Probable que ce choix de supporter moins de trucs serait de nos jours plutôt supporté par "pas assez de ressources" ou "la flemme" (bon, la, je troll, certes) qu'un argument de sécurité.
Le blocage du port 70 par Firefox est assez récent (j'ai la flemme de retrouver la date mais ça doit dater de 3 ans) et ce n'est pas l'argument de la sobriété qui a été invoqué mais un risque de sécurité. Il est à noter que les gens de Firefox n'ont pas expliqué en quoi Gopher craignait ni qu'il me semble n'exister aucune littérature sur ce soupçon de sécurité. Par contre il est bon de rappeler que le premier moteur de recherche de l'histoire du Web était le Veronica du monde Gopher (il existe toujours !) et que le fait de bookmarquer les ressources au niveau de chaque site permettait de lui dispenser de lire l'intégralité des ressource pour en tirer les mots-clés. C'était donc rapide, léger et efficace. Si l'intégralité des ressources du Web d'aujourd'hui étaient décrites par chaque site au format Gopher, Google (partenaire de Firefox) aurait du souci à se faire pour son modèle économique. Nonobstant ce qui précède, loin de moi l'idée que les gens de Firefox aient pu y songer.
Perso, j'ai du mal a m'y mettre, parce que je ne comprend pas trop la logique derrière. Ça semble attractif, si on passe au-delà de l'aspect "mode texte brut" qui, comme tu le dis, est plutôt lié au fait que ça soit anté-diluvien (par rapport à l'histoire de l'informatique, hein).
Bon, c'est exactement la remarque que je craignais : Gopher est un protocole pas une application ! Alors, que l'on soit clair : gopher n'est pas une sorte de navigateur en mode texte. Certes il existe et il a existé des navigateurs Gopher en mode texte. Mais aussi des navigateurs Gopher en mode graphique et même en 3D dans les années 90.
Gopher se décline en deux versions :
La plus ancienne est l'équivalent des marques-pages des navigateurs Internet d'aujourd'hui. Un site Gopher première génération est juste un serveur qui crache un "site map". Ensuite avec un navigateur Gopher (graphique ou non) on clique sur la ressource qui peut être un fichier sur un disque dur quelque part ou un service (du genre telnet 3270 du monde IBM). Si le fichier est une page "text/html", la page Web s'affiche. Si c'est un fichier texte plat, il est le remplacement d'un serveur ftp.
La seconde version (Gopher+) complète la première. Si on clique sur une ressource, il est possible de connaître ses variantes. Par exemple, ici sur LinuxFr, chaque ressource existe sous les formats "epub" et "markdown". Un navigateur Gopher peut être réglé par un utilisateur pour privilégier les formats PDF, par exemple. Ou bien, sur un site de vidéo en ligne, de privilégier par avance une définition en fonction de la qualité de la connexion. Et aussi, à chaque fichier est associé des métadonnées comme la licence, la taille, les mots-clés... Rien que cet aspect (les métadonnées) avec Gopher+ est hautement intéressant. Certes les en-têtes HEAD des fichiers HTML (ou EXIF pour les images) emportent certaine de ces métadonnées mais pas toutes. Avec la seconde mouture de Gopher, on peut adjoindre un nombre illimité de métadonnées à n'importe quelle ressource (à la "Dublin core").
Si c'est "juste" implémenter un outil graphique, je me demande a quel point ça peut être complexe
De ce qui précède, un navigateur Gopher moderne se doit d'être capable d'afficher n'importe quelle page HTML qui a été sélectionnée depuis le "site map". Ce qui serait facile à faire à partir d'un navigateur existant puisque Gopher n'est jamais que l'affichage d'une page bookmark distante. Et Gopher+ un "clic droit souris".
Mes explications ont-elles été suffisantes ou bien dois-je développer certains points ?
[^] # Re: Et si on jetait le bébé avec l'eau du bain?
Posté par Denis Bernard . En réponse au journal Que penser du navigateur internet Brave ? (Et pourquoi je privilégie Firefox...). Évalué à 7. Dernière modification le 31 décembre 2019 à 22:38.
Le blocage du port 70 par Firefox est assez récent (j'ai la flemme de retrouver la date mais ça doit dater de 3 ans) et ce n'est pas l'argument de la sobriété qui a été invoqué mais un risque de sécurité. Il est à noter que les gens de Firefox n'ont pas expliqué en quoi Gopher craignait ni qu'il me semble n'exister aucune littérature sur ce soupçon de sécurité. Par contre il est bon de rappeler que le premier moteur de recherche de l'histoire du Web était le Veronica du monde Gopher (il existe toujours !) et que le fait de bookmarquer les ressources au niveau de chaque site permettait de lui dispenser de lire l'intégralité des ressource pour en tirer les mots-clés. C'était donc rapide, léger et efficace. Si l'intégralité des ressources du Web d'aujourd'hui étaient décrites par chaque site au format Gopher, Google (partenaire de Firefox) aurait du souci à se faire pour son modèle économique. Nonobstant ce qui précède, loin de moi l'idée que les gens de Firefox aient pu y songer.
Bon, c'est exactement la remarque que je craignais : Gopher est un protocole pas une application ! Alors, que l'on soit clair : gopher n'est pas une sorte de navigateur en mode texte. Certes il existe et il a existé des navigateurs Gopher en mode texte. Mais aussi des navigateurs Gopher en mode graphique et même en 3D dans les années 90.
Gopher se décline en deux versions :
La plus ancienne est l'équivalent des marques-pages des navigateurs Internet d'aujourd'hui. Un site Gopher première génération est juste un serveur qui crache un "site map". Ensuite avec un navigateur Gopher (graphique ou non) on clique sur la ressource qui peut être un fichier sur un disque dur quelque part ou un service (du genre telnet 3270 du monde IBM). Si le fichier est une page "text/html", la page Web s'affiche. Si c'est un fichier texte plat, il est le remplacement d'un serveur ftp.
La seconde version (Gopher+) complète la première. Si on clique sur une ressource, il est possible de connaître ses variantes. Par exemple, ici sur LinuxFr, chaque ressource existe sous les formats "epub" et "markdown". Un navigateur Gopher peut être réglé par un utilisateur pour privilégier les formats PDF, par exemple. Ou bien, sur un site de vidéo en ligne, de privilégier par avance une définition en fonction de la qualité de la connexion. Et aussi, à chaque fichier est associé des métadonnées comme la licence, la taille, les mots-clés... Rien que cet aspect (les métadonnées) avec Gopher+ est hautement intéressant. Certes les en-têtes HEAD des fichiers HTML (ou EXIF pour les images) emportent certaine de ces métadonnées mais pas toutes. Avec la seconde mouture de Gopher, on peut adjoindre un nombre illimité de métadonnées à n'importe quelle ressource (à la "Dublin core").
De ce qui précède, un navigateur Gopher moderne se doit d'être capable d'afficher n'importe quelle page HTML qui a été sélectionnée depuis le "site map". Ce qui serait facile à faire à partir d'un navigateur existant puisque Gopher n'est jamais que l'affichage d'une page bookmark distante. Et Gopher+ un "clic droit souris".
Mes explications ont-elles été suffisantes ou bien dois-je développer certains points ?