• [^] # Re: Encore un article de merde

    Posté par (site web personnel) . En réponse au lien Ces milliardaires américains qui se sont enrichis pendant la pandémie - lalibre.be. Évalué à 1.

    En aparté, je ne vois pas trop pourquoi tu insistes autant sur le fait de "savoir de quoi on parle". La question que nous discutons n'est, à ma connaissance, absolument pas tranchée par l'épistémologie de l'économie, et la valeur est un mystère depuis un sacré bout de temps (est-elle subjective ? Objective ? déterminée par l'utilité ? par la quantité de travail qu'elle incorpore ? existe-t-elle en dehors du marché ?). Il y a certes, à notre époque, un paradigme dominant (néoclassique), mais ça n'en reste pas moins un vrai problème que n'épuise pas l'opposition entre savant et profane.

    Et je maintiens que tu réponds à un problème qui n'a pas été posé, en répondant à la lettre plutôt qu'à l'esprit du commentaire d'antistress, en séparant artificiellement la valeur d'un ensemble de titres à l'augmentation de celle-ci.

    Si l'augmentation de la valeur des titres est "du vent", ça n'en est pas moins le cas de la valeur initiale desdits titres. Tu écris :

    Ce n'est pas leur fortune qui a augmenté, mais la valorisation boursière de leurs entreprises. C'est à dire du vent tant qu'il n'y a pas de vente.

    Il faut donc qu'il y ait une vente afin que cela (quoi ?) ne soit plus "du vent". Mais cela vaut pour les titres quelle que soit leur valeur, pas pour "l'augmentation qu'elle a connue". L'augmentation est, par définition, relative à une valeur initiale, elle-même adossée à un titre.

    Par ailleurs, tu écris dans la même phrase, que ce n'est pas "leur fortune [qui a] augmenté", mais la "valorisation boursière" de leur entreprise, alors que la "fortune" ne concerne pas uniquement une somme d'argent disponible, mais également des biens, des actifs. Prenons un exemple très trivial : un individu A possède 1000 euros en liquide, et un individu B possède 1000 euros en liquide et un cheval de trait. B est plus fortuné que A. Certes, le cheval peut voir sa valeur diminuer, mais ce n'est pas la question : comme dans le cas de la fortune des milliardaires, on peut donner une estimation de la valeur du cheval (c'est-à-dire le prix auquel il serait vendu aujourd'hui). On peut dire que l'estimation est erronée (comme on peut surévaluer le patrimoine d'un milliardaire), mais ça ne veut pas dire que c'est "du vent" ! Si le cheval devient très prisé, et que d'aucuns sont prêts à l'acheter deux fois plus cher qu'il ne valait initialement, la fortune de son propriétaire a augmenté (de la même façon qu'elle baisserait si ses 1000 euros en liquide ne permettait plus d'acheter qu'une baguette quand elle pouvait avant lui permettre d'acheter un cheval)... et je suis certain qu'antistress serait ravi d'en débarrasser son propriétaire.

    Bref, si l'on montre que l'estimation de la valeur des actions en question est fausse (les "net worth" restent le fruit d'une enquête), alors d'accord, ça peut être en partie "du vent". Mais ça n'a rien à voir avec les actions elle-mêmes !