• [^] # Re: J’ai bien mis « SF » dans le journal ?

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal [HS] (Et SF aussi un peu) Exercice d’uchronie économique. Évalué à 7.

    Oué Jancovici donne l’exemple des villes. Une ville comme Paris ne peut tout simplement pas exister sans pétrole. Sans approvisionnement en bouffe qui vient du monde entier, Paris tient ... quelques jours avant que les gens aient faim ... le bassin Parisien n’est plus capable de la nourrir en quantité, je pense.

    Paris a besoin d'énergie, pas de pétrole. Même si le pétrole est indispensable au transport aujourd'hui, on peut envisager une autre forme d'énergie pour combler ce manque. Chantier qui n'a rien de simple évidemment mais c'est histoire de compléter un peu.

    Et Paris n'a pas besoin, pour vivre, de la bouffe du monde entier. Techniquement l'approvisionnement de France voire pays limitrophes est suffisant aussi. Si l'énergie manque pour cela on peut envisager en effet que les importations lointaines se feront plus rares.

    C’est la grande force de Jancovici d’aborder tout ça de manière systémique et avec le recul de l’histoire (pas celle de la liste des rois de france)

    J'aime beaucoup le travail de Jancovici et je suis d'accord sur pas mal de points de ses travaux. Mais globalement dès qu'il aborde l'Histoire, c'est très moyen. Disons qu'il peut avoir raison en partie mais il extrapole bien trop et manque cruellement de connaissances sur les conditions de ces époques.

    Par exemple, il conditionne démocratie et énergie abondante peu chère. Sauf que bon, l'énergie abondante peu chère généralisée c'est arrivé bien après les premières démocraties modernes (États-Unis, Angleterre ou France), de même l'abolition de l'esclavage a débuté avant. L'énergie abondante bon marché a aidé ces processus mais ce n'est pas une condition nécessaire, ni suffisante. Donc une chute d'approvisionnement ne signifie pas automatiquement que cela disparaîtra même si ça peut aider à faire resurgir des systèmes politiques moins sympathiques que ce que l'on a.

    Il a raison de ce méfier de ce genre de conséquences secondaires, mais dans beaucoup de ses discours cela reste sans démonstration et trop simpliste. Ce qui est dommage quand on voit le reste de ce travail qui est bien plus sourcé et étayé.

    Bref, justement, je pense qu'il faut être méfiant sur ce que dit Jancovici justement en parlant du passé. Là où il a entièrement raison c'est que notre économie est gourmande en énergie et que cela a permis la révolution industrielle.

    C’est un peu possible dans le système actuel, mais c’est totalement subordonné à la volonté politique, qui regarde un indicateur qui n’en tient pas directement compte, la croissance du PIB.

    Le PIB n'est pas un si mauvais indicateur que cela. Mais il a en effet ses limitations et résumer une économie sur une seule valeur n'est pas possible. Mais on ne peut pas le balayer d'un revers de la main car il ne nous plaît pas. Il donne une bonne estimation de la puissance économique d'un pays, et comme on peut approximer le PIB à la somme des salaires d'un pays, cela donne aussi une indication sur le niveau de richesse de ses habitants.

    Je crois que c'est aussi absurde de dire que le politique ne focalise son attention que là dessus. Le taux de chômage ou d'emploi est par exemple très scruté aussi. Ou encore l'inflation.

    Il ne faut pas réformer le PIB, il signifie quelque chose de par son nom, si tu le fais trop évoluer il faudra de fait le nommer autrement. Mais il y a probablement d'autres indicateurs à valoriser (coefficients de Gini, l'IDH, émissions de CO2, production de déchets, etc.) en les publiant plus souvent et en contraignant une surveillance politique sur ces indicateurs aussi.

    Après il faut se rendre à l'évidence, le politique aussi reflète l'envie de ses électeurs. Depuis longtemps la principale préoccupation citoyenne (en France du moins) c'est le chômage et de fait la croissance économique. Pas pour rien que les candidats politiques (ou même les politiques) vont par exemple beaucoup communiquer ou aller sur place quand un plan de licenciement important a été décidé dans une usine. Car cela intéresse la population alors que factuellement ce qu'ils font sur place ou leurs déclarations n'auront aucun effet. Le jour où la population attendra autre chose, pour se faire élire et obtenir satisfaction ils scruteront ces sujets d'avantages et feront campagne sur ces sujets.

    D'ailleurs on le voit, l'écologie est de plus en plus traité par toutes les campagnes électorales (il y a 20 ans, c'était le néant dans la plupart des partis politiques). La population change doucement de priorité, la politique aussi. Je doute que cela s'arrête de ci tôt.