• [^] # Re: Bravo

    Posté par . En réponse au journal Un site libre pour de l’art libre : Un Renard en Corée. Évalué à 2.

    Cette question est difficile à trancher sans une vision élitiste de l’art, ou qui en tout cas ne fere pas l’unanimité.

    Ce n'est élitiste que dans ta tête, TU es le seul ici à dire que "ne pas être de l'art" est une insulte. Au final, tu es celui qui place l'art sur un piédestal irréaliste.
    Oui, la question de savoir si un film de Marvel est de l'art est une question intéressante. Tu te tires une balle dans le pied: ton argument repose sur le fait que répondre "oui" à cette question est la seule bonne réponse. Mais comme tu le dis, c'est loin de faire l'unanimité.

    Mais à vrai dire, on s'en fout, cela ne répond pas à la question.
    Si tu fais du logiciel et que tu penses que tu fais de l'art et que le message a de l'importance (et c'est peut-être vrai), tu peux utiliser une licence non-libre qui va défendre quelque chose d'important à tes yeux: le message. Tu peux toi-même choisir quelle création a pour toi un message important ou pas, et en fonction de ça, utiliser ou non la licence libre est justifié.

    La question de départ est: existe-t-il des différences fondamentales entre logiciels et œuvres d'art, qui justifient que quelque chose que j'accepte pour un ne soit plus judicieux pour l'autre.
    Ma réponse est "il existe deux classes d'objets: ceux pour qui le message est important, et ceux pour qui le message n'est pas important".
    Sur base de ça, je réponds que:
    1) ceux qui disent que TOUT les logiciels et TOUTES les œuvres d'art ont TOUJOURS la même importance de message (aka "il n'y a pas de différence entre certaines œuvres d'art et certains logiciels, ce qui justifie que l'approche générale soit différente") se trompent.
    2) en fonction de l'importance de la préservation du message, on peut de temps en temps utiliser une licence libre, de temps en temps utiliser une licence non libre SANS ÊTRE INCOHÉRENT.

    J'ai l'impression que ton argument se résume à "une partie de ce que j'appelle 'art' a effectivement une différence, mais comme j'étends l'art au delà, je peux prétendre que cette différence n'existe pas". Est-ce que pour certaines œuvres d'art, le message est l'élément important pour l'auteur, est-ce que pour certains logiciels, le message n'est pas l'élément important pour l'auteur. Si la réponse est "oui", ceux qui prétendent "il n'y a pas de différences" se trompent.

    Ça ne s’appelle pas benchmark, mais la critique est un exercice plus qu’omniprésent pour toutes les formes d’art.

    Et j'espère que tu ne réduit pas tes choix à simplement le nombre d'étoile dans ton magazine d'art.
    Mon argument est: si je veux choisir entre KDE et Gnome, je choisis celui que je préfère sur des critères objectifs.
    Si je veux choisir entre le film A et le film B, je choisis celui que je préfère sur des critères subjectifs.
    Si je te propose deux films, vas tu réellement systématiquement regarder ton magazine et choisir celui qui a le plus haut score ?

    Après, oui, la critique d'art est une tentative de classification, utilisant partiellement des critères objectifs (et là dessus, tu as raison, j'étais passé à côté). Mais le fait que j'aime un film n'est PAS basée sur la critique, c'est basé sur mon ressenti.

    On peut résumé mon argument à cela:
    les logiciels sont choisis sur base des performances et du cahier des charges de la situation particulière, les œuvres d'art sont choisies en fonction du ressenti.

    (et parfois ce ressenti est corrélé avec la virtuosité qui peut être un critère technique objectif, mais ton choix de préférence n'est pas dû à un critère objectif, mais à ton ressenti. C'est faux de dire que si je te dis "ce violoniste est techniquement doué, regarde ses scores", tu vas me répondre "ah, je ne le connaissais pas, mais maintenant, c'est mon violoniste préféré". Par contre, certains de mes logiciels préférés le sont uniquement à cause de leur fonctionnalités et j'ai décidé "sur papier" que je préférais celui-là avant même d'installer et d'essayer un seul membre du groupe)

    Après tout un auteur de logiciel peut considérer que de modifier son logiciel dénature son travail, et que son logiciel est sans manque ni défaut et ne doit plus être touché. Ça arrive, mais rarement, du coup ça passe pour de l’orgueil. C’est d’ailleurs pour ça que quand je lis le même argument de la part d’artiste, je l’interprète aussi comme de l’orgueil : ils font « mieux que du logiciel ».

    Une autre hypothèse est qu'il existe des différences entre le logiciel et l'œuvre d'art, et que modifier un logiciel, effectivement, ne dénature pas le logiciel, mais modifier une œuvre d'art le fait.
    Cela me parait moins prétentieux que de partir sur l'hypothèses que forcément, les artistes sont des orgueilleux. Au final, t'es en train de dire que les développeurs sont meilleurs que les artistes, parce qu'ils sont suffisamment intelligent pour ne pas être aussi pompeux que ces terribles artistes.

    Pas étonnant ensuite que tu vois n'importe quel propos sur ce sujet comme de l'orgueil d'artiste, vu que c'est ton hypothèse de départ. Mais ça ne veut pas dire que c'est vrai.