Je trouve que ce chapitre n'est pas assez élaboré, pas seulement par toi mais aussi par les nombreux articles parlant de ces applications. Hors à mon avis, il y a de vraies problématiques sur la fiabilité des données et sur l'installation en masse des applications.
Est-ce qu'on a une idée de la proportion de faux positifs ? Exemples : je suis quelqu'un dans la rue à 2 mètres, je parle à quelqu'un à travers une vitre, ... ça va être considéré comme étant un contact par l'application alors que le risque de contagion est très faible. Une idée du taux de faux négatifs ? Exemples : j'ai oublié mon portable lors de ma promenade, j'ai éternué sur les fruits au supermarché que quelqu'un va toucher 10 minutes après mon départ...
Par ailleurs, on ne connaît pas le temps d'exposition et la distance maximale nécessaires pour transmettre le virus et on ne sait pas mesurer de manière fiable la distance entre 2 portables.
Toutes ces inconnues font qu'on va avoir plein de données dont on ne connaît pas la qualité. On rajoute à ça le fait qu'on n'a pas de tests fiables à 100% (je ne parle même pas de la disponibilité de ces tests) ce qui rajoute de l'aléatoire dans la pertinence de ces données. Du coup, est-ce qu'on saura les exploiter efficacement ?
Ensuite, est-ce qu'on a un scénario pour que le taux d'installation/activation requis de l'application soit atteint, au moins dans certaines régions ? Le chiffre le plus optimiste semble être que 60% de la population doit l'avoir, ce qui veut dire que au moins 78% des possesseurs de smartphone doivent l'installer. Ça ne va pas se faire naturellement : entre ceux qui ne veulent pas, ceux qui ne savent pas, ceux qui se trompent d'application, ceux qui désactivent le bluetooth, ...
On parle beaucoup des aspects techniques, de vie privée et de sécurité de ces applications. Mais au final la première question à se poser avant toutes les autres, est-ce que ça ne serait pas de savoir si elles répondent, au moins partiellement, à l'objectif ? J'ai l'impression que beaucoup de monde prend ce fait pour acquis, et je ne trouve personne pour détailler pourquoi.
# Intérêt d'une application de traçage de relations sociales
Posté par NicolasP . En réponse au journal A propos des protocoles de traçage pour le Covid-19 : Google/Apple vs. INRIA/Fraunhofer. Évalué à 10.
Je trouve que ce chapitre n'est pas assez élaboré, pas seulement par toi mais aussi par les nombreux articles parlant de ces applications. Hors à mon avis, il y a de vraies problématiques sur la fiabilité des données et sur l'installation en masse des applications.
Est-ce qu'on a une idée de la proportion de faux positifs ? Exemples : je suis quelqu'un dans la rue à 2 mètres, je parle à quelqu'un à travers une vitre, ... ça va être considéré comme étant un contact par l'application alors que le risque de contagion est très faible. Une idée du taux de faux négatifs ? Exemples : j'ai oublié mon portable lors de ma promenade, j'ai éternué sur les fruits au supermarché que quelqu'un va toucher 10 minutes après mon départ...
Par ailleurs, on ne connaît pas le temps d'exposition et la distance maximale nécessaires pour transmettre le virus et on ne sait pas mesurer de manière fiable la distance entre 2 portables.
Toutes ces inconnues font qu'on va avoir plein de données dont on ne connaît pas la qualité. On rajoute à ça le fait qu'on n'a pas de tests fiables à 100% (je ne parle même pas de la disponibilité de ces tests) ce qui rajoute de l'aléatoire dans la pertinence de ces données. Du coup, est-ce qu'on saura les exploiter efficacement ?
Ensuite, est-ce qu'on a un scénario pour que le taux d'installation/activation requis de l'application soit atteint, au moins dans certaines régions ? Le chiffre le plus optimiste semble être que 60% de la population doit l'avoir, ce qui veut dire que au moins 78% des possesseurs de smartphone doivent l'installer. Ça ne va pas se faire naturellement : entre ceux qui ne veulent pas, ceux qui ne savent pas, ceux qui se trompent d'application, ceux qui désactivent le bluetooth, ...
On parle beaucoup des aspects techniques, de vie privée et de sécurité de ces applications. Mais au final la première question à se poser avant toutes les autres, est-ce que ça ne serait pas de savoir si elles répondent, au moins partiellement, à l'objectif ? J'ai l'impression que beaucoup de monde prend ce fait pour acquis, et je ne trouve personne pour détailler pourquoi.