J'entends que l'on veuille réfléchir en termes de bénéfices/risques et que la science ne sert qu'à éclairer des décisions qui restent politiques. Ceci dit, la balance bénéfices/risques me semble très largement peser contre administrer le traitement à grande échelle sans avoir fait d'études complémentaires.
Si tu t'amuses avec les modèles, tu verras ce que cela donne de réduire la contagiosité de 20 jours à 5 jours sur les modèles,
D'où vient le choix des 5 jours ? Dans l'étude en question, la charge virale a fortement diminué dans les 6 jours qui ont suivi le début du traitement, et ce début de traitement est arrivé environ 10-14 jours après le début de la période de contagiosité. Donc, on passerait plutôt de 20 jours à 15 jours. On sait également que les contaminés risquent plus de transmettre la maladie dans les premiers jours que les suivants (on suppose que les malades font plus attention une fois qu'ils ont des symptômes qu'avant). Cette diminution de la contagiosité est notable, mais ne change pas vraiment la donne.
d'éviter que des gens passent en phase ou la réanimation est nécessaire
Qu'est-ce qui te permet d'affirmer ça ? Dans l'étude, c'est l'inverse, il y eu plus de passage en réanimation parmi les malades qui ont suivi le traitement que parmi le groupe contrôle. L'échantillon est trop faible pour être représentatif, mais ça mérite au moins de se poser la question si le traitement n'empire pas l'état des malades avant de l'améliorer. C'est purement une hypothèse, mais affirmer que le traitement puisse réduire les gens qui passent en phase où la réanimation est nécessaire l'est tout autant.
De toute façon, les gens qui ont des complications qui conduisent à la réanimation sont déjà largement au delà de ces effets secondaires.
Pas du tout, ils ne sont pas au delà des effets secondaires. Un des effets secondaires est l'arythmie cardiaque, qui est un facteur de mortalité important pour les malades du Covid-19. Il est possible que le traitement soit bénéfique pour les patients s'il est pris suffisamment tôt, mais qu'il augmente fortement la mortalité pour les patients en réanimation. Là encore, c'est purement une hypothèse, mais elle n'a rien de farfelu. Dans l'étude, il y a eu 3 morts et ils faisaient tous les 3 partis du groupe qui suivait le traitement.
Il s'agit de dire que s'il y a une chance que leur état n'en n'arrive pas là, il serait assez hallucinant d'attendre 6 semaines,
Vu que le traitement doit agir en moins d'une semaine et que des études ont déjà commencé, on devrait avoir déjà plus d'informations d'ici une à deux semaines.
Par contre attendre est aussi une action avec des conséquences.
Oui, mais ça me paraît quand même être l'option la plus sage.
[^] # Re: Primum non nocere
Posté par Bruno Michel (site web personnel) . En réponse au journal Coronavirus : vers une sortie de crise ?. Évalué à 4.
J'entends que l'on veuille réfléchir en termes de bénéfices/risques et que la science ne sert qu'à éclairer des décisions qui restent politiques. Ceci dit, la balance bénéfices/risques me semble très largement peser contre administrer le traitement à grande échelle sans avoir fait d'études complémentaires.
D'où vient le choix des 5 jours ? Dans l'étude en question, la charge virale a fortement diminué dans les 6 jours qui ont suivi le début du traitement, et ce début de traitement est arrivé environ 10-14 jours après le début de la période de contagiosité. Donc, on passerait plutôt de 20 jours à 15 jours. On sait également que les contaminés risquent plus de transmettre la maladie dans les premiers jours que les suivants (on suppose que les malades font plus attention une fois qu'ils ont des symptômes qu'avant). Cette diminution de la contagiosité est notable, mais ne change pas vraiment la donne.
Qu'est-ce qui te permet d'affirmer ça ? Dans l'étude, c'est l'inverse, il y eu plus de passage en réanimation parmi les malades qui ont suivi le traitement que parmi le groupe contrôle. L'échantillon est trop faible pour être représentatif, mais ça mérite au moins de se poser la question si le traitement n'empire pas l'état des malades avant de l'améliorer. C'est purement une hypothèse, mais affirmer que le traitement puisse réduire les gens qui passent en phase où la réanimation est nécessaire l'est tout autant.
Pas du tout, ils ne sont pas au delà des effets secondaires. Un des effets secondaires est l'arythmie cardiaque, qui est un facteur de mortalité important pour les malades du Covid-19. Il est possible que le traitement soit bénéfique pour les patients s'il est pris suffisamment tôt, mais qu'il augmente fortement la mortalité pour les patients en réanimation. Là encore, c'est purement une hypothèse, mais elle n'a rien de farfelu. Dans l'étude, il y a eu 3 morts et ils faisaient tous les 3 partis du groupe qui suivait le traitement.
Vu que le traitement doit agir en moins d'une semaine et que des études ont déjà commencé, on devrait avoir déjà plus d'informations d'ici une à deux semaines.
Oui, mais ça me paraît quand même être l'option la plus sage.