• [^] # Re: le principe "KISS" est-il devenu obsolète?

    Posté par (site web personnel) . En réponse au lien Grandeur et décadence de Linux (et j'ajoute: sic transit Linux regnum). Évalué à 10.

    J'ai du mal à mesurer ce que j'ai gagné à utiliser entre autres quotidiennement des meta-commandes comme systemctl, journalctl, firewall-cmd etc pour gérer des services allant des plus essentiels au système jusqu'aux interfaces réseaux/dns, chercher dans les logs, écrire des règles de filtrage....

    Peut être que tu n'as rien gagné toi personnellement dans l'affaire, mais d'autres oui. On a tous nos besoins, certains sont très contents de fonctionner comme dans les années 90 car leur besoin est satisfait ainsi et ils ont leur habitude.

    Mais le monde a changé, de nouveaux besoins sont apparus et de nouvelles idées ont émergé. C'est un peu dommage de croire qu'on devrait tout figer dans le marbre dans un tel contexte.

    D'ailleurs UNIX a beaucoup progressé entre 1970 et 1990, pour tenir compte des changements dans le milieu : réseau, interface graphique, internationalisation, etc. Ses concepteurs ont préféré faire Plan 9 plutôt que contribuer à changer UNIX car ses défauts étaient trop profonds pour corriger par couche successive.

    Tout cela montre que croire que UNIX a atteint une forme de perfection dans les années 90 et ne devrait plus bouger est une chimère. Cela ne reflète pas la réalité historique de l'informatique ou d'UNIX.

    Mais est-ce bien le but poursuivi? Il est vrai que pour des serveurs qui ne sont pas destinés à être rebootés 5 fois par jour, gagner 5s sur un démarrage n'est pas un gain absolument indispensable (surtout quand le hardware lui-même passe par 20 étapes de vérification de tout composant allant du backplane aux contrôleurs raids en passant par la RAM et les ventilos à chaque démarrage :-))

    Le but de systemd n'a jamais été de gagner de la vitesse. C'est une conséquence de son architecture qui conduit à une amélioration de cette vitesse. Il ne faut pas inverser la causalité ici.

    Et d'ailleurs, l'article critique systemd en contexte embarqué car soit disant ça bouffe des ressources. Et non.

    Je suis développeur embarqué, et j'ai travaillé sur des cartes qui ont systemd et ça se comporte très bien. Pourtant avec 256 Mio de RAM (bien loin donc du 1 Gio nécessaire selon lui). Car en réalité oui systemd parallélise les lancements donc ça bouffe un peu en RAM, mais dans ce contexte les services restent petits et ne sont donc pas un problème.

    Et je suis justement très content de gérer un projet embarqué avec systemd. Cela demande un peu plus de ressources que SysV c'est vrai (mais dans pas mal de projets ce n'est pas un problème). Mais cela apporte tellement à côté comme le relancement automatique du service dans certaines conditions ou la gestion des dépendances qui rend cela bien plus agréable à faire qu'à l'ancienne. Je gagne personnellement du temps de développement et en qualité de service du produit.

    Bref, dans cet article je vois surtout une forme de résistance au changement. Alors certes il étaye son point de vue, je le comprends, mais il regarde cela uniquement sous le prisme de ses propres besoins en oubliant qu'il n'est pas seul dans ce monde.

    Et je trouve qu'il manque beaucoup d'humilité aussi. Je veux dire, si un grand nombre de développeurs et mainteneurs ont opéré ces changements, et qu'ils ont été adoptés assez massivement, c'est la preuve qu'il y a un certain besoin ou que des choses ont changé pour justifier cela. Dire que tous ces changements sont des erreurs c'est finalement se croire meilleur que tout ce beau monde en considérant ce travail comme inutile ou nuisible...