• [^] # Re: Bravo

    Posté par (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal Un site libre pour de l’art libre : Un Renard en Corée. Évalué à 5. Dernière modification le 05 février 2020 à 15:33.

    Le droit à l'intégrité, c'est précisément la raison d'être de la clause « BY » des licences creative-commons :

    Attribution — Vous devez créditer l'Œuvre, intégrer un lien vers la licence et indiquer si des modifications ont été effectuées à l'Oeuvre. Vous devez indiquer ces informations par tous les moyens raisonnables, sans toutefois suggérer que l'Offrant vous soutient ou soutient la façon dont vous avez utilisé son Oeuvre.

    (Source : https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/deed.fr)

    Exactement, très bon exemple. Ces massacres ont tous été fait avec l'accord de l'auteur ou après que celui-ci ait perdu ses droits. Donc, c'est normal qu'un auteur n'a pas envie de voir son œuvre massacrée alors qu'il aurait pu s'y opposer avec une licence non libre.

    Quand je parle de massacre j'entends « au sens de l'auteur » (puisque c'est lui qui est le seul à même de décider si le message a bien été respecté ou non). Donc le « massacre avec l'accord de l'auteur » n'existe pas, par définition.

    Ce que je voulais dire, c'est que des droits restreints permettent difficilement de s'opposer à ce qu'il soit fait n'importe quoi avec l'œuvre, parce que dans beaucoup de cas... l'auteur perds ses droits, comme tu le dis, et donc la notion de « cohérence du message » disparait avec.


    Note qu'une variante de tout ça, et qui à mon humble avis correspond beaucoup mieux à la réalité que la présente discussion, c'est de dire : « l'œuvre a un message qu'il est primordial de respecter, sauf si on donne beaucoup d'argent à l'auteur »

    Ce qui est un argument concevable, mais dans ce cas autant être honnête dès le début : ce qui est important dans l'œuvre c'est sa valeur marchande, et pas un hypothétique message ou une forme supérieure de « respect de l'auteur ». En fait, c'est un argument assez fréquent et compréhensible de la part d'artistes qui ont déjà du mal à vivre de leur art et qui voient d'un mauvais œil ce qui pourrait faire baisser la valeur de leur travail, surtout dans les formes d'art faciles à copier/diffuser (littérature, dessin, photo, vidéo, musique...). Et c'est d'autant plus compréhensible que dans le système actuel, une énorme partie de la valeur produite par l'art vient précisément de sa diffusion.

    Mais quitte à ce battre sur ce genre d'arguments, autant l'assumer (ça n'est pas sale de vouloir gagner de l'argent) et ne pas se cacher derrière des faux-semblants à base de « message porté par l'œuvre ». À commencer parce que dans l'immense majorité des cas, le message est inexistant ou bateau, et généralement non perçu par les destinataires de l'œuvre (c'est facile à tester : tu écris une nouvelle, même mal, tu la fais lire à 5 personnes et tu leur demande leur avis sur ce qu'ils en ont retenu, et tu auras 5 avis divergents).

    La connaissance libre : https://zestedesavoir.com