• # Bilan et projection

    Posté par . En réponse au journal Covid-19 : bon, mais alors ? Ça repart ou pas ?. Évalué à 7. Dernière modification le 25 juillet 2020 à 10:55.

    Merci pour cette analyse et son partage.

    Pour pouvoir faire plus qu'un bilan, donc faire une projection, il faut nécessairement injecter des estimations voir de simples idées. Et là nous ne sommes plus du tout dans l'analyse factuelle, chiffrée et vérifiable (dans ce contexte particulier, dans d'autres c'est jouable avec certitude bien sûr). Seul le R0 est une donnée s'approchant d'un fait qui permette une projection.
    C'est normal de ne voir que ce type d'analyse dans les médias, cela sera un peu osé de faire des projections. C'est normal de lire peu d'hypothèses par des infectiologues, cela pourrait être source de confusion pour le public (et en plus, avec l'ambiance ressentie actuelle sur les médias sociaux, ils seront nombreux à critiquer à postériori s'il manquait une virgule dans une hypothèse prédictive) Cependant rien n'empêche de se faire soi-même cette analyse, qui n'est pas de l'infectiologie et ne relève que de la logique.

    Type d'éléments indispensables à une projection et sans chiffres, juste des idées :

    • rassemblements publics nombreux : restaurants, bars, salles de sports, .. dans lesquels les mesures préventives ne sont pas appliquées.
    • population rencontrée en majorité dans ces espaces recevant du public

    Il s'agit donc ici de mouvements de population, de flux.
    On comprend bien que la jeunesse est le public majoritaire de ces espaces. Or on sait que c'est dans cette population que l'on trouve le plus de porteurs sains (asymptomatiques ou à faibles symptômes.)

    • dimension sociale, en majorité il s'agit de famille rassemblant au moins deux tranches d'âges distinctes.

    Le virus ayant pu circuler dans les bars et restaurants de manière plus importante, cela augmente le nombre de personnes porteuses souvent à faibles symptômes, qui elles-mêmes retournent chez elles. Au contact de gens d'une autre tranche d'âge.

    Donc en résumé : cette situation diffère de celle d'avant le confinement, nous sommes maintenant, et depuis 3 semaines, dans une situation où le nombre de cas asymptomatiques ou à faibles symptômes augmente très probablement en premier.

    Voilà.

    Il faut du coup s'abstenir d'essayer de chiffrer ça, cela deviendrait pifométrique, restons donc dans la seule logique.
    Au final, cela met en exergue le besoin d'analyse de la circulation virale, donc de la circulation et des inter-actions humaines, éléments centraux permettant d'anticiper (et pas seulement d'analyser)

    Pourtant des chiffres existent : dans les clusters identifiés où les actions de traçage ont été lancées et des tests pcr fait sur tout les contacts. "Nous" avons là des éléments qui permettent de consolider ce qui n'est que de la logique par des chiffres fiables : âge et état de santé de chaque personne dépistée positive, et leurs vies/habitudes sociales.
    Mais ces chiffres et stats ne semblent pas publiques, pas publiées du moins. Ils existent cependant, et permettent de faire une meilleure analyse projective, d'anticipation.

    Conclusion : si les autorités sanitaires disent qu'il y a un risque réel de voir repartir à la hausse le nombre de cas, il faut leur faire confiance. Même si ce résumé semble bien vague et même si le bilan non-projectif est bien rassurant.
    ( à la marge on peut aussi comprendre la difficulté de la communication)