a/ Réécrire le passé comme l'histoire de l'oppression du groupe A par le groupe B. Le groupe A a toujours été la victime, le groupe B l'oppresseur.
C'est assez surprenant comme remarque alors que les luttes en question sont celles qui ont le plus creusé leur auto-critique (intersectionalité, concept d'allié, concept de biais universel présent chez tout le monde y compris les militants, ...).
Je pense que c'est une critique facile qu'on peut faire à toutes les contestations auxquelles on n'adhère pas: forcément, si pour toi la personne X exagère lorsqu'elle prétend être victime, forcément, c'est, selon toi, une réécriture de l'histoire (autrement, tu serais d'accord avec sa contestation).
Du coup, c'est plutôt "ta parole contre sa parole": il y a quelqu'un ici qui ré-écrit l'histoire, comment sais-tu que c'est l'autre et pas toi ? Je ne dis pas que tu as tort, simplement que cet argument ne vaut rien: cet argument existe d'office dès qu'on est pas d'accord.
b/ Faire passer des lois et avoir une couverture médiatique à l’avantage du groupe A et au détriment du groupe B. Invalider par principe tout discours venant d'un membre du groupe B sur ce qui se passe.
Idéalement, la discrimination positive n'est pas un avantage, c'est un retour à l'équilibre. Les lois qui avantagent le groupe A sont basées sur des études prouvant que cet "avantage" est simplement la compensation nécessaire pour retrouver l'équilibre.
Si A reçoit 2 parts de gâteaux et B reçoit 4 parts de gâteaux, si une loi dit que B doit donner une de ses parts à A, ce n'est pas un avantage pour A, juste un retour à la normale.
L'élément compliqué est que B n'est pas un méchant de James Bond: B n'est pas conscient qu'il reçoit 4 parts et que A en a que 2. Du coup, B croit sincèrement que A est favorisé par le loi, puisque B croit sincèrement que la disproportion n'est pas aussi grande.
Après, cela ne veut pas dire que certaines discriminations positives ne surcompense pas. Mais il faut une étude pour le prouver. Il y a plein d'exemples historiques où des gens ont expliqués que le groupe A est avantagé par une loi ou une couverture médiatique et où les études ont démontré que ce n'était pas le cas. De nouveau, je ne dis pas que tu as tort, simplement que cet argument ne vaut rien: cet argument existe d'office dès qu'on est pas d'accord.
(En ce qui concerne "invalider par principe": dans la majorité des cas où quelqu'un prétend avoir été invalidé par principe, ce n'est pas le cas, ils l'ont été après avoir démontrer qu'ils sortent des lieux communs sans vraiment prendre du recul. C'est toujours amusant de demander leur opinion à quelqu'un qui explique avoir été victime de cela: il va toujours finir par démontrer que, même avant cet événement, sa position sur le débat a toujours clairement été très extrême et "anti" (et par conséquence, anti-constructive, c'était donc normal d'exclure cette personne). Évidemment, cette personne est convaincue que son discours est raisonnable (autrement, il ne le soutiendrais pas), et donc, selon lui, la seule raison pour laquelle il a été exclue, c'est parce qu'il est homme/blanc (ironique n'est-ce pas: cette personne invente un conflit homme/blanc vs. femme/noir qui n'a pas lieu d'être, exactement le reproche fait dans le commentaire initial).)
c/ Expliquer que l’oppression est systémique
Comme dit ailleurs, c'est juste le résultat des études. J'adorerais que ce ne soit pas le cas, mais c'est juste le cas.
La solution.
Tu réalises que ta solution est évidente, et a été testée, sans succès, des tas de fois. Il y a des tonnes de recherches faites sur ce sujet, démontrant que cette solution ne marche pas. Si la discrimination positive, par exemple, est appliquée, ce n'est pas "parce que les gens sont sadomasochistes", c'est simplement parce que prétendre qu'il n'y a pas un conflit de classe alors qu'il y en a un ne permet pas de le régler. D'ailleurs, ta solution est très courantes chez les "nouveaux". Mais après qu'ils aient creusé le sujet plus en profondeur, ils finissent tous par changer d'avis: "ah, oui, maintenant je comprends pourquoi c'était une solution naive qui ne marchera jamais".
Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de problèmes dans ces luttes. Mais ces critiques en particuliers sont terriblement caricaturales et les arguments assez faibles (quelqu'un avec une opinion totalement opposée à la tienne aura les mêmes impressions que toi: il va penser que tu réécris l'histoire en sous-estimant les oppressions, que tu favorises ton groupe en refusant à son groupe un accès équitable, que tu crées du conflit en disant systématiquement "tu n'es pas d'accord simplement parce que je suis homme/blanc" dès qu'il n'est pas d'accord, ...).
