demain ?

    Le passé nous dit non seulement de quelles erreurs est capable l'être humain, mais aussi qu'il est capable de faire les mêmes erreurs plusieurs fois. Vu que génétiquement on reste à peu près les mêmes, ça nous dit qu'on peut refaire les mêmes erreurs plus tard. C'est pas une garantie qu'on refera les mêmes erreurs, mais au minimum une bonne raison de considérer la probabilité non négligeable.

    Bref, peut-être que le nucléaire est pas si dangereux et qu'il y a de bonnes raisons de penser qu'on va pas refaire certaines erreurs, mais, avant de réfléchir si ça vaut le coup de faire des efforts pour évaluer la question et faire l'effort de vérifier ces affirmations, j'aimerais être au moins convaincu de son utilité et viabilité (tant d'un point de vue technique que politique) à grande échelle, autrement, c'est juste de la satisfaction intelectuelle.