À voir si tu as des gratiféria vers chez toi, et peut-être que tu peux voir avec des gens pour en organiser si y'en a pas. Le principe est de se réunir et de donner. C'est un peu comme une brocante, mais sans échange d'argent.
Au delà de ça, peut-être aussi expérimenter peu à peu un autre rapport aux cadeaux dans la famille. C'est un sujet complexe, tout extrémisme est malvenu, mais en prenant le temps de discuter avec tout le monde on trouve parfois un accord. J'avais ainsi des amis qui expérimentaient un nouveau truc chaque année (famille un peu atypique de base... mais faut aussi avouer que vu le nombre et les salaires il y avait une nécessité à ne pas devoir faire des tas de cadeaux à tout le monde). Il y a eu "une personne = un cadeau" : chacun tirait au sort le nom d'une autre personne, et était en charge de lui faire un cadeau. Pour bien faire, il est pas mal de se mettre d'accord sur un budget : environ 20€ par exemple. Ça évite que quelqu'un se retrouve avec un ordi et un autre avec une boite de chocolat : y'en a qui se sentent lésés ! Il y a aussi eu "on fabrique des trucs, on les emballent, on met des numéros dessus, et on fait une loterie". Là le plaisir était d'ouvrir pleins de petits cadeaux, tous ayant peu de valeur marchande (et le jeu était de mettre aussi des trucs kitsch dedans). Je ne me souviens pas des autres expérimentations, mais l'idée était là.
C'est intéressant aussi d'interroger les gens sur leur rapport au matériel. J'ai des gens dans mon entourage qui se contrefichent complètement des cadeaux et des fêtes. Je sais que si je ne leur offre rien, ça leur va très bien ; c'est même le vrai cadeau, car au moins je ne les encombre pas. Bon, de mon côté j'ai un mal fou avec ça donc je triche en offrant un truc qui se mange... ça encombre pas longtemps. De mon côté j'aime beaucoup les cadeaux éphémères aussi : à manger, un poème, un peu de temps privilégié à faire quelque chose avec la personne... mais j'aime quand même bien qu'il y ai un "cadeau", je suis encore matérialiste ;)
Enfin, pour les autres endroits où donner, certaines ressourceries sont vraiment bien. Oui, ok, les objets sont vendus... enfin celle à côté de chez moi, vu le prix c'est juste pour payer la location du lieu, ça va de quelques centimes à quelques euros.
À noter aussi que quand on est pauvre, ne pas payer renvoie à son statut (et c'est pas un statut agréable à porter). Quand on a un RSA et qu'on paie un truc sur une brocante, à Emmaüs ou dans une ressourcerie, on peut se bercer de l'illusion que l'argent échangé est là pour aider autrui ; payer Emmaüs c'est aider plus pauvre que soi, en principe. Ça donne l'illusion qu'on a aussi le droit d'être intégré dans le vaste mouvement consommatoire. Ok, c'est un peu cynique dit comme ça, mais le jouet payé 1€ procure plus de satisfaction que celui qui est donné dans ce genre de cas, parce qu'on a l'impression d'avoir eu un peu de choix. Ça renvoie aussi à tout ce qui se passe symboliquement autour des échanges (qu'on soit d'accord avec les théories de Mauss ou pas, faut reconnaître que c'est pas simple). Donc... chercher des solutions qui sortent des échanges marchands, c'est sympa, mais si les seules solutions que tu as autour de toi utilisent les codes de la marchandisation, ce n'est pas forcément un problème, tant que les prix de reventes restent symboliques.
# Gratiféria
Posté par Zatalyz (site web personnel) . En réponse au journal Cette année je donne. Évalué à 7.
À voir si tu as des gratiféria vers chez toi, et peut-être que tu peux voir avec des gens pour en organiser si y'en a pas. Le principe est de se réunir et de donner. C'est un peu comme une brocante, mais sans échange d'argent.
Au delà de ça, peut-être aussi expérimenter peu à peu un autre rapport aux cadeaux dans la famille. C'est un sujet complexe, tout extrémisme est malvenu, mais en prenant le temps de discuter avec tout le monde on trouve parfois un accord. J'avais ainsi des amis qui expérimentaient un nouveau truc chaque année (famille un peu atypique de base... mais faut aussi avouer que vu le nombre et les salaires il y avait une nécessité à ne pas devoir faire des tas de cadeaux à tout le monde). Il y a eu "une personne = un cadeau" : chacun tirait au sort le nom d'une autre personne, et était en charge de lui faire un cadeau. Pour bien faire, il est pas mal de se mettre d'accord sur un budget : environ 20€ par exemple. Ça évite que quelqu'un se retrouve avec un ordi et un autre avec une boite de chocolat : y'en a qui se sentent lésés ! Il y a aussi eu "on fabrique des trucs, on les emballent, on met des numéros dessus, et on fait une loterie". Là le plaisir était d'ouvrir pleins de petits cadeaux, tous ayant peu de valeur marchande (et le jeu était de mettre aussi des trucs kitsch dedans). Je ne me souviens pas des autres expérimentations, mais l'idée était là.
C'est intéressant aussi d'interroger les gens sur leur rapport au matériel. J'ai des gens dans mon entourage qui se contrefichent complètement des cadeaux et des fêtes. Je sais que si je ne leur offre rien, ça leur va très bien ; c'est même le vrai cadeau, car au moins je ne les encombre pas. Bon, de mon côté j'ai un mal fou avec ça donc je triche en offrant un truc qui se mange... ça encombre pas longtemps. De mon côté j'aime beaucoup les cadeaux éphémères aussi : à manger, un poème, un peu de temps privilégié à faire quelque chose avec la personne... mais j'aime quand même bien qu'il y ai un "cadeau", je suis encore matérialiste ;)
Enfin, pour les autres endroits où donner, certaines ressourceries sont vraiment bien. Oui, ok, les objets sont vendus... enfin celle à côté de chez moi, vu le prix c'est juste pour payer la location du lieu, ça va de quelques centimes à quelques euros.
À noter aussi que quand on est pauvre, ne pas payer renvoie à son statut (et c'est pas un statut agréable à porter). Quand on a un RSA et qu'on paie un truc sur une brocante, à Emmaüs ou dans une ressourcerie, on peut se bercer de l'illusion que l'argent échangé est là pour aider autrui ; payer Emmaüs c'est aider plus pauvre que soi, en principe. Ça donne l'illusion qu'on a aussi le droit d'être intégré dans le vaste mouvement consommatoire. Ok, c'est un peu cynique dit comme ça, mais le jouet payé 1€ procure plus de satisfaction que celui qui est donné dans ce genre de cas, parce qu'on a l'impression d'avoir eu un peu de choix. Ça renvoie aussi à tout ce qui se passe symboliquement autour des échanges (qu'on soit d'accord avec les théories de Mauss ou pas, faut reconnaître que c'est pas simple). Donc... chercher des solutions qui sortent des échanges marchands, c'est sympa, mais si les seules solutions que tu as autour de toi utilisent les codes de la marchandisation, ce n'est pas forcément un problème, tant que les prix de reventes restent symboliques.