Ce qui me gène c'est que globalement ces termes sont utilisées de manière contradictoire par les gens qui veulent absolument y mettre une différence. Ce qui démontre selon moi que cette dichotomie est une vue de l'esprit, ou disons marketing.
Prenons un exemple emblématique : Linux.
Linus Torvalds n'est pas un fan de la FSF, il a plutôt soutenu l'OSI à ses débuts et d'après son autobiographie il est clair que la GPLv2 a été choisie pour des raisons un peu plus éloignées que pour lesquelles Stallman a choisi la GPLvX pour GNU.
Donc, si on suit le raisonnement, Linus Torvalds n'est pas un libriste mais un opensourceur et de fait Linux est OpenSource mais pas libre.
Mais, dans le même temps, Linux a des milliers de contributeurs d'horizon et avec des objectifs qui diffèrent les uns des autres. Devons-nous faire un sondage et un audit de code pour savoir si Linux est plutôt OpenSource ou libre ?
Puis, la FSF a des messages pour dire OpenSource n'est pas libre, mais elle a une liste des systèmes 100% libres approuvés par la FSF... qui contiennent le noyau Linux (alors qu'il est pourtant OpenSource si on suit la logique de certains).
Donc comment ces systèmes peuvent être entièrement libres selon la FSF alors qu'un de ses composants majeurs est catalogué comme OpenSource (selon leurs propres critères !) et que la FSF essaye de créer un fossé entre les deux ? Cela n'a pas de sens. Cela induit que les deux termes sont bien interchangeables et qu'ils n'ont qu'un but marketing. Ou alors la dichotomie n'existe que quand cela les arrange.
Enfin, si la FSF voulait vraiment y mettre plus que les 4 libertés pour la définition de libre, elle le pouvait mais ne l'a pas fait. Quitte à changer la définition après en réalisant leur erreur : il n'en est rien. Après tout ils ont su ajouter des tas de contraintes juridiques dans la GPL mais ont refusé de les généraliser au sein de la définition malgré leur préférence personnelle pour cette licence qu'ils ont conçu.
Et après ils soutiennent que le libre c'est plus que les 4 libertés, soit, mais pourquoi ce n'est pas dans la définition ? D'ailleurs, la FSF insiste sur le côté communautaire du libre mais n'a pas su mettre cette notion dans la définition, ni dans la GPL... Alors que c'était pourtant assez simple à ajouter.
Puis, si on suit leur logique aussi, pour qualifier un logiciel de libre ou pas, on doit vérifier la licence, connaître les raisons de ce choix par l'auteur et les contributeurs (qui peuvent avoir des opinions différentes ou évoluer avec le temps, et que se passe-t-il quand l'auteur d'origine meurt ?). C'est ingérable et un peu trop subjectif pour que cela fasse sens.
Cela implique aussi qu'un fork avec un code 100% identique mais avec deux auteurs différents peut aboutir à un logiciel libre d'un côté, et OpenSource de l'autre. Quel sens ça a ?
La notion de libre n'est plus intrinsèque au projet mais devient une notion fluctuante et associée à ces auteurs avec un flou artistique autour de tout ceci. Donc en fait le terme logiciel libre n'a plus aucun sens vu que le logiciel ne porte pas en son sein ce qualificatif à lui seul.
Bizarrement, si on considère que libre = 4 libertés et OpenSource = 10 points de leur définition, toutes ces interrogations s'évanouissent. Ces termes deviennent objectifs, intrinsèque aux projets en eux mêmes et la com comme les choix de la FSF deviennent bien plus cohérente.
[^] # Re: Oui mais non
Posté par Renault (site web personnel) . En réponse au journal De l'usage de la section Liens sur LinuxFr. Évalué à 2.
Ce qui me gène c'est que globalement ces termes sont utilisées de manière contradictoire par les gens qui veulent absolument y mettre une différence. Ce qui démontre selon moi que cette dichotomie est une vue de l'esprit, ou disons marketing.
Prenons un exemple emblématique : Linux.
Linus Torvalds n'est pas un fan de la FSF, il a plutôt soutenu l'OSI à ses débuts et d'après son autobiographie il est clair que la GPLv2 a été choisie pour des raisons un peu plus éloignées que pour lesquelles Stallman a choisi la GPLvX pour GNU.
Donc, si on suit le raisonnement, Linus Torvalds n'est pas un libriste mais un opensourceur et de fait Linux est OpenSource mais pas libre.
Mais, dans le même temps, Linux a des milliers de contributeurs d'horizon et avec des objectifs qui diffèrent les uns des autres. Devons-nous faire un sondage et un audit de code pour savoir si Linux est plutôt OpenSource ou libre ?
Puis, la FSF a des messages pour dire OpenSource n'est pas libre, mais elle a une liste des systèmes 100% libres approuvés par la FSF... qui contiennent le noyau Linux (alors qu'il est pourtant OpenSource si on suit la logique de certains).
Donc comment ces systèmes peuvent être entièrement libres selon la FSF alors qu'un de ses composants majeurs est catalogué comme OpenSource (selon leurs propres critères !) et que la FSF essaye de créer un fossé entre les deux ? Cela n'a pas de sens. Cela induit que les deux termes sont bien interchangeables et qu'ils n'ont qu'un but marketing. Ou alors la dichotomie n'existe que quand cela les arrange.
Enfin, si la FSF voulait vraiment y mettre plus que les 4 libertés pour la définition de libre, elle le pouvait mais ne l'a pas fait. Quitte à changer la définition après en réalisant leur erreur : il n'en est rien. Après tout ils ont su ajouter des tas de contraintes juridiques dans la GPL mais ont refusé de les généraliser au sein de la définition malgré leur préférence personnelle pour cette licence qu'ils ont conçu.
Et après ils soutiennent que le libre c'est plus que les 4 libertés, soit, mais pourquoi ce n'est pas dans la définition ? D'ailleurs, la FSF insiste sur le côté communautaire du libre mais n'a pas su mettre cette notion dans la définition, ni dans la GPL... Alors que c'était pourtant assez simple à ajouter.
Puis, si on suit leur logique aussi, pour qualifier un logiciel de libre ou pas, on doit vérifier la licence, connaître les raisons de ce choix par l'auteur et les contributeurs (qui peuvent avoir des opinions différentes ou évoluer avec le temps, et que se passe-t-il quand l'auteur d'origine meurt ?). C'est ingérable et un peu trop subjectif pour que cela fasse sens.
Cela implique aussi qu'un fork avec un code 100% identique mais avec deux auteurs différents peut aboutir à un logiciel libre d'un côté, et OpenSource de l'autre. Quel sens ça a ?
La notion de libre n'est plus intrinsèque au projet mais devient une notion fluctuante et associée à ces auteurs avec un flou artistique autour de tout ceci. Donc en fait le terme logiciel libre n'a plus aucun sens vu que le logiciel ne porte pas en son sein ce qualificatif à lui seul.
Bizarrement, si on considère que libre = 4 libertés et OpenSource = 10 points de leur définition, toutes ces interrogations s'évanouissent. Ces termes deviennent objectifs, intrinsèque aux projets en eux mêmes et la com comme les choix de la FSF deviennent bien plus cohérente.