[^] # Re: Trouvé sur le net
Posté par j-c_32 . En réponse au lien Luttes antiracistes : le renouveau par les femmes - Mediapart (vidéo, 10 min). Évalué à 10.
2-3 remarques en passant.
C'est assez surprenant comme remarque alors que les luttes en question sont celles qui ont le plus creusé leur auto-critique (intersectionalité, concept d'allié, concept de biais universel présent chez tout le monde y compris les militants, ...).
Je pense que c'est une critique facile qu'on peut faire à toutes les contestations auxquelles on n'adhère pas: forcément, si pour toi la personne X exagère lorsqu'elle prétend être victime, forcément, c'est, selon toi, une réécriture de l'histoire (autrement, tu serais d'accord avec sa contestation).
Du coup, c'est plutôt "ta parole contre sa parole": il y a quelqu'un ici qui ré-écrit l'histoire, comment sais-tu que c'est l'autre et pas toi ? Je ne dis pas que tu as tort, simplement que cet argument ne vaut rien: cet argument existe d'office dès qu'on est pas d'accord.
Idéalement, la discrimination positive n'est pas un avantage, c'est un retour à l'équilibre. Les lois qui avantagent le groupe A sont basées sur des études prouvant que cet "avantage" est simplement la compensation nécessaire pour retrouver l'équilibre.
Si A reçoit 2 parts de gâteaux et B reçoit 4 parts de gâteaux, si une loi dit que B doit donner une de ses parts à A, ce n'est pas un avantage pour A, juste un retour à la normale.
L'élément compliqué est que B n'est pas un méchant de James Bond: B n'est pas conscient qu'il reçoit 4 parts et que A en a que 2. Du coup, B croit sincèrement que A est favorisé par le loi, puisque B croit sincèrement que la disproportion n'est pas aussi grande.
Après, cela ne veut pas dire que certaines discriminations positives ne surcompense pas. Mais il faut une étude pour le prouver. Il y a plein d'exemples historiques où des gens ont expliqués que le groupe A est avantagé par une loi ou une couverture médiatique et où les études ont démontré que ce n'était pas le cas. De nouveau, je ne dis pas que tu as tort, simplement que cet argument ne vaut rien: cet argument existe d'office dès qu'on est pas d'accord.
(En ce qui concerne "invalider par principe": dans la majorité des cas où quelqu'un prétend avoir été invalidé par principe, ce n'est pas le cas, ils l'ont été après avoir démontrer qu'ils sortent des lieux communs sans vraiment prendre du recul. C'est toujours amusant de demander leur opinion à quelqu'un qui explique avoir été victime de cela: il va toujours finir par démontrer que, même avant cet événement, sa position sur le débat a toujours clairement été très extrême et "anti" (et par conséquence, anti-constructive, c'était donc normal d'exclure cette personne). Évidemment, cette personne est convaincue que son discours est raisonnable (autrement, il ne le soutiendrais pas), et donc, selon lui, la seule raison pour laquelle il a été exclue, c'est parce qu'il est homme/blanc (ironique n'est-ce pas: cette personne invente un conflit homme/blanc vs. femme/noir qui n'a pas lieu d'être, exactement le reproche fait dans le commentaire initial).)
Comme dit ailleurs, c'est juste le résultat des études. J'adorerais que ce ne soit pas le cas, mais c'est juste le cas.
Tu réalises que ta solution est évidente, et a été testée, sans succès, des tas de fois. Il y a des tonnes de recherches faites sur ce sujet, démontrant que cette solution ne marche pas. Si la discrimination positive, par exemple, est appliquée, ce n'est pas "parce que les gens sont sadomasochistes", c'est simplement parce que prétendre qu'il n'y a pas un conflit de classe alors qu'il y en a un ne permet pas de le régler. D'ailleurs, ta solution est très courantes chez les "nouveaux". Mais après qu'ils aient creusé le sujet plus en profondeur, ils finissent tous par changer d'avis: "ah, oui, maintenant je comprends pourquoi c'était une solution naive qui ne marchera jamais".
Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de problèmes dans ces luttes. Mais ces critiques en particuliers sont terriblement caricaturales et les arguments assez faibles (quelqu'un avec une opinion totalement opposée à la tienne aura les mêmes impressions que toi: il va penser que tu réécris l'histoire en sous-estimant les oppressions, que tu favorises ton groupe en refusant à son groupe un accès équitable, que tu crées du conflit en disant systématiquement "tu n'es pas d'accord simplement parce que je suis homme/blanc" dès qu'il n'est pas d'accord, ...).