• [^] # Re: J'aime pas :)

    Posté par . En réponse au journal Mi kama sona e toki pona*. Évalué à 6.

    C'est dommage, ça fait partie de la langue française.

    Je suis d'accord que lutter contre l'existence de vocabulaire spécialisé est absurde (autrement que comme jeu), mais en lisant tes divers commentaires, il y a un point qui me chatouille : tu sembles considérer que la langue française (ou tout autre langue que tu qualifierais de non artificielle) existe indépendamment des personnes qui la parlent, comme si c'est la même pour tout le monde. L'appartenance d'un mot à la langue d'un groupe d'individus n'est jamais absolue, un mot peu appartenir « un peu » ou « beaucoup » à une langue et pour déterminer le degré le linguiste doit demander aux locuteurs et, suivant les régions/quartiers/familles, il va y avoir des réponses variables.

    Le mot « accastillage » est probablement moins français que le mot « cool », car moins de personnes parmi celles qui parlent un dialecte français l'utilisent ou le connaissent. Un mot n'appartient à une langue que tant qu'il est utilisé et reconnu par les locuteurs. Du fait du suffixe « -illage » beaucoup de locuteurs diront que ça à l'air assez français, donc « accastillage » est un mot assez français, peut-être plus que « adio » suivant les régions, mais moins que « salut » qui doit être connu et utilisé par quasiment 100% des locuteurs de dialectes français.

    Même lorsqu'un mot est reconnu par deux locuteurs, son sens peut ne pas être tout à fait le même et être source de nuances. Le concept de langue est une simplification pour définir à peu près de quoi on parle, mais des langues, il y en a autant que de personnes (plus, puisque chaque personne peut en apprendre plusieurs).

    D'ailleurs, un point qui découle de toute ceci, c'est que toute langue parlée par des locuteurs natifs est naturelle (donc un dialecte parlé du français, l'Éspéranto ou même du lojban, c'est naturel, alors que le toki pona par contre n'a pas de tels exemples), et ce même si la langue officielle ne l'est jamais, qu'elle tente de décrire une langue d'origine artificielle ou non (dans les deux cas créées par des êtres humains, sauf que dans le deuxième cas sans faire exprès).