Bien au contraire. Jubilation profonde de voir que des rétrogrades calotins ne pouvaient empêcher l'avancement des droits pour plus d'égalité et de reconnaissance. Aucune raison de chier dans son froc.
C'est bien, vous êtes pour la mariage gay donc vous pensez que les opposants avaient tort, et vous êtes contre la réforme des retraites donc vous pensez que les opposants à cette réforme. Bravo, c'est cohérent, mais je m'en moque ce n'est pas le sujet. Le sujet c'est : depuis 2013, un gouvernement peut assister à une contestation massive d'une de ses décisions, et ignorer cette contestation. C'est très simple, très pratique et très reproductible.
Je sais que vous imaginez que ce n'est applicable que dans le cas où les opposants on tort, et que dans le cadre de l'opposition à la réforme des retraites, ils ont raison donc ça ne peut pas marcher comme ça. Sérieusement, vous croyez que ça change quelque chose pour un gouvernement décidé à faire ceci ou cela ? Pour info, notre gouvernement pense que les opposants à sa réforme ont tort, au cas où ça vous aurait échappé, donc cette idée que si les opposants ont raison, le gouvernement ne peut pas les ignorer, ça ne tient pas debout.
Bon, je me replace dans mon propre avis, ce sera plus simple. J'ai été déçu, mais pas du tout surpris de ne pas avoir été entendu sur le sujet du mariage gay. En revanche, je jubilais justement, parce que le fait que le gouvernement ait complètement ignoré le mouvement indiquait par avance que, dans tous les sujets futurs, en particulier les réformes impopulaires auprès des syndicats, les gouvernements futurs pourraient désormais traiter l'opposition de la même façon, c'est à dire : « Oui, vous êtes nombreux, c'est intéressant ce que vous dites, on comprend. On ne change rien. Ne vous inquiétez pas, on a déjà testé, ignorer une contestation, ça marche. Ça va bien se passer, continuez, c'est amusant ce que vous faites. »
Ce n'était peut-être pas assez clair : depuis 2013, les manifs pour ceci ou contre cela, c'est mort. Le gouvernement peut écouter et ignorer. C'est testé et ça marche. Le sujet de la contestation importe peu, pour un gouvernement, c'est : on veut faire quelque chose, des gens ne sont pas d'accord, ils sont nombreux, ils manifestent, on s'en fout et on continue comme prévu.
Si vous limitez votre analyse au sujet d'une contestation donnée, vous ne pouvez pas voir le rapport, évidemment. Il me semble qu'au niveau du gouvernement au contraire, on doit être capable d'effectuer des méta-analyses, et là, c'est clair : des centaines de milliers de personnes s'opposent à quelque chose, on ignore et ça marche. C'est simple et efficace, comme moyen de répondre à une mobilisation, ça : hocher la tête et ignorer. Et c'est parfaitement reproductible. Sur ce, je reprends mon pop-corn et je remonte sur mon vélo pour regarder les trains qui ne passent pas.
[^] # Re: Grève != Blocage
Posté par 🚲 Tanguy Ortolo (site web personnel) . En réponse au journal APPEL à nos collègues informaticiens et informaticiennes.. Évalué à 8.
C'est bien, vous êtes pour la mariage gay donc vous pensez que les opposants avaient tort, et vous êtes contre la réforme des retraites donc vous pensez que les opposants à cette réforme. Bravo, c'est cohérent, mais je m'en moque ce n'est pas le sujet. Le sujet c'est : depuis 2013, un gouvernement peut assister à une contestation massive d'une de ses décisions, et ignorer cette contestation. C'est très simple, très pratique et très reproductible.
Je sais que vous imaginez que ce n'est applicable que dans le cas où les opposants on tort, et que dans le cadre de l'opposition à la réforme des retraites, ils ont raison donc ça ne peut pas marcher comme ça. Sérieusement, vous croyez que ça change quelque chose pour un gouvernement décidé à faire ceci ou cela ? Pour info, notre gouvernement pense que les opposants à sa réforme ont tort, au cas où ça vous aurait échappé, donc cette idée que si les opposants ont raison, le gouvernement ne peut pas les ignorer, ça ne tient pas debout.
Bon, je me replace dans mon propre avis, ce sera plus simple. J'ai été déçu, mais pas du tout surpris de ne pas avoir été entendu sur le sujet du mariage gay. En revanche, je jubilais justement, parce que le fait que le gouvernement ait complètement ignoré le mouvement indiquait par avance que, dans tous les sujets futurs, en particulier les réformes impopulaires auprès des syndicats, les gouvernements futurs pourraient désormais traiter l'opposition de la même façon, c'est à dire : « Oui, vous êtes nombreux, c'est intéressant ce que vous dites, on comprend. On ne change rien. Ne vous inquiétez pas, on a déjà testé, ignorer une contestation, ça marche. Ça va bien se passer, continuez, c'est amusant ce que vous faites. »
Ce n'était peut-être pas assez clair : depuis 2013, les manifs pour ceci ou contre cela, c'est mort. Le gouvernement peut écouter et ignorer. C'est testé et ça marche. Le sujet de la contestation importe peu, pour un gouvernement, c'est : on veut faire quelque chose, des gens ne sont pas d'accord, ils sont nombreux, ils manifestent, on s'en fout et on continue comme prévu.
Si vous limitez votre analyse au sujet d'une contestation donnée, vous ne pouvez pas voir le rapport, évidemment. Il me semble qu'au niveau du gouvernement au contraire, on doit être capable d'effectuer des méta-analyses, et là, c'est clair : des centaines de milliers de personnes s'opposent à quelque chose, on ignore et ça marche. C'est simple et efficace, comme moyen de répondre à une mobilisation, ça : hocher la tête et ignorer. Et c'est parfaitement reproductible. Sur ce, je reprends mon pop-corn et je remonte sur mon vélo pour regarder les trains qui ne passent pas.