• [^] # Re: Erreur de postulat

    Posté par . En réponse au journal [HS] (Et SF aussi un peu) Exercice d’uchronie économique. Évalué à 6.

    Non, si on fait un postulat faux, la discussion devient rapidement absurde, et si on doit bien lier l'économie avec les ressources, il serait faux de dire que le système actuel est condamné à tout foutre en l'air.
    Le capitalisme sans régulation, c'est le bazar et finalement un chemin rapide vers un désastre. Mais un capitalisme régulé, c'est un outil qui converge vers la solution la plus efficace à un problème donné. Il suffit de le canaliser face au problème.

    Exemples:

    En Europe, l'essence a été largement taxée. Résultat: les fabricants de voiture sont entrés dans une compétition à celui qui consomme le moins, et les consommateurs ont suivi, pour éviter de payer une fortune en carburant.
    Pendant ce temps, aux États-Unis, l'essence n'était pas cher et c'était la course au plus gros VUS/pick-up/camion en tout genre.
    Bouton: taxe sur l'essence. Conséquence: des véhicules toujours plus efficaces.

    Au Québec (peut-être aussi dans le reste du Canada?), il y a des taxes sur les véhicules d'occasion vendues entre particulier: avant 10ans, c'est calculé sur la plus haute valeur entre un livre de référence et le prix auquel la voiture est vendue ; après 10ans, c'est au prix où elle est vendue. Et c'est pas mal hypocrite: ça encourage surtout à déclarer un prix de vente absurdement bas pour éviter les taxes.
    Mais ça a un effet certain: il est préférable de vendre un véhicule de plus de 10ans, sinon tu dois intégrer la taxe dans le budget que l'acheteur est prêt à mettre.
    Pousse un peu le principe, et tu verras que presque tout le monde gardera sa voiture 10ans minimum!

    Là, au Québec, on subventionne à tout va les voitures électriques, comme ailleurs d'ailleurs.
    J'en profite, et pourtant je suis parmi les premiers à dire que c'est une mauvaise solution:
    1.La majorité des gens n'achète pas de véhicule neuf. On peut même supposer que les véhicules les plus vieux n'appartiennent pas à des gens qui ont le budget pour les remplacer par un flambant véhicule électrique.
    2.Le remplacement complet d'un parc auto prend environ 15-20ans. Mais dans 20ans, on aura encore vendu les derniers véhicules à essence, donc on est à 35-40ans de la disparition des voitures à essence? Ça me semble long...
    4.Écologiquement parlant, remplacer les voitures, c'est la plupart du temps très discutable.

    À la place, moi j'aurais proposé:
    -Péages un peu partout
    -Argent des péages pour améliorer les transports en commun (et ici, ce serait vraiment pas du luxe, hors grande-ville, c'est la misère). Tu peux toujours faire des exemptions pour les professionnels (tous ceux qui trimballent beaucoup d'équipements)
    -Électrification des transports en commun (là les subventions serviraient)
    -Incitatifs au travail à domicile partout où c'est possible.

    Si tu t'inquiètes des ressources rares, pas de problème: taxe les minerais fraîchement extraits des mines et tu vas voir que d'un coup le recyclage va devenir très efficace.
    Oblige à faire mieux avec moins. Les industriels vont hurler... puis se ruer sur l'occasion de dépasser les autres en étant le premier à faire mieux avec moins!

    La croissance engendre trop de CO2? Taxe les émissions! Les industriels trouveront des solutions avant même que tu comprennes ce qui arrive pour réduire leurs émissions ou les compenser.

    Mais voilà: le Québec vient de remplacer un grand pont pour accéder de la rive-sud de Montréal à l'île. Ce pont est surchargé tous les jours dans le sens entrant le matin et sortant le soir. Le traverser est une gageure. Il y a des stationnements incitatifs (gratuits) avec des bus qui vont vers le centre-ville. Mais ces bus sont également bondés et insuffisants en heures de points.
    L'idée d'un péage a été suggérée, avec ça plus de stationnements incitatifs et plus de bus, mais il était clair que n'importe quel candidat qui aurait posé ça dans son programme se serait mangé une méchante taule aux élections.

    Conclusion: c'est pas le système économique le problème. C'est que la majorité des gens ne veut pas changer. Tant que ça, ce ne sera pas résolu, aucun système ne fonctionnera